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Français>>InternationalMise à jour 09.02.2012 08h11
Les pressions occidentales en faveur d'un "changement de régime" en Syrie ne font que compliquer la situation (ANALYSE)

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies samedi dernier, la Russie et la Chine ont mis leur veto à un projet de résolution qui visait à demander la démission du président syrien Bachar al-Assad.

Après l'échec du vote, le président français Nicolas Sarkozy a fait une déclaration affirmant que la France allait chercher de nouveaux soutiens internationaux en faveur de l'initiative arabe sur la Syrie, en mettant sur place un groupe de liaison.

Cependant, de nombreux observateurs internationaux estiment qu'une démission forcée du président al-Assad irait à l'encontre de la Charte de l'ONU, et pourrait aggraver la crise dans ce pays arabe déjà secoué par plusieurs mois de conflit.

LA NECESSITE DU DIALOGUE

George Gabbour, expert en politique internationale et ancien parlementaire syrien, a déclaré dans une interview téléphonique accordée à Xinhua que les vetos russe et chinois constituaient "une nouvelle invitation pour toutes les parties en présence en Syrie à engager un dialogue, qui représente la meilleure solution pour la crise actuelle".

Ceux qui rejettent le dialogue souhaitent en réalité voir de nouvelles violences et de nouvelles effusions de sang en Syrie, selon M. Gabbour.

Il a par ailleurs souligné qu'un changement de régime imposé de l'extérieur n'était pas dans l'intérêt de la majorité des Syriens, d'autant plus que ces derniers demandent des réformes politiques plutôt qu'un changement de régime.

Abdelfattah Elsonoty, un expert en relations internationales basé au Caire, a lui aussi indiqué que même les Syriens qui étaient descendus dans la rue pour appeler à la réforme étaient en réalité opposés à l'intervention des puissances occidentales.

Selon M. Elsonoty, une intervention militaire de l'Occident et des pays arabes ne ferait que renforcer les incertitudes quant à l'évolution de la situation en Syrie.

POSSIBILITE D'UNE RÉACTION EN CHAÎNE

La Syrie se situe au coeur de la zone arabo-islamique d'Asie de l'Ouest, entourée par le Liban, la Jordanie, l'Irak et la Turquie. En raison de sa situation géographique particulière, les analystes estiment qu'un changement de régime forcé en Syrie aurait un impact sérieux sur la situation politique en Iran, au Liban et dans les territoires palestiniens, et pourrait même changer le paysage politique au Moyen-Orient dans son ensemble.

Selon M. Elsonoty, une intervention militaire en Syrie aurait des effets négatifs sur les pays voisins. Un changement de régime pourrait menacer la stabilité du Liban, tandis qu'un grand nombre de réfugiés syriens fuiraient vers les pays voisins, faisant peser sur ces pays un fardeau supplémentaire en termes économiques et sécuritaires.

UN AGENDA CACHÉ

Derrière le prétexte de "la démocratie et la liberté au Moyen-Orient", le motif réel des pays occidentaux est de changer le paysage politique dans toute la région Moyen-Orient pour le conformer à leur propre intérêt stratégique.

D'une part, la débâcle du gouvernement syrien permettrait de donner à l'Occident un atout supplémentaire dans ses négociations avec l'Iran, dans la mesure où Damas et Téhéran entretiennent des relations étroites.

D'autre part, les États-Unis, qui se posent en protecteur d'Israël, espèrent également installer en Syrie un nouveau régime qui prendrait ses distances par rapport à l'Iran et serait moins hostile à Israël et à l'Occident.

Pour M. Gabbour, la principale raison pour laquelle les puissances occidentales oeuvrent pour un changement de régime en Syrie est que "la Syrie n'a pas signé d'accord de paix avec Israël, et soutient fermement le mouvement contre l'occupation israélienne dans la région".

Expliquant les raisons du veto de son pays au projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que toute résolution sur la Syrie devrait être acceptable par toutes les parties en présence en Syrie avant de pouvoir être soumise à un vote au Conseil de sécurité.

Source: xinhua

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