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Français>>InternationalMise à jour 18.01.2012 16h16
Il est possible que l'abaissement de la note financière contribue à l'accélération de l'intégration européenne

Le marché financier européen qui vient à peine de recouvrer sa stabilité retombe une nouvelle fois dans l'incertain du fait de la dégradation par l'Agence de notation Standard & Poor's (S&P) de la note souveraine de neuf pays de la zone euro et c'est un malheur qui s'ajoute à celui de la crise de la dette en Europe. La perte du triple A pour neuf pays européens assombrit les perspectives de la zone euro et de toute évidence elle constitue à court terme de grands risques pour cette dernière ; toutefois, vu à long et à moyen terme, l'évolution de la crise de la dette en Europe dépend surtout de la volonté politique des pays européens quant au processus d'intégration, et tout particulièrement de la possibilité pour la Grèce de se retirer de la Zone euro et pour l'Union européenne d'établir définitivement une alliance pour la finance unifiée. C'est pourquoi les conséquences de la dégradation de la note souveraine seront limitées à moyen et à long terme.

En réalité, la perte du précieux triple A pour les neuf pays européens a été une chose tout à fait prévisible, car un mois auparavant, S&P avait déjà adressé des menaces à l'encontre des pays de la Zone euro. Du point de vue de l'économie réelle, l'abaissement de la note financière correspond entièrement à la perspective du taux de la croissance économique de la Zone euro. Selon les prévisions pour l'année 2012, en dehors de l'Allemagne, pour la plupart des autres pays de cette zone, leur économie maintiendra une croissance négative et le taux de la croissance générale de 3% en 2011 tombera à -0,5%. Dans la situation où le taux de croissance économique se trouve en position négative, il serait complètement hors de question pour ces pays-là d'espérer que leur situation financière connaisse une amélioration radicale.

Le premier trimestre de l'année 2012 constitue une importante fenêtre de temps pour la solution de la crise de la dette européenne, car pour un grand nombre de pays de la Zone euro, l'échéance de leur dette arrive dans cette période. Il sera nécessaire pour le premier trimestre d'émettre de nouvelles obligations pour la somme de 218 milliards d'euros, dont 167 milliards d'euros pour rembourser les dettes exigibles. La dégradation de la note souveraine de plusieurs pays de la Zone euro augmentera dans nul doute le coût de leur collecte de fonds et il sera possible que les conséquences s'étendront jusqu'au Fonds européen de la stabilité financière dont le coût de financement sera touché alors. Il est connu que la crédibilité dudit Fonds au niveau du triple A est établi principalement sur la base de la garantie gouvernementale des principaux pays de la Zone euro, dont la France et l'Allemagne, alors que cette fois-ci, la France elle-même a perdu la meilleure note. Au cas où il serait impossible pour ledit Fonds de se préparer à réunir les fonds et les capitaux e, tenant compte de l'ampleur prévue, la nouvelle pression s'étendra alors jusqu'à la Banque centrale européenne.

Après la publication de l'information au sujet de la décision prise par S&P de dégrader les notes souveraines des neufs pays en question, la réaction du marché financier n'a pas été tellement violente et c'était seulement l'euro dont le taux de change est sorti de son plus bas qui a duré plus d'une année. Dans le cas où le coût de financement ultérieur ne connaisse pas une hausse sensible et que ce serait seulement la baisse du taux de change de l'euro, il serait alors favorable au redressement de l'économie réelle de la Zone euro.

Vu à long et moyen terme, l'abaissement de la note souveraine ne pourrait toucher de façon radicale la perspective de la crise de la dette en Europe, laquelle semble être un problème économique, alors qu'en réalité son évolution ultérieure dépend de la volonté politique de l'Europe pour l'intégration. Depuis l'éclatement de la crise de la dette, les pays membres de l'UE ont déjà tenu une dizaine de sommets en vue d'y apporter une solution, alors qu'à chaque réunion, les dirigeants européens se sont toujours engagés solennellement à résoudre le problème de la dette, mais la crise continue à s'étendre et à s'aggraver et la raison principale c'est que les promesses politiques faites par les dirigeants européens manquent de crédibilité. Partout on entend des propos qui annoncent la désagrégation de l'euro et il est tout à fait naturel que les investisseurs ne croient plus aux promesses faites par ces dirigeants. Un grand pas a été fait en avant au Sommet de l'UE tenu en décembre 2011 : d'un côté les dirigeants de l'UE ont décidé d'appliquer au plus tôt les mesures permettant au Fonds européen de stabilité financière de jouer son rôle de levier et de déclencher de façon anticipée l'European Stability Mechanism (ESM) ; de l'autre côté, ils ont parvenu à un consensus au sujet de l'établissement de l'Alliance européenne pour une finance unifiée et cela a été la principale raison de la stabilité progressive ces derniers temps du marché financier européen. Par conséquent, pourvu que lesdites deux mesures efficaces soient appliquées de manière ferme et énergique, la confiance des investisseurs se raffermira et se renforcera certainement.

La dégradation de la note de neuf pays de la zone euro a produit des effets négatifs sur le fonctionnement de levier du Fonds européen de stabilité financière (EFSF) ainsi que sur l'ESM (European Stability Mechanism). Toutefois, il est possible en même temps qu'elle contribue à l'accélération de l'établissement de l'Alliance européenne pour une finance unifiée. La raison c'est que la perspective d'avenir de l'intégration européenne est entrée dans la phase de « Qui n'avance pas recule ». Un autre facteur correspondant c'est le risque du retrait de la Grèce de la Zone euro. Les discussions sur les accords d'endettement, entamées entre le gouvernement grec et les créanciers des secteurs privés, ont échoué juste au moment où Standard & Poor's ont décidé d'abaisser les notes de neuf pays membres de la Zone euro. Dans le cas où les discussions ultérieures prévues n'aboutissent pas, la crise de la dette européenne ainsi que la perspective d'avenir de l'euro s'enfonceront alors profondément dans une situation incertaine. Toutefois, la plupart des gens pensent qu'avant que le remboursement de la dette par la Grèce atteigne son point culminant, il serait fort possible que les deux parties parviennent à un consensus.

Face à la situation où la note souveraine est toujours réajustée à la baisse, les pays de la Zone euro adoptent à l'égard des agences internationales de notation financière une attitude de plus en plus négative. Serait-il possible de faire en sorte que l'abaissement de la note devienne une force motrice contribuant au rehaussement de l'intégration ? L'initiative est détenue dans la main des Européens eux-mêmes.

(Auteur de cet article : Li Xiangyang, chercheurs et Directeur de l'Institut d'études sur les Affaires de l'Asie Pacifique de l'Académie des Sciences sociales de Chine)

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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