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Français>>InternationalMise à jour 21.10.2011 14h46
La Syrie n'est pas une autre Libye

Les médias occidentaux ont fait leurs choux gras de la position de la Chine sur la Syrie, l'un d'entre eux ayant même écrit : « La Chine a demandé que le président syrien Bachar al-Assad avance vers des réformes politiques plus rapides, ce qui est un vrai changement de politique et un écart par rapport à son refus habituel d'intervenir dans les affaires d'alliés stratégiques ».

C'est une analyse erronée, car les actions de la Chine ont pour but d'aider à restaurer la normalité de la vie du peuple syrien aussitôt que possible et de ramener la paix et la stabilité au Moyen-Orient.

Après les changements de gouvernements en Egypte et en Libye, la Syrie s'est à son tour retrouvée dans l'oeil du cyclone qui a balayé le Moyen-Orient. Du fait de l'intervention des puissances occidentales, et en particulier des Etats-Unis, les conflits violents entre les différents groupes en Syrie se sont intensifiés, faisant augmenter gravement les risques de guerre civile dans le pays.

Avec une population de 22,25 millions d'habitants et un territoire de 185 000 km carrés, la Syrie est un pays de taille moyenne au Moyen-Orient, mais elle joue un grand rôle dans la région du fait de son importance géographique. Et parce qu'elle partage des frontières avec des pays comme la Turquie, l'Irak, la Jordanie, le Liban et Israel, elle a dû supporter tout le poids des conflits israelo-arabes, et a même perdu une partie de son terrioire, le Plateau du Golan, en faveur d'Israel.

Quand on prend en compte ces facteurs, on comprend qu'il est impossible de restaurer la paix dans la région sans la participation active de la Syrie. De plus, sa coopération avec l'Iran, son influence sur le Parti Hezbollah du Liban et la présence de 2 millions de Kurdes sur son territoire font que sa stabilité est de la plus grande importance.

Rien d'étonnant donc à ce que la Syrie soit devenue une cible de la politique d'intervention ciblée de l'Occident dans la vague de « démocratisation » qui a déferlé sur le monde arabe. Dès que les protestations anti-gouvernementales ont débuté en Syrie en mars de cette année, les pays occidentaux ont commencé à apporter leur soutien aux forces d'opposition par tous les moyens possibles, en imposant des sanctions économiques, en limitant les voyages des responsables à l'étranger, et même en demandant directement à Bachar el-Assad de démissionner.

L'Occident a essayé de traiter la Syrie de la même façon qu'il a traité la Libye. Il a essayé de pousser le Conseil de Sécurité des Nations Unies à imposer de nouvelles sanctions et même à lancer une attaque sur la Syrie.

Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux rêvent de faire de la Mer Méditerranée un « lac intérieur de l'OTAN ». Si les puissances occidentales parvenaient à chasser Bachar el-Assad, cela leur permettrait d'isoler plus encore l'Iran et de faire avancer leur plan pour créer un « Grand Moyen-Orient ».

En intervenant sélectivement au Moyen-Orient, les pays occidentaux, en fait, agissent dans leur propre intérêt au lieu de faire avancer les valeurs universelles qu'ils mettent en avant. Ils ciblent un pays où ils veulent intervenir non parce qu'il n'est pas démocratique, mais parce qu'il menace ou est susceptible de menacer leurs intérêts. Et les médias occidentaux n'hésitent jamais à encourager les protestations de masse dans les pays qui entravent ou sont susceptibles d'entraver les intérêts occidentaux.

La Syrie et la Libye (sous le règne de Kadhafi) ont toutes deux été des épines dans le pied des Etats-Unis, dans leur opposition à leur plan de « démocratie » élargie au Moyen-Orient et dans celui de l'OTAN dans son ambition de faire tomber toute la Méditerranée dans son orbite. Et maintenant que Kadhafi a été chassé du pouvoir en Libye, l'alliance occidentale se tourne à présent vers la Syrie.

Mais la Syrie n'est pas la Libye. Bien que des affrontements armés aient eu lieu entre différents groupes dans le pays, Qadri Jamil, leader du Front Populaire pour le Changement, a déclaré publiquement que lui et son parti rejetaient toute forme d'intervention étrangère et que seul le peuple syrien devait décider de l'avenir de son pays. Et le 12 octobre, des milliers de personnes ont défilé en soutien à Bachar el-Assad en Syrie et exprimé leur opposition à toute intervention étrangère.

En tant que pays responsable qui croit à la non-intervention dans les affaires intérieures d'un pays, la Chine a, le 5 octobre dernier, opposé son veto à une intervention du Conseil de sécurité des Nations-Unies en Syrie. Depuis longtemps, la Chine s'est faite l'avocat du dialogue politique entre les différents groupes pour maintenir la paix et la stabilité au Moyen-Orient. Elle espère du Gouvernement syrien qu'il tienne ses promesses de réforme et entame un processus de politique inclusive, et elle soutient les efforts de négocation de toutes les parties.

Les actes de la Chine illustrent le mieux son principe de diplomatie pacifique et sa poursuite d'un monde harmonieux.

La Chine a bien des intérêts dans la région, mais ils ont en accord avec ceux mêmes des pays du Moyen-Orient. La paix et la stabilité, cela veut dire moins de risques et moins de menaces sur la vie des gens au Moyen-Orient.

La Chine et les pays du Moyen-Orient doivent continuer à encourager la coopération économique et le commerce du pétrole, ce qui non seulement assurera la sécurité des approvisionnements en pétrole de la Chine, mais aussi aidera les pays producteurs de pétrole à stabiliser les prix du pétrole. Qui plus est, la paix et la stabilité contribueront à éliminer le terrorisme, le séparatisme et l'extrémisme, ce qui est le but commun de la plupart des pays.

Si les Nations-Unies avaient adopté la proposition d'intervention en Syrie, non seulement la Syrie, mais aussi le Moyen-Orient tout entier, aurait bientôt été plongée dans le chaos, et les peuples de la région auraient été sujets à des souffrances encore plus grandes.

L'auteur, Wang Jinglie, est chercheur en Etudes Moyen-orientales à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales.


Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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