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Français>>InternationalMise à jour 13.09.2011 16h10
La crise latente s'aggrave dans l'Union Européenne

En plus des turbulences de la crise de la dette souveraine qui s'aggravent, les politiciens européens font aussi face à une autre crise, celle d'une pénurie d'emplois pour les jeunes.

J'ai rencontré Peter, un chauffeur roumain âgé de 23 ans et son frère aîné dans le centre de Bruxelles, alors que j'étais en train d'attendre ma société de réparation pour qu'elle vienne réparer mon pneu crevé. M'ayant aperçu, ils ont arrêté leur camion et m'ont demandé si j'avais besoin d'aide.

Tout en changeant le pneu, ils m'ont dit avoir travaillé cinq ans en Grèce, jusqu'à ce que la crise de la dette ne frappe l'économie de plein fouet. Aujourd'hui, ils se partagent ce travail de chauffeur pour une épicerie tenue par une Roumaine à Bruxelles. Mais ils n'ont pas de contrat et leur salaire est faible.

Ils ont refusé que je leur donne le moindre argent, mais en revanche m'ont demandé de prendre leur numéro de téléphone et de les avertir si jamais j'entendais parler du moindre emploi.

D'après les statistiques officielles, le taux de chômage chez les jeunes âgés entre 18 et 24 ans est plus élevé que celui de ceux qui sont âgés entre 25 et 74 ans, dans tous les pays membres de l'Union Européenne, avec un jeune sur cinq au chômage.

La forte hausse du chômage des jeunes est particulièrement criante en Espagne, où ce taux a atteint pas moins de 43% pour le premier trimestre de cette année. Les Pays-Bas, l'Autriche et l'Allemagne sont les seuls pays membres de l'UE où le taux de chômage des jeunes est de moins de 10%.

Ces chiffres du chômage des jeunes dans l'UE sont désespérants, et pourtant ils devraient encore s'aggraver dans les mois qui viennent.

Une des raisons majeures à cela est que les politiciens européens portent essentiellement leur attention sur la réduction des dépenses fiscales et la mise en oeuvre de politiques d'austérité, afin d'éviter le défaut de paiement ou la banqueroute des gouvernements.

Depuis l'année dernière, le Conseil de l'Europe a tenu plusieurs sommets à Bruxelles avec les Etats membres, mais les débats se sont surtout concentrés sur la gouvernance économique et les plans de sauvetage financiers, et peu a été fait pour stimuler la croissance et créer des emplois.

Il est tout à fait juste de vouloir corriger le modèle ancien caractérisé par des déficits excessifs, et l'UE a déjà établi un plafond du taux de la dette, mis en oeuvre des plans de sauvetage et encouragé des réformes structurelles sur le long terme.

Cependant, les politiciens ne peuvent se permettre d'ignorer les sombres indicateurs du chômage. Ils devraient savoir que les effets négatifs globaux de la crise économique frappent les jeunes de façon particulièrement dure, et notamment ceux qui font face à un chômage à long terme et à l'exclusion sociale, ainsi que les jeunes habitant dans les régions où les perspectives économiques sont défavorables.

Ils devraient aussi être conscients des effets contraires à long terme que le chômage précoce peut avoir sur les jeunes, ainsi que de la proportion significative des jeunes qui ne sont ni au travail, ni dans le système scolaire ni en formation et qui, par conséquent, font face à un risque d'exclusion sociale. Les émeutes récentes qui ont secoué le Royaume-Unis et les manifestations qui se sont succédées dans de nombreuses villes européennes sont des indices clairs des conséquences de l'inaction.

Il est vrai que les politiciens font face à un très délicat dilemme de politique. Il pourraient, de façon traditionnelle, recourir à des incitations fiscales et à une politique monétaire souple pour créer des emplois, comme ils le firent en 2008 et 2009. Mais cette année la croissance économique de l'UE pour le deuxième trimestre n'a été que de 0,2% d'une année sur l'autre, du fait des réductions de dépenses budgétaires et d'une forte réduction de la demande extérieure, ce qui fait qu'ils n'ont qu'une faible marge de manoeuvre.

Cependant, ils devraient aussi garder à l'esprit que la crise de la dette et le chômage sont des défis entremêlés, qui nécessitent des solutions équilibrées, et non conflictuelles. Par exemple, plusieurs pays, comme la France et l'Italie, ont annoncé qu'ils reculeraient l'âge du départ à la retraite dans le but de réduire les dépenses en matière de pensions de retraite. Et d'autres pays de l'UE s'apprêtent à leur emboîter le pas.

Mais le problème est que le nombre d'emplois est limité. Plus de gens âgés sur le marché de l'emploi veut dire moins d'opportunités pour les jeunes. Aussi les politiciens doivent-ils soigneusement peser le pour et le contre avant de recourir à cette solution.

Dans le même temps, créer davantage d'emplois et laisser les jeunes travailler permettrait de contribuer à résoudre les problèmes de la dette de l'UE, car une plus grande force de travail veut dire plus de revenus fiscaux. Et de plus les risques de troubles sociaux seraient aussi réduits.

Bien entendu, la meilleure assurance pour obtenir un travail, c'est l'éducation. Aussi les pays de l'UE devraient-ils offrir des opportunités de formation égales aux jeunes pour le aider à entrer sur le marché du travail.

Enfin, l'UE devrait aussi en même temps supprimer les barrières et offrir des canaux et des informations plus pratiques pour faciliter le libre flux de main d'oeuvre entre les pays membres pour garantir aux jeunes, comme Peter, un travail décent avec un contrat.

L'auteur, Fu Jing, est le correspondant en chef du China Daily à Bruxelles.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
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