Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>InternationalMise à jour 29.08.2011 11h25
Le dilemme du développement du Japon

Pour apprendre de l'histoire, se faire de ses voisins des amis et construire la confiance mutuelle dans la région, il faut de la volonté politique.

La transition politique de 2009 au Japon n'a apporté aucune stabilité au siège de Premier Ministre. Deux ans après l'arrivée au pouvoir du Parti Démocratique du Japon (PDJ) c'est un troisième dirigeant du PDJ qui sera nommé Premier Ministre. Le Premier Ministre actuel, Naoto Kan, a confirmé vendredi qu'il démissionnerait de son poste de leader du parti au pouvoir. Le PDJ va donc avoir un nouveau leader, et le pays un nouveau Premier Ministre, au début de la semaine prochaine.

Le gros problème du Japon, c'est que son développement national semble avoir perdu sa direction. Le pays est désorienté depuis longtemps, ce qui a provoqué des bourdes politiques et diplomatiques.

Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale jusqu'aux années 1980, l'objectif du Japon a été clair : la « ré-industrialisation ». Le Japon a connu une forte croissance économique, rattrappé les pays occidentaux, et guidé par le principe du développement pacifique, il est devenu un pays industrialisé avancé.

Mais le pays traverse actuellement sa période post-industrielle, et de ce fait, il fait face à de nouveaux problèmes comme la saturation de la consommation, une population vieillissante, une croissance économique faible, et des dépenses fiscales et une dette nationale en hausse. Pour faire bref, le Japon se trouve dans un dilemme structurel concernant sa population et ses finances, dont la responsabilité pèse sur le conservatisme politique.

Quand la mondialisation a apporté un élan à la croissance économique dans les pays développés et émergents, les hommes politiques japonais conservateurs n'ont pas fait grand chose pour transformer leur pays en une économie basée sur la connaissance, comme le sont les Etats-Unis. L'objectif de tous les partis politiques, après leur polarisation et leur recombinaison, a semblé être de prendre le pouvoir et d'y demeurer retranchés.

Ce défaut de dierction est le résultat d'un manque de positionnement identitaire. Depuis le milieu des années 1980, le Japon a utilisé sa puissance économique pour s'auto-proclamer « puissance politique ». La fin de la Guerre Froide a encore renforcé le conservatisme politique au Japon. Les partis de gauche se sont divisés et la pensée des partis a commencé à converger.

Pour surmonter ses problèmes, le Japon doit procéder à une « réconciliation historique » avec les pays de l'Asie de l'Est et avoir une idée claire de ses relations avec les Etats-Unis. Mais la compréhension de la société japonaise est divisée au sujet de l'Asie de l'Est. Une partie justifie le rôle du Japon durant la Seconde Guerre Mondiale et refuse de reconnaître les atrocités perpétrées sur les populations en Asie de l'Est et du Sud-Est, tandis qu'une autre partie cherche à s'amender. Si la société japonaise n'arrive pas à se mettre d'accord sur sa propre histoire, comment peut-elle parvenir à une « réconciliation historique » avec l'Asie de l'Est ?

S'agissant des relations avec les Etats-Unis, certains Japonais pensent que dans une ère post-Guerre Froide, le Japon devrait progressivement se détacher de l'alliance nippo-américaine, tandis que d'autres disent que cette alliance est en train de devenir plus importante.

Le débat sur le Traité de Sécurité Etats-Unis-Japon qui a lieu depuis 2009 et le virage à 180 degrés du PDJ au sujet de ses relations avec les Etats-Unis reflètent la crise du positionnement identitaire du Japon.
Et les dernières nouvelles en provenance du Japon ne sont guère encourageantes non plus.

D'abord, il semble que ce soit devenu plus difficile pour le Japon de parvenir à une réconciliation historique avec l'Asie de l'Est, parce que Yokohama, Okinawa et d'autres régions ont commencé à utiliser des manuels d'histoire rédigés par des groupes de droite qui réfutent les crimes commis par le Japon durant la Seconde Guerre Mondiale et dans les années qui l'ont précédé. Un membre du Gouvernement japonais s'est même permis de dire que les criminels de guerre de « classe A » ne sont pas des « criminels de guerre » du tout.

Ensuite, le Secrétaire en chef du Gouvernement japonais non seulement refuse de reconnaître les disputes au sujet des îles Diaoyu, mais de plus il est un farouche partisan de la confrontation. Ce genre d'attitudes négatives entrave le processus de la politique chinoise d'« apaiser les disputes et rechercher un développement commun ».

Enfin, le Japon a fait de la Chine la cible de l'alliance nippo-américaine et cherche à utiliser la « carte chinoise » pour la soutenir. Les nouveaux Livre Blanc sur la Défense et Directives du Programme de Défense Nationale se concentrent davantage sur la Chine, et ont renforcé le déploiement de forces dans le Sud-Est du Japon. Ce qui fait qu'il semble que le Japon n'est intéressé ni par une « réconciliation historique », ni par un repositionnement de son alliance avec les Etats-Unis.

Du fait que le prochain Premier Ministre du Japon va être nommé dans de telles circonstances, il (ou elle) va faire face aux mêmes problèmes qui ont handicapé ses prédécesseurs.

Le Japon doit être ouvert d'esprit, ouvrir de nouvelles voies dans les domaines de l'environnement et du système d'innovation, apprendre de l'histoire et développer des relations amicales avec ses voisins. Le japon peut jouer un rôle important dans l'intégration économique régionale. Mais pour cela, il doit développer des relations mutuellement bénéfiques avec la Chine.

D'après un sondage conduit simultanément dans les deux pays et publié un peu plus tôt ce mois, le nombre de personnes en Chine et au Japon ayant des sentiments amicaux envers l'autre pays a chuté fortement après une année de relations difficiles.

Le manque de confiance mutuelle est la pierre d'achoppement de la normalisation et du développement de relations bilatérales saines. Le Japon ne peut construire la confiance mutuelle que par le biais d'une « réconciliation historique » et en mettant de côté les disputes territoriales pour un développement commun, qui tous deux ont besoin d'une direction prudente de la part des dirigeants japonais. Si le Japon peut franchir ce pas, alors ils trouvera une voie de sortie à ses embarras actuels.

L'auteur est Directeur de l'Institut d'Etudes Japonaises à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Le Quotidien du Peuple en ligne recrute un(e) traducteur(trice) avec français langue maternelle
Le président chinois rencontre son homologue français
L'Asie de l'Ouest et l'Afrique du Nord font face à une réorganisation difficile
Encore la « menace chinoise » ?
Comment la dégradation de la note du crédit des Etats-Unis va t-elle affecter la Chine ?