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Français>>InternationalMise à jour 22.11.2010 08h16
France: répliques politico-financières de l'attentat de Karachi en 2002 (SYNTHESE)

L'attentat survenu en mai 2002 à Karachi au Pakistan, qui a coûté la vie à onze employés français de la Direction des constructions navales (DCN), rebondit dans l'actualité sous forme de polémiques autour d'affaires politico- financières, rapportent de nombreux médias ces derniers jours.

Les faits sujets aux polémiques ont trait aux versements de commissions en marge de contrats de vente de sous-marins au Pakistan, signés par le gouvernement d'Edouard Balladur en 1994.

Selon les médias, de forts soupçons laissent supposer la rétrocession d'une partie de ces commissions vers la France. Cet argent aurait été utilisé dans le cadre de la campagne des présidentielles de M. Balladur, adversaire de Jacques Chirac en 1995, et dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole.

Dans une déclaration vendredi soir sur la chaîne de télévision TF1, Dominique de Villepin, qui exerçait alors les fonctions de secrétaire général de l'Elysée après l'élection de Jacques Chirac, a confirmé l'existence de "très forts soupçons" de rétro- commissions vers la France en 1995 en marge de ces contrats d' armement. Il a annoncé qu'il avait demandé à être entendu comme témoin par la justice dans le dossier.

"Il est important que la vérité soit connue dans ce dossier et j'ai d'ailleurs dès ce vendredi après-midi demandé au juge Van Ruymbeke, qui instruit ce dossier, de recueillir le plus rapidement possible mon témoignage et si possible dès la semaine prochaine", a déclaré Dominique de Villepin.

Selon lui, "Jacques Chirac, quand il est arrivé comme président de la République en 1995, a souhaité moraliser la vie publique internationale, c'est-à-dire interrompre les contrats qui pouvaient donner lieu à rétro-commissions". Le chef de l'Etat avait ainsi demandé à Charles Million, ministre de la Défense, d' approfondir ce dossier".

Le site mediapart a publié jeudi 18 novembre les déclarations de M. Michel Mazens, entendu comme témoin car il occupait le poste de PDG Sofresa, société chargée de négocier au nom de l'Etat français de grands contrats d'armement, entre 1995 et 2006. Ce dernier confirme l'initiative visant à stopper le règlement de ces commissions.

"Trois mois après mon arrivée à la tête de la Sofresa, M. Million m'a fait part d'un ordre du président de la République d'arrêter immédiatement les paiements et de détruire si possible les documents relatifs au réseau du contrat Sawari II", a déclaré Michel Mazens.

Le patron de la branche commerciale de la DCN, aurait alors mis en garde Michel Mazens contre les risques de représailles sur les personnels en poste au Pakistan.

"Un soir, je suis ainsi allé voir M. Castellan dans son bureau pour lui faire part de la directive de M. de Villepin. Il a réagi en me disant que pour lui c'était compliqué car c'était faire courir des risques à ses personnels. J'ai appris par la suite que M. Castellan s'était fait confirmer ce que je lui avais dit en interrogeant la DGSE", a-t-il déclaré devant le juge, rapporte le site mediapart.

Estimant que ce témoignage permet d'établir un "lien direct" entre l'arrêt du versement des commissions liées à la vente de sous-marins au Pakistan décidé par Jacques Chirac en 1995 et l' attentat qui a coûté la vie aux onze employés de la DCN à Karachi, en mai 2002, l'avocat des familles des victimes s'apprête à déposer une plainte une pour mise en danger de la vie d'autrui et homicide involontaire contre Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Dominique Castellan, ancien dirigeant de DCN International.

L'avocat des familles considère que l'on a "privilégié" la riposte contre un adversaire politique (Chirac contre Balladur) au détriment de la sécurité des personnels.

Claude Guéant, général de l'Elysée a réagit de son côté dans un communiqué aux déclarations de Dominique de Villepin sur TF1 confirmant les soupçons de corruption en 1995, sans toutefois nommer Nicolas Sarkozy.

"Il n'est pas acceptable que ce drame soit utilisé comme un argument de circonstance pour alimenter la démarche entreprise par ceux qui n'ont d'autre préoccupation que d'impliquer le chef de l'Etat, par une succession d'insinuations, dans une affaire qui ne le concerne en rien", écrit-il.

Claude Géant dénonce "des allégations calomnieuses, parfois présentées comme de prétendues certitudes, portées contre la personne ou l'action de Nicolas Sarkozy et qui ne reposent cependant sur aucun commencement de preuve".

Selon nombre d'observateurs, ce témoignage donne de nouveaux arguments aux familles des victimes qui tentent depuis des années de faire la lumière sur les circonstances de l'attentat. Quelle que soient les suites de ces rebondissements, les analystes estiment que cette nouvelle affaire politico-financière tombe plutôt mal pour le président de la République déjà au creux de la vague dans les sondages.

Source: xinhua

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