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Français>>InternationalMise à jour 02.05.2010 15h20
Cameroun : l'orientation stratégique comme préalable à une amélioration substantielle de la production agricole (PAPIER D'ANGLE)

A six mois de la tenue d'un comice agropastoral à Ebolowa dans le sud du pays, présenté comme un événement national phare, et en rapport avec une politique visant à répondre aux besoins du marché national et à conquérir des marchés extérieurs, le Cameroun est engagé dans une série d' actions jugées sans portée significative par les observateurs qui déplorent l'absence d'une véritable orientation stratégique pour l' amélioration de la production.

"Le marché camerounais est inondé par des importations massives de céréales. Entre 2004 et 2009, les importations de maïs sont passées de 2.000 tonnes à 23.000 tonnes. En termes de devises, on est passé de 354 millions (de francs CFA, soit environ 708.000 dollars US) à 3,97 milliards (environ près de 6,2 millions de dollars US)", a relevé à Xinhua Bernard Njonga, président de l' Association camerounaise pour la défense des intérêts des citoyens (ACDIC).

Pour le riz, a poursuivi cet acteur de la société civile, le Cameroun a importé l'an dernier 480.000 tonnes pour une valeur estimée de 119 milliards de francs CFA, soit environ 238 millions de dollars US, contre 330.000 tonnes en 2004 pour une valeur de 53 milliards de francs CFA, l'équivalent de 106 millions de dollars US.

"Le Cameroun dépense environ 200 milliards (de francs CFA, environ 400 millions de dollars US) par an pour l'importation des céréales (riz, maïs, blé, mil, etc.), alors qu'il y a 10 ans il ne dépensait que 50 milliards (environ 100 millions de dollars US)", déclare Emmanuel Mbarga, chef de la cellule de la coopération internationale au ministère du Commerce.

Les productions nationales en 2009 sont estimées à plus de 1,6 million de tonnes pour le maïs, plus de 123.000 tonnes pour le riz, plus d'un million pour le mil/sorgho, quelque 9.500 tonnes pour le soja.

De l'avis de Bernard Njonga, les performances de l'agriculture dans ce pays d'Afrique centrale restent en deçà des attentes à cause d'une politique sans objectifs avérés pour la recherche et le rendement.

"Les Chinois à Nanga-Eboko (une ville du Centre du pays) ont testé 50 variétés de riz. Ils ont constaté que 17 variétés sont adaptées à nos conditions écologiques. Ces variétés-là sont où?", s'interroge-t-il.

"La recherche chez nous a toujours souffert de trois types de maux. D'abord, les conditions mêmes de la cette recherche : il n'y a pas de séchoirs, de calibreuses, d'ensacheuses, d'égraineuses ni de chambres froides pour conserver les semences à l'IRAD (Institut de recherche agricole pour le développement, organisme du ministère de la Recherche scientifique et de l'Innovation)", explique cet ancien chercheur qui affirme avoir démissionné de la fonction publique.

Le deuxième facteur cité concerne les conditions de travail et sociales des chercheurs jugées démotivantes, avec des salaires moyens de 150.000 francs CFA le mois, à peu près 30 dollars US. S' y ajoute, le manque de stratégie de vulgarisation des résultats de la recherche.

"Il faut mettre en place un véritable circuit de distribution de la semence", note Constant Amougou, chargé d'études à l'IRAD à Yaoundé.

Pays à vocation agricole, le Cameroun vit une situation paradoxale où, sur ses 19,6 millions d'habitants, 5 millions sont menacés de famine, selon le représentant du Fonds des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Ousmane Guimdo, lors d'une cérémonie la semaine dernière dans la capitale.

Avec l'appui de la Banque mondiale, le gouvernement a lancé mercredi un projet d'amélioration de la compétitivité agricole ( PACA) doté d'un financement de 50 milliards de francs CFA (à peu près 100 millions de dollars US).

L'objectif de cette initiative est de servir à la couverture des besoins locaux, d'apporter une contribution suffisante à l' approvisionnement des pays voisins et de soutenir l'équilibre de la balance commerciale, a indiqué le vice-Premier ministre, ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Jean Nkuété.

Mais le représentant de la Banque mondiale a souhaité un réel engagement du gouvernement pour rendre ce mécanisme véritablement productif.

Parlant de la balance commerciale, selon M. Mbarga, elle accusait en 2009 un déficit, hors pétrole, de 655 milliards de francs CFA, soit environ 1,310 milliard de dollars US, soit 45 milliards (environ 90 millions de dollars US) de moins qu'en 2008.

Fin mars, la ministre de la Recherche scientifique et de l' Innovation Madeleine Tchuinté, a remis 60 tonnes de semences de base améliorées et à haut rendement de maïs au ministère de l' Agriculture et du Développement rural en appui à la campagne agro- sylvo-pastorale 2010.

"Cette quantité représente le double de ce que ce département ministériel a reçu l'année dernière. Cela est indicatif de la demande nationale sans cesse croissante en semences de base. Nous enregistrons également une forte demande venant des pays de la sous-région Afrique centrale qui nous interpelle à de nouveaux défis", avait-elle dit.

Mme Tchuinté a annoncé la disponibilité des semences de base dans les structures opérationnelles de l'IRAD sur l'ensemble du territoire national pour le maïs, le bananier plantain, le haricot, la pomme de terre, le riz, le soja, le niébé, le sorgho, le palmier à huile, l'igname, les plants fruitiers, le cacaoyer et les plants forestiers

"Ces semences sont très inférieures aux besoins. Elles ne représentent pas le 1/10e de le demande nationale en semences. En outre, on a cité des quantités de semences, nulle part je n'ai entendu un objectif concernant l'exploitation", estime Bernard Njonga. Ce qui signifie que beaucoup reste à faire pour que le Cameroun accède à une production agricole répondant à ses ambitions.

Source: xinhua

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