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Français>>InternationalMise à jour 02.05.2010 15h11
Maurice : la campagne électorale axée sur l'ethnicité (PAPIER D'ANGLE)

Le Premier ministre mauricien Navin Ramgoolam qui a annoncé la tenue des élections parlementaires anticipées du 5 mai prochain, a souhaité que la campagne électorale soit davantage un débat d'idées et non des attaques personnelles ni de dénigrement.

Pourtant, de débat d'idées, il n'y a en pas eu depuis le début de la campagne mais Navin Ramgoolam ne s'est pas privé de faire de cette confrontation un débat sur l'ethnicité.

Selon lui, l'enjeu de ces élections est tout simplement le poste de Premier ministre entre lui-même et Paul Bérenger, le leader de l'opposition. Soit entre un hindou, communauté majoritaire dont les ancêtres sont venus comme travailleurs engagés dans les champs de cannes de l'île et un blanc descendant des colons qui ont dirigé l'île jusqu'à l'indépendance en 1968.

A cette époque déjà, le thème des "élections" pour décider si l'île devait rester ou non dans le giron de la Grande-Bretagne, l'ancienne puissance coloniale, tournait autour d'une éventuelle hégémonie hindoue qui aurait été soutenue par l'Inde. En fait, il n'en a rien été mais cela a suffit pour installer une méfiance entre hindous et chrétiens, chrétiens et musulmans et hindous et musulmans, les trois principaux groupes religieux.

Le premier Premier ministre post-indépendance, Seewoosagar Ramgoolam, père de l'actuel Premier minsitre est issu de la communauté hindoue et surtout de la caste des vaish, de commerçant et agriculteur. Il a été succédé par Aneerood Gujadhur, actuel président, un autre vaish. Seul non-hindou à occuper le poste, Paul Bérenger, qui n'aurait dû avoir le poste qu'à un accord électoral avec Aneerood Jugnauth qui a dirigé le pays pendant trois ans, les deux dernières années du mandat lui revenant.

Dans ces attaques contre son adversaire, qui fut néanmoins son allié entre 1995 à 1997, Ramgoolam ne se prive pas pour alléguer que Bérenger a surtout servi les intérêts de la minorité blanche, moins de 5% de la population. Il brandit la menace d'un pouvoir qui défendrait que le secteur privé, à capitaux blanc, si jamais l'opposition du Mouvement Militant Mauricien (MMM) et ses alliés arriverait au pouvoir. Dans ces réunions politiques, le Parti travailliste de Ramgoolam ne manque pas une occasion de traiter Paul Bérenger de "communaliste" et de jouer sur la division pour accéder au pouvoir. Il l'accuse de réunir toutes les minorités pour s'opposer aux hindous.

Dans la pratique, les membres du Parti travailliste et leurs alliés font autant, sinon plus, d'incitation à la haine raciale. Le message est simple, il faut s'unir pour garder le pouvoir entre les mains d'un hindou. D'où la stratégie de s'allier au Mouvement Socialiste Militant (MSM) de Pravind Jugnauth, pourtant partenaire privilégiée dans de précédentes joutes électorales du MMM, mais qui puise dans le même réservoir électoral que le Parti travailliste. Cette alliance s'est faite avec la bénédiction du président Sir Aneerood Jugnauth qui n'a pas hésité à sortir de la réserve que lui confère son poste pour soutenir son fils.

La partie est cependant loin d'être gagnée. D'abord parce que la majorité hindoue qui était au départ une majorité de Mauriciens de descendance indienne est en réalité un large rassemblement de plusieurs groupes linguistiques, hindiphone, tamoulophone, télougouphone, marathiphone entre autres. Des tiraillements existent entre ces différents groupes et l'inclusion ou l'exclusion d'un membre d'un de ces groupes est souvent sujette à polémique. Et Navin Ramgoolam a sans doute fait une erreur monumentale en refusant un ticket, sous pression de son nouvel allié MSM, à son ministre des Finances, Rama Sithanen, un tamoul, dont les compétences sont reconnues tant à Maurice que sur le plan étranger. Jusqu'à tout récemment, le Premier ministre vantait les mérites de "son ami" Rama, grâce à qui le pays avait pu affronter sans trop de dégâts la crise financière internationale. Les Mauriciens ont mal digéré cette exclusion et pour les Tamouls, c'est un véritable drame.

D'autre part, les autres minorités, musulmane et chrétienne, se sentent exclus du développement du pays. La plupart des musulmans qui avaient soutenu le parti de Navin Ramgoolam se sentent trahis alors que les chrétiens avaient été accusés par ce dernier de ne pas l'avoir soutenu et se sentent marginalisés. En ajoutant à cela une partie importante d'hindous qui sont restés fidèles au MMM depuis le début de ce parti dans le camp ouvrier, la tâche du gouvernement sortant s'annonce compliquée.

Les partisans de l'opposition voient aujourd'hui en Paul Bérenger une sorte de Barack Obama blanc appelée à vaincre les démons communalistes mauriciens. Son élection signifierait que tout Mauricien pourra aspirer aux plus hautes fonctions du pays sans à priori de couleur, d'ethnie ou de religion. Pourra-t-il comme l'illustre Américain symboliser l'île Maurice du XXIe siècle ? Réponse le 6 mai. Fin

Source: xinhua

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