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Les Américains tombent sous le charme du mah-jong : inattendu, mais pas surprenant
La radio publique américaine (NPR) a récemment consacré un reportage à l'engouement « inattendu » des Américains pour le mah-jong fabriqué en Chine. Dans une usine de mah-jong située à Taixing, dans la province du Jiangsu (est de la Chine), les ouvriers effectuent des heures supplémentaires, alors que le téléphone ne cesse de sonner et que les commandes affluent de l'autre côté du Pacifique. Un jeu de mah-jong peut se vendre entre 300 et 400 dollars, voire davantage. Pourtant, ni les droits de douane américains ni les tensions géopolitiques n'ont refroidi l'enthousiasme des acheteurs. Pour répondre aux attentes de la clientèle américaine, les fabricants chinois ont même profondément adapté leurs techniques de fabrication.
Ce phénomène n'a toutefois rien d'inattendu. Le mah-jong est arrivé à New York dans les années 1920, à une époque où The New York Times le décrivait comme « le nouveau bridge ». Si l'ampleur et la nature des échanges entre la Chine et les États-Unis ont considérablement évolué au fil des décennies, l'enthousiasme des Américains pour le mah-jong, lui, n'a pas faibli. Selon Yelp, entre septembre 2024 et août 2025, les recherches pour les clubs de mah-jong aux États-Unis ont bondi de plus de 4 % par rapport aux douze mois précédents, tandis que les recherches de cours de mah-jong ont connu une hausse de plus de 800 %.
La Chine et les États-Unis sont deux sociétés vastes et diversifiées, qui offrent d'innombrables possibilités d'échanges entre leurs peuples. Les consommateurs chinois s'intéressent aux produits et aux services culturels américains, tandis que les consommateurs américains adoptent des produits et des innovations venant de la Chine. Grâce à ces interactions, les habitants des deux pays apprennent à mieux se connaître et à mieux se comprendre. De tels échanges culturels n'affaiblissent pas l'identité culturelle de l'un ou de l'autre pays ; au contraire, ils enrichissent la vie de leurs sociétés respectives. Étudiants, chercheurs, touristes et entrepreneurs tissent des liens au fil de leurs rencontres, constituant ainsi un vaste réseau de contacts entre les deux sociétés. C'est précisément à travers ces liens que naissent des rapprochements en apparence inattendus, comme l'essor du commerce du mah-jong.
Les vendeurs américains interrogés dans le reportage de NPR ont indiqué qu'ils étaient prêts à assumer le coût des droits de douane élevés, compte tenu de la demande et des marges bénéficiaires importantes. Ce détail met en lumière une réalité plus générale : les liens modestes, mais bien réels, qui se nouent entre les citoyens ordinaires constituent l'un des fondements les plus stables et les plus résilients des relations entre les deux pays.
Les droits de douane et les tensions géopolitiques ne peuvent empêcher les Chinois et les Américains de nouer de nouveaux liens autour d'une table de mah-jong, dans les salles de classe ou tout au long de leur quotidien. À mesure que les Américains apprennent à annoncer un chow, un pung et un kong, et que les tuiles de mah-jong fabriquées dans les usines chinoises trouvent leur place dans les foyers américains, les responsables politiques de Washington feraient bien de quitter un instant les couloirs du pouvoir, de s'asseoir à une table et de faire eux-mêmes une partie. Ils pourraient alors découvrir directement la chaleur humaine et le dynamisme authentique des échanges entre les peuples des deux pays.

