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Comment les tendances sur les réseaux sociaux redéfinissent la perception de la Chine par les jeunes du monde entier

le Quotidien du Peuple en ligne 20.08.2026 10h52

Des touristes français attendent à la gare de Kunming-Sud de monter à bord du train à grande vitesse Chine-Laos pour se rendre à Xishuangbanna, dans la province du Yunnan (sud-ouest de la Chine), le 14 août. Le Yunnan est devenu une destination prisée des voyageurs, tant chinois qu’étrangers, désireux d'échapper à la chaleur et de bien profiter de leurs vacances estivales. (Xinhua/Yang Zixuan)

Des touristes français attendent à la gare de Kunming-Sud de monter à bord du train à grande vitesse Chine-Laos pour se rendre à Xishuangbanna, dans la province du Yunnan (sud-ouest de la Chine), le 14 août. Le Yunnan est devenu une destination prisée des voyageurs, tant chinois qu'étrangers, désireux d'échapper à la chaleur et de bien profiter de leurs vacances estivales. (Xinhua/Yang Zixuan)

Une vague de tendances sur les réseaux sociaux transforme la manière dont la Chine est perçue par les jeunes publics du monde entier ; en effet, les touristes étrangers délaissent les médias traditionnels pour partager des expériences authentiques et sans filtre de la vie quotidienne à travers le pays.

Sous des hashtags tels que #ChinaTravel, #ChinaShopping, #ChinaCool et #Chinamaxxing, de jeunes créateurs de contenu sur TikTok, YouTube et Instagram documentent des visites immersives dans les villes chinoises. Ces tendances reflètent une évolution plus large vers une exploration culturelle directe chez les voyageurs de la génération Z (née entre le milieu ou la fin des années 1990 et le début des années 2010).

Le terme « Chinamaxxing » associe « China » (Chine) au suffixe « -maxxing », issu du jargon Internet de la génération Z et désignant le fait d'adopter pleinement un mode de vie lié à une culture donnée et de l'optimiser. Ce terme a gagné en popularité à l'échelle mondiale après que des créateurs en ligne ont partagé des vidéos illustrant le quotidien en Chine : boire de l'eau chaude, pratiquer le baduanjin (八段锦, une gymnastique traditionnelle chinoise), porter des tenues d'inspiration traditionnelle ou regarder des mini-séries chinoises.

Le hashtag « ChinaTravel » met en lumière des séjours urbains immersifs allant bien au-delà des sites touristiques emblématiques. « ChinaShopping » souligne l'essor des achats de produits relevant du style guochao (国潮 , « chic chinois »), qu'il s'agisse d'électronique, de cosmétiques ou de biens de consommation courante. « ChinaCool » revêt une double signification : il évoque à la fois des escapades estivales rafraîchissantes dans les régions montagneuses de Chine et l'admiration pour ses infrastructures numériques modernes, ses transports en commun pratiques et sa culture urbaine dynamique.

Selon Deng Ning, professeur et vice-doyen de l'École des sciences du tourisme de l'Université des études internationales de Beijing, il existe une différence fondamentale entre le tourisme récepteur actuel et celui des époques précédentes.

Il y a quelques décennies, les touristes étrangers visitaient la Chine avec des stéréotypes préconçus sur une « nation orientale ancienne » et se contentaient de sites emblématiques comme la Grande Muraille ou la Cité Interdite, a-t-il expliqué, notant que le phénomène actuel du « Chinamaxxing » représente une révolution sans filtre, propulsée par les algorithmes des réseaux sociaux. « Les visiteurs étrangers ne courent plus après les sites touristiques pittoresques que nous supposons qu'ils veulent voir ; ils s'immergent dans la vie locale, concrète et moderne — flânant dans les marchés de produits frais, achetant du thé aux perles (珍珠奶茶 , bubble tea) via des codes QR sur mobile et observant les danses collectives dans les parcs publics », a ajouté M. Deng.

« La Chine a cessé d'être un simple objet d'interprétation pour les observateurs extérieurs pour devenir un sujet que l'on vit, dont on discute et que l'on redéfinit à travers de véritables rencontres personnelles », a-t-il assuré.

Selon M. Deng, lorsque les touristes étrangers se forgent une opinion positive de la Chine grâce à des expériences simples — comme payer en scannant un code QR, siroter un thé aux perles ou bénéficier de petits gestes de bienveillance dans le métro — cette forme de « soft power » ancré dans le quotidien s'avère bien plus convaincante que n'importe quelle vidéo promotionnelle officielle, a-t-il ajouté.

Des expériences authentiques

Chen Hong, directeur de l'Institut d'études régionales de la Faculté des langues étrangères de l'Université normale de Chine orientale, a souligné que les grands médias occidentaux et les élites politiques ont longtemps monopolisé le discours sur la Chine, réduisant le pays à des étiquettes unidimensionnelles telles que « menace pour la sécurité » ou « rivalité géopolitique ».

Aujourd'hui, a noté M. Chen, les sujets en vogue sur les réseaux sociaux se concentrent davantage sur le quotidien des Chinois, les espaces urbains, les habitudes de consommation et la dynamique sociale que sur l'actualité politique. « Si le discours sur la "menace chinoise" n'a pas disparu, son influence autrefois exclusive sur la perception du pays s'estompe progressivement face à l'authenticité des expériences de voyage vécues sur place », a-t-il noté.

Il a ajouté que la méfiance envers les médias traditionnels, conjuguée au mécontentement face au coût de la vie élevé, à la fragmentation sociale et à la solitude dans leurs propres sociétés, alimente la curiosité des jeunes Occidentaux de la génération Z pour la Chine.

Selon M. Chen, les contenus touristiques créés par les voyageurs eux-mêmes véhiculent une authenticité puissante. Même les quelques critiques mineures formulées par les visiteurs rendent leurs observations positives d'autant plus convaincantes ; c'est un atout unique qu'aucune campagne officielle ne saurait reproduire, a-t-il affirmé. Les récits les plus marquants sur la Chine sont ceux que les visiteurs internationaux partagent eux-mêmes après un séjour immersif, a ajouté M. Chen.

Gina Lynn Dijkstra, une étudiante néerlandaise de 19 ans de l'Université de Leyde, a confié que la propagande occidentale lui avait inculqué des préjugés biaisés avant son arrivée à Beijing, fin juillet.

« Paradoxalement, je me suis sentie plus libre en Chine qu'en Europe. La capitale chinoise offre la liberté de sortir le soir et celle de fréquenter en toute sécurité des lieux publics — comme les parcs verdoyants ou les quartiers animés de la ville — à toute heure », a-t-elle déclaré.

Elle a également été profondément touchée par la sincère gentillesse des inconnus et des bénévoles, et a cité un passage des « Entretiens de Confucius » pour résumer son voyage : « N'est-ce pas un plaisir d'avoir des amis venus de loin ?» Bien qu'elle ne connaisse pas la tendance en ligne du « Chinamaxxing », elle a adopté une nouvelle habitude quotidienne : flâner dans les rues de la ville, un bubble tea et des en-cas à la main, pour socialiser en toute simplicité.

Roxy Ye, 20 ans, également originaire des Pays-Bas et d'ascendance chinoise, a déclaré avoir visité Beijing en tant que touriste pour la première fois au début du mois. Elle a été frappée par le sentiment de sécurité exceptionnel qui règne dans la ville. « J'ai pris un taxi seule vers 1 h du matin pour me rendre place Tian'anmen et assister à la levée du drapeau. Je n'ai pas hésité à prendre un taxi seule en pleine nuit. Avec le recul, je me rends compte que je n'aurais probablement pas fait la même chose, même dans ma ville natale aux Pays-Bas », a-t-elle confié.

(Web editor: Qianqian Wu, Yishuang Liu)