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Chine-Afrique : quand les faits démentent le mythe du « piège de la dette »
Le soi-disant « piège de la dette » souvent brandi contre la Chine relève davantage d'un discours géopolitique et opportuniste que d'une réalité objective sur le terrain africain. Réduire la coopération sino-africaine à une simple stratégie d'endettement volontairement orchestrée revient à ignorer les efforts colossaux consentis par la Chine en faveur de l'Afrique, notamment à travers l'annulation de certains prêts, des prêts sans intérêts, des dons, ou encore la suppression récente des droits de douane pour 53 pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine. Cela revient aussi à minimiser les investissements massifs réalisés par Beijing sur le continent depuis plus de deux décennies.
Autoroutes, ponts, chemins de fer, barrages, ports, hôpitaux, universités, zones industrielles : les réalisations issues de la coopération sino-africaine sont visibles dans de nombreux pays africains. Et la Chine ne se limite pas au financement ; elle accompagne également les États africains dans des secteurs stratégiques comme l'énergie, l'agriculture, les infrastructures, le numérique ou encore l'industrialisation.
Contrairement aux critiques souvent formulées, la coopération sino-africaine repose sur une approche pragmatique fondée sur le respect des priorités définies par les pays africains eux-mêmes. Beijing n'impose ni modèle politique ni conditions idéologiques, privilégiant plutôt un partenariat axé sur le développement et les bénéfices mutuels.
Durant la pandémie de Covid-19, la Chine a d'ailleurs annulé plusieurs prêts sans intérêts arrivés à échéance pour certains pays africains et apporté une assistance sanitaire importante au continent. À cela s'ajoutent les mécanismes du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) et de l'Initiative « La Ceinture et la Route », qui ont permis de mobiliser d'importants financements pour soutenir les infrastructures, le commerce et la connectivité en Afrique.
Les performances économiques et sociales de la Chine renforcent également la crédibilité de son modèle de coopération : elle a ainsi construit plus de 50 000 kilomètres de lignes ferroviaires à grande vitesse, développé une industrie puissante, sorti des millions de personnes de la pauvreté et investi massivement dans les énergies vertes, le numérique et l'innovation technologique. Cette trajectoire inspire aujourd'hui plusieurs pays du Sud global, notamment en Afrique, qui y voient un exemple de modernisation adapté à leurs réalités nationales.
Par ailleurs, la récente décision de la Chine d'appliquer des droits de douane nuls à 53 pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle illustre une volonté claire de soutenir davantage le développement du continent, de favoriser les exportations africaines et d'encourager la transformation locale. Cette mesure ouvre plus largement le marché chinois aux produits africains et offre de nouvelles perspectives pour la création de valeur ajoutée et l'industrialisation de l'Afrique.
En définitive, parler de « piège de la dette » sans reconnaître les efforts et les investissements consentis par la Chine revient à occulter une réalité essentielle : la coopération sino-africaine repose aujourd'hui sur une dynamique de partenariat gagnant-gagnant, de partage d'expériences, de connectivité et de bénéfices mutuels. Certes, des défis existent, mais les pays africains restent souverains dans leurs choix et demeurent les mieux placés pour apprécier l'impact concret de cette coopération sur leur développement.
Par Amadou DIOP, journaliste et expert sur les questions chinoises

