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Français>>OpinionMise à jour 28.04.2011 10h01
Cent ans de développement en Chine

Les trente années de réforme et d'ouverture en Chine ne sauraient être séparées des cent dernières années de développement social, pas plus qu'elles ne sauraient l'être de 5 000 ans d'histoire. Les trente dernières années devraient être considérées comme un processus de continuation dans la conceptualisation du « modèle chinois », qui diffère du « modèle occidental ».

On peut diviser le modèle chinois en trois parties. La révolution sociale de la construction de la Nation a débuté à la fin de la Dynastie Qing (1644-1911), avec pour résultat indépendance et souveraineté politiques. Puis un système économique de temps de guerre a été adopté après 1949 pour pouvoir obtenir une pleine reconnaissance internationale et renforcer la défense nationale. Enfin, en 1979, le niveau de vie de la population est devenu la priorité.

Tout cela fait partie de la progression logique de la poursuite de la modernisation par la Chine lors du siècle passé.

Le modèle chinois a acquis ses caractéristiques à partir de plus d'un siècle de réformes économiques, politiques et sociales, et il est le reflet des 5 000 années d'histoire du pays. En d'autres termes, le modèle chinois reflète la vitalité particulière de la civilisation chinoise.

Les caractéristiques du modèle peuvent être grossièrement divisées en trois groupes : praticité rationnelle, populisme et bonne gouvernance fondée sur la volonté publique.

La première caractéristique suit la tradition du rationalisme pratique, une fusion des cultures qui couvre tout, mais qui est sélective. Depuis la Dynastie Han (202 av JC-220 ap JC), la société chinoise a assimilé différentes écoles de pensée, dont le confucianisme, le taoïsme, le bouddhisme, le légalisme, le monisme et d'autres philosophies encore.

Cela a passé au tamis les aspects bénéfiques de cultures hétérogènes (et même étrangères), puis les a converti pour coller aux réalités de la société, ce que l'on peut en gros appeler sinisation. C'est cette capacité qui joue un rôle central dans le modèle chinois. Et à la différence de l'occidentalisation, c'est un processus d'intériorisation.

La deuxième caractéristique, la tradition populiste, est la poursuite de l'égalité entre les riches et les pauvres, qui a modelé le développement économique et social depuis les périodes anciennes de l'histoire. La fin de la période féodale dite des Printemps et Automnes (770-476 av JC) a été causée par des guerres civiles entre Etats vassaux, et la véritable société civile n'a pris forme que sous les Dynasties Qin (221-206 av JC) et Han.

Historiquement, l'objectif du populisme était la prospérité et l'égalité pour tous. Tandis que la modernisation de la Chine s'est construite à partir d'une révolution civile, c'est un fort pouvoir populiste qui a stimulé l'économie du pays, et empêché que le marché ne soit livré à lui-même et que la société ne se divise entre les pauvres et les très riches. Rien d'étonnant à ce que la prospérité pour tous soit devenue le moteur le plus puissant de ces dernières années.

La troisième caractéristique est la bonne gouvernance, dans laquelle la légitimité du parti et du gouvernement au pouvoir ne vient pas d'une élection unique mais d'une bonne gouvernance sur le long terme.

Pour être tout à fait objectif, une forte pression publique a toujours accompagné le processus entier d'administration dans le modèle politique chinois. Tant au niveau du Gouvernement Central que des gouvernements locaux, la légitimité politique dépend du mandat public, un processus indispensable dans toute décision et action concrètes.

Ce système est radicalement différent de celui des gouvernements occidentaux, qui sont pour la plupart investis par un processus d'élections périodiques. En Occident, la démocratie ne se reflète qu'au moment des élections, mais en Chine la démocratie doit suivre le processus entier de l'administration, ce qui met une pression aussi énorme que continue sur le Gouvernement. Et avec une pression pareille, le Gouvernement se doit encore de prendre la responsabilité de tous les problèmes sociaux. Ou alors il perdra sa légitimité politique.

D'un point de vue développement social et responsabilité du Gouvernement, ce modèle a des avantages évidents. C'est seulement si l'on comprend ces trois facteurs que l'on peut pleinement saisir le degré de satisfaction des Chinois envers la vitesse et la direction de l'actuel processus de développement, que l'on constate dans des sondages effectués par des organisations comme le Pew Research Center.

Pour comprendre la signification universelle du modèle chinois, il est nécessaire de faire la distinction entre sa signification universelle et le modèle lui-même. Cela veut dire tout simplement que le modèle chinois peut servir de référence, mais qu'il ne saurait être copié.

Aussi, sa signification universelle se trouve dans son influence sur des pays similaires au développement récent, qui pour la plupart ne sont pas occidentaux, et du fait qu'il peut être utilisé comme modèle de référence pour d'autres pays qui sont encore en train de développer leurs propres modèles.

L'auteur est chercheur invité au Centre de Recherche sur la Sinisation

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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