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Français>>OpinionMise à jour 11.02.2011 14h33
Les microblogs sont un moyen, pas une fin en soi

Ceux qui douteraient encore du micro-blogging devraient être à présent convaincus que les micro-blogs peuvent jouer un rôle efficace dans la mobilisation de la société pour une cause juste.

Mais de leur côté, les journalistes professionnels, tout en fêtant les grands succès des microblogs, devraient aussi reboubler de vigilance face aux canulars.

Vers le 27 janvier, Yu Jianrong, professeur de développement rural à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales, a posté un message microblog sur Sina.com, appelant les internautes à prendre des photos d'enfants mendiants afin de contribuer à les sauver.

En moins de deux semaines, les internautes ont téléchargé plus de 1 000 photos sur plusieurs sites internet populaires. A partir d'une photo prise dans la Province du Jiangsu, Peng Gaofeng, un natif de la Province du Hubei qui tient une boutique de téléphonie mobile à Shenzhen, a ainsi pu reconnaitre son fils, qui avait été enlevé il y a trois ans. Avec l'aide de la police de Shenzhen et du Jiangsu, M. Peng a pu retrouver son fils le 8 février.

Toutes les raisons sont bonnes pour fêter les retrouvailles des Peng et le sauvetage d'au moins cinq autres enfants enlevés, avec l'aide des microblogs.

Les plus grands médias imprimés du pays ont publié éditoriaux et commentaires soulignant l'aide apportée par les microblogs.

Chen Shiqu, qui dirige la campagne nationale contre le trafic humain au Ministère de la Sécurité Publique, a promis via son microblog que son bureau verrait d'un bon oeil l'envoi d'indices par le public et qu'il maintiendrait la communication avec lui par le biais de services microblogs et d'autres canaux.

« Notre bureau enquêtera sur chaque indice transmis », a t-il écrit.

A la date de jeudi, le message de M. Yu avait glané plus de 160 000 fans, dont plus de 2 500 ayant posté des microblogs de suivi.

Le premier site de microblog à avoir été lancé avec succès en Chine est Fanfou.com, qui a fait ses débuts en 2007. L'année dernière a vu passer la population adepte du micro-blogging à plus de 63 millions de personnes, soit 13,8% du total des usagers en ligne en Chine.

Aujourd'hui, les microblogs sont devenu un important nouveau canal permettant aux internautes d'obtenir des nouvelles, d'exprimer leurs opinions, de s'engager dans le réseautage social et de participer à des campagnes publiques.

Pour les journalistes, les microblogs sont une source d'informations et une plateforme pour diffuser des informations. Cependant, la popularité croissante des microblogs est aussi devenue une épée à double tranchant.

Une des dix plus grosses fausses nouvelles de l'année dernière a en effet d'abord été diffusée sur un microblog, celle de la disparition du célèbre écrivain chinois de nouvelles sur le kung-fu Louis Cha. Un autre message publié sur microblog avait aussi faussement annoncé que la littérature contemporaine en ligne allait remplacer les oeuvres littéraires modernes dans les manuels scolaires.

Ces canulars, plus ou moins drôles, peuvent également s'enflammer comme une traînée de poudre sur internet, et pas seulement en Chine. Il y a ainsi eu des histoires sur l'éruption d'un second volcan en Islande ou celle des scientifiques du Caltech (California Institute of Technology) prédisant qu'un séisme majeur allait avoir lieu dans les quelques jours suivants, l'année dernière.

Mais le pire est que depuis qu'un grand nombre de soit-disant nouvelles fraîches apparaissent dans les microblogs avec une limite de 140 caractères chinois par envoi, certaines personnes en profitent pour utiliser cette caractéristique à leur propre avantage en créant des grands titres à sensation sans pour autant étayer ce qu'ils avancent, tout simplement pour faire monter le nombre de personnes qui les suivent.

Le problème est que les médias d'information traditionnels font face au danger de perdre leurs propres valeurs et leur propre éthique en matière d'information, tout cela pour faire les yeux doux à l'énorme nombre d'internautes et de micro-bloggueurs. Ils sacrifient souvent leurs propres informations et leurs agendas de reportage et consacrent leurs ressources à suivre les affirmations farfelues des microblogs ou d'autres médias sur internet comme fil « potentiel » d'informations.

Les rédacteurs, et même les journalistes, s'appuient souvent sur internet pour leur fil d'informations, plutôt que d'aller sur le terrain pour y chercher des idées d'histoires. Le copier-coller de nouvelles venant d'internet est de plus en plus fréquent.

En tant que journalistes professionnels, nous sommes favorables à ce que les citoyens nous rejoignent pour rapporter des informations. Cela étant, nous ne devons sous aucun prétexte éluder nos responsabilités quand il s'agit d'être sûr que nous avons en notre possession tout ce qui compose une information : qui, quoi, quand, où, pourquoi et comment.

A défaut de quoi, il se pourrait fort bien que nous perdions ce qui fait depuis longtemps nos valeurs de journalistes.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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