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Français>>OpinionMise à jour 21.12.2010 13h43
Comment vendre l'image d'un Dragon amical ?

La Chine a connu quelques succès dans la diffusion d'une image positive, non menaçante avec des évènements hauts en couleur comme l'Expo de Shanghai et les Jeux Asiatiques, mais le monde ne s'est pas montré aussi calme que Zhou Huamin, directeur adjoint du Comité Exécutif de l'Expo de Shanghai l'avait espéré en avril dernier.

« La Chine offrira son image au monde : une nation avec de grandes traditions, de grandes ambitions, et le monde devrait voir le développement futur de la Chine avec calme », avait-il dit avant que le grand évènement mondial ne débute.

En fait, l'image que la Chine a projeté au monde n'a été que partiellement perçue ou reconnue par le reste du monde.

« L'image de la Chine en 2010 peut être résumée par un mot : contradiction », a dit Yu Jianrong, directeur de l'Institut de Développement Rural à l'Académie des Sciences Sociales et un des intellectuels chinois les plus influents.

« La Chine a offert au monde extérieur une image positive en accueillant avec succès des évènements internationaux et en construisant de nouveaux gratte-ciels, mais au bout du compte, cette image positive si soigneusement cultivée a été mise au défi ».

D'un pays arriéré à un pays en développement, d'une Chine Rouge à Fabriqué en Chine, de la montée de la Chine à la menace chinoise, l'image de la Chine est passée par des stéréotypes illustrés par divers clichés depuis des décennies.

« Le concept de l'image de la Chine n'est pas très clair », a dit Xiong Kunxin, professeur de théories et politiques ethniques à l'Université Minzu de Chine à Beijing. « Le pays est à la recherche de son image véritable pour montrer la vraie Chine au monde ».

Des feux d'artifice ont illuminé le ciel pour la cérémonie d'ouverture de l'Exposition Universelle le 1er mai, marquant une date dans l'histoire : la première fois qu'un pays en développement a accueilli cet évènement.

Au total, 246 pays et organisations internationales ont organisé des expositions lors de cet évènement de six mois qui a attiré plus de 70 millions de visiteurs.

Liu Xiaoming, amabssadeur de Chine au Royaume-Uni, a dit que l'Expo de Shanghai était un « précieux symbole de la Chine d'aujourd'hui » dans un article parun dans le Daily Telegraph britannique le 30 avril.

« Le thème de l'Expo, ‘Meilleure ville, meilleure vie' montre les efforts que fait la Chine pour moderniser sa structure industrielle et changer de modèle économique, passant de la consommation d'énergie et de ressources à un développement durable et pauvre en carbone », a-t-il écrit.

Cet évènement a été pour la Chine équivalent aux Jeux Olympiques de Beijing, a-t-il encore écrit : « une chance de s'exposer au Monde ».

Le porte-parole de l'Expo, Xu Wei, est d'accord pour dire que l'Expo a été une occasion pour la Chine de faire la promotion de son « soft power ».

« Nous avons rassemblé le monde entier, différents pays, différents peuples dans cette zone, donc cela a été une bonne occasion pour les Chinois d'avoir un contact direct avec la société internationale », a-t-il dit.

Un intérêt pour l'image

La confrontation très médiatisée de la Chine avec le Japon sur les Iles Diaoyu, que les Japonais nomment Senkaku, peut être citée comme un exemple ce cette position pugnace dont l'ambassadeur des Etats-Unis a pu parler.

La position géographique sensible des îles explique beaucoup de choses. Ce groupe d'îles est composé de cinq îlots inhabités et de trois rochers stériles situés à environ 200 miles nautiques à l'Est de la côte chinoise et à 200 miles nautiques au Sud-Ouest de lîle japonaise d'Okinawa. Elles sont à 120 miles nautiques de la province chinoise de Taiwan.

Deux navires de patrouille des garde-côtes japonais et un bateau de pêche chinois se sont heurtés au large de ces îles le 7 septembre dernier. Il n'y avait eu aucun blessé, mais les garde-côtes japonais avaient arrêté le capitaine du navire chinois, provoquant les protestations de la Chine, avait rapporté Xinhua.

Le gouvernement chinois avait convoqué l'ambassadeur du Japon et émis des protestations officielles par deux fois en l'espace de 24 heures. Après avoir été détenu penadant 17 jours, la capitaine avait enfin été libéré.

Les actions défensives de la Chine ont provoqué la colère du public japonais. D'après un sondage publié le 4 octobre par le Yomiuri Shimbun, le plus grand journal japonais en termes de diffusion, près de 84% des Japonais ont déclaré croire que la Chine n'était pas digne de confiance et avait agi délibérément.

Certains universitaires chinois pensent que la Chine devrait adopter une attitude nonchalente face à cette accusation.

« L'heure n'est pas encore pour la Chine à s'occuper de son image, mais plutôt à se défendre et à lutter pour ses intérêts », a dit Shen Yi, professeur à l'Université Fudan au Département de politique internationale.

« Même si c'est le Japon qui a causé ce trouble, cela pourrait être une occasion pour la Chine sur des sujets comme le développement des champs de pétrole et de gaz en Mer de Chine Orientale et de renforcer modérément sa puissance navale », a-t-il dit.

Peng Guangqian, spécialiste en stratégie militaire à l'Académie des Sciences Militaires de l'Armée Populaire de Libération, pense que cet incident s'est transformé en opportunité pour la Chine.

« La Chine doit comprendre que la bonne volonté ne suffit pas pour maintenir la paix et la stabilité régionales », a-t-il dit. « La Chine doit se développer d'abord. Les concessions ne sont une solution à aucun problème ».

Le temps sera juge de la vérité

La réponse de la Chine à l'octroi du Prix Nobel de la Paix à Liu Xiaobo a été aussi rapide que forte.

L'octroi par le Comité Nobel de ce prix le 8 octobre dernier à un homme que la Chine désigne officiellement comme un criminel a été considéré comme une insulte grave. Car après tout, Liu a été condamné à onze ans de prison à Noël 2009, en particulier pour avoit tenté de renverser le gouvernement.

Le seul but de la chaise vide lors de la cérémonie était d'humilier la Chine, d'après Shi Yinhong, professeur à l'école d'Etudes Internationales à l'Université Renmin de Chine.

« En fait, la nation ne peut pas réellement faire grand chose sauf de continuer de manière responsable et de continuer à développer notre système légal et social d'une façon responsable, sachant que le temps raffermira la stabilité et que travailler ensemble est la voie correcte », a dit le professeur Shi.

La Corée du Nord est un problème particulier pour l'image de la Chine. La Corée du Nord a tué quatre Sud-coréens le 23 novembre dernier en tirant des coups d'artillerie sur l'île de Yeonpyeong, située dans des eaux disputées au large de la côte Ouest de la Péninsule divisée.

Certaines critiques dépeignent la Chine comme une sorte de voyou du système international du fait de son refus de critiquer publiquement Pyongyang pour les morts et les blessés.

Des voix internationales ont appelé la Chine a adopter une « position plus à cheval » sur les principes et de dénoncer publiquement le Nord, tandis que certains experts spéculent sur le fait de savoir quelle influence a réellement la Chine sur la Corée du Nord.

« La communauté internationale attend peut-être un peu trop de la Chine », a dit Gao Zhikai, directeur de l'Association Chinoise pour les Etudes Internationales.

« Pour en sortir de là, il n'y a que des positions coordonnées et des négociations ».

Mais certains analystes plus attentifs ayant réfléchi plus profondément sur les incidents de la Corée du Nord et de Liu Xiaobo ont laissé entendre que la Chine a fait ce qu'elle devait faire.

« Les durs efforts de la Chine pour construire des fondations solides pour un pays émergent sont sans équivalents dans le monde, et de loin », a commenté un internaute. « C'est comme avoir offert un nouveau toit à une maison après avoir laissé l'ancien et ajouté une nouvelle couche. Ca maintient au sec, mais le vieux toit reste en dessous et continue à pourrir ».

« Peu importe ce que les informations et les médias essaient de diffuser et essaient d'entrer à l'intérieur des sociétés, la Chine est sur une voie solide et ne devrait pas se laisser influencer par les déclarations négatives ».

Aux yeux des observateurs occidentaux, tous les efforts qui se sont concrétisés dans les médailles d'or et une exposition réussie ne sauraient réalistiquement effacer les émotions fortes déclenchées par l'image indélébile d'une chaise vide ou le désir d'oublier les quatre victimes sud-coréennes de la Corée du Nord.

En s'assurant que le pays continue son développement stable et pacifique, et se tient fermement debout contre les menaces à ses intérêts clés, les dirigeants de la Chine montrent qu'ils peuvent garder la tête froide et faire ce qu'il convient même si cela doit donner à court terme une mauvaise image du pays aux yeux de l'Occident, a dit M. Shen.

« Sur le long terme, c'est la meilleure façon de construire l'image d'une Chine défenseur sobre de la stabilité et de la prospérité ».

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
La Chine n'a jamais envahit un pays étranger en 4000 ans d'histoire alors de quoi peut-on ...
Yes, it is true that good will alone is not sufficient to maintain peace and stability. H...
La Chine a raison de se faire respecter. Le développement du pays et l'amélioration du niv...
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