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Français>>OpinionMise à jour 03.12.2010 16h55
Les enseignants doivent-ils vraiment se mettre à genoux devant leurs étudiants ?

Un professeur de la province du Hunan, dans le Centre de la Chine, et qui aurait dû recevoir des excuses de la part d'un étudiant rebelle, a en a été réduit tout récemment à se mettre à genoux après une confrontation avec sa classe.

Tan Shenjun, professeur d'anglais au Collège No1 de la ville de Loudi, s'est en effet soudain mis à genous devant une classe pleine dans l'après-midi du 19 novembre dernier, tout juste après que l'étudiant avec qui il s'était pris de bec n'ait offert que des excuses du bout des lèvres.

M. Tan avait, la veille, interrompu deux étudiants en train de jouer aux échecs lors de son cours d'anglais et leur avait demandé d'arrêter la partie. Mais les deux étudiants ont alors tout simplement ignoré sa demande et continué à jouer. Quand il a essayé d'insister, l'un d'entre eux a attrapé sa baguette avant de le projeter au sol et de l'y maintenir de force pendant près de dix minutes.

Le professeur principal est alors arrivé sur les lieux pour mettre fin à la confrontation. Il a prévenu les parents du coupable et lui a ordonné de présenter ses excuses.

M. Tan s'est alors mis à genoux et crié « Je reconnais que j'ai eu tort d'avoir été aussi strict avec toi avant, et je promets que plus jamais je ne traiterai comme ça à l'avenir. J'implore ta compréhension, car je n'ai essayé de faire cela que pour ton bien ».

Ce geste spectaculaire du professeur Tan a apparemment réussi à lui gagner la compassion des étudiants, car ils ont par la suite commencé à manifester chaleur et soutien, à sa personne comme à son enseignement. Certains étudiants n'ont même pu retenir leurs larmes après qu'il se soit agenouillé.

M. Tan, qui enseigne dans cet établissement depuis huit ans, est décrit comme une personne sympathique qui s'entend plutôt bien avec les étudiants. Cependant, il a également été dit qu'il s'était montré extrêmement strict en tant que professeur principal lors de la première année de collège de la classe, ce qui avait amené les étudiants à exprimer leur mécontentement lors de leur deuxième année, a rapporté jeudi le China Youth Daily.

D'après M. Tan, les étudiants rebelles venaient de familles ordinaires et n'étaient pas des enfants de fonctionnaires gouvernementaux ou d'hommes d'affaires.

Un commentaire publié dans le journal a fait remarquer que le comportement de M. Tan est compréhensible, compte tenu du fait que, dans notre société actuelle, un enseignant ne peut plus se permettre d'être trop dur avec les étudiants, ne pouvant compter sur le soutien de l'administration de l'établissement et se trouvant en position désavantageuse quand il s'agit de discuter avec les parents.

Cependant, le commentaire a fait également remarquer qu'un enseignant ne peut pas toujours essayer de gagner les faveurs des étudiants, même quand ils ont tort. Il est irresponsable pour un enseignant de ne pas infliger les punitions justifiées et de ne pas faire les critiques nécessaires pour enseigner aux étudiants comment devenir des personnes responsables.

L'article cite également Wu Fei, un remarquable enseignant de la province du Jiangsu, qui a écrit dans son livre « N'enseignez pas en vous mettant à genoux » comment un professeur qui choisit de se mettre à genoux pour calmer les troubles peut au contraire, en faisant ainsi, encourager les étudiants à s'opposer à ses valeurs.

Un autre commentaire publié dans le Chongqing Times va même plus loin. Pour lui, quand un enseignant courbe l'échine pour faire baisser la pression et n'a pas le courage de se défendre, alors son comportement, aussi spectaculaire puisse-t-il être, ne réveillera pas la conscience des étudiants rebelles, comme le prétend M. Tan. Qui plus est, cela n'enseignera pas aux étudiants la manière de devenir de bons citoyens.

D'après un article publié sur le portail web Xinhuanet.com, cette affaire n'est absolument pas un cas isolé. On raconte ainsi que dans un collège de la banlieue de Haikou, capitale de la province de Hainan, le principal de l'établissement s'est ainsi agenouillé plusieurs fois devant les étudiants, apparemment pour les persuader de bien vouloir reprendre leurs études. Et un instituteur d'une école primaire de Shenzhen a même dû aller jusqu'à se frapper le bras avec sa baguette pour faire bouger ses élèves.

Des médias chinois ont également rapporté que, à Chenzhou, dans la province du Hunan, plusieurs parents ont traîné un enseignant depuis un terrain de sport jusqu'à un bureau devant l'école toute entière, tout cela parce qu'il avait osé critiquer leurs enfants. L'enseignant, qui avait par la suite été contraint à faire des excuses aux parents et aux élèves, se serait ensuite mutilé avec un couteau pour exprimer son indignation.

Ainsi que l'article de Xinhuanet l'a fait remarquer, l'agenouillement forcé et la mutilation sont des gestes qui vont tous les deux à l'encontre du sens commun et des principes moraux, et des incidents de ce genre ne peuvent que donner aux étudiants une perception déformée de ce qui est juste et de ce qui ne l'est pas.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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