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Français>>OpinionMise à jour 29.11.2010 10h57
Le changement climatique est plus qu'un problème de négociations

Quand les négociateurs vont commencer leurs discussions sur le climat à Cancun, au Mexique, cette semaine, il serait bon qu'ils se souviennent que le changement climatique va bien au-delà de concessions politiques mutuelles, du marché du carbone et des bénéfices apportés par les opportunités du commerce vert.

Pour de nombreux Chinois, en particulier ceux qui habitent dans des régions écologiquement fragiles, ce n'est rien moins qu'une question de vie ou de mort. La sécheresse et les inondations de cette année sont une preuve que la Chine est aussi une victime du changement climatique, et que des efforts au niveau mondial doivent être faits pour en atténuer les effets.

En 2010, la sécheresse printanière prolongée dans la province du Yunnan et la Région Autonome Zhuang du Guangxi, et les inondations et pluies torrentielles de cet été enregistrées un peu partout dans le pays ont fait des milliers de victimes. Les personnes vivant dans les régions touchées n'ont pas seulement perdu des membres de leur famille, mais elles ont également été plongées dans la pauvreté d'un jour à l'autre.

On se souvient ainsi, par exemple, d'un catastrophique glissement de terrain provoqué par des pluies torrentielles dans le Comté de Zhouqu, dans la province du Gansu, le 8 août dernier, causant la mort de 1 472 personnes, 294 disparus et plus de 15 000 sans-abris.

Avant le Sommet de Copenhague l'année dernière, j'avais rendu visite à des fermiers du Gansu, qui m'avaient dit qu'avant, la saison des pluies s'étendait de juillet à septembre. Mais maintenant, les chutes de pluie se concentrent sur un seul mois, ce qui cause inondations et glissements de terrain.

Le changement climatique ne veut pas nécessairement dire une hausse des températures. Dans le Sichuan, ma province natale, les données scientifiques montrent qu'il n'y a pas eu de hausse des températures ces cinquante dernières années, bien que les températures moyennes annuelles nationales et mondiales montent. Pourtant, les habitants de ma ville natale souffrent de catastrophes à répétition. En plus des tremblements de terre, les habitants souffrent aussi de sécheresses, d'inondations et de glissements de terrain. Beaucoup de mes amis d'enfance et de mes proches souffrent gravement de ces conditions météorologiques extrêmes et de fréquentes catastrophes.

Avant Cancun, le gouvernement chinois a publié un rapport annuel sur ses politiques et plans d'action destinés à contrer le changement climatique. Dans son rapport, le gouvernement a fait un résumé des changements constatés dans le climat du pays lors des deux années précédentes.

Cependant, les auteurs du rapport se sont concentrés sur les opportunités possibles en matière de commerce et de faible carbone, et il semble que seules les forces du marché peuvent réduire les émissions de carbone dans l'atmosphère.

Ils soulignent les défis qui existent, véritablement questions de vie ou de mort, mais sans pour autant être en mesure d'évoquer des solutions.

Fort heureusement, les dirigeants chinois ont fait preuve de courage face aux défis et catastrophes récents. En octobre, lors de leur réunion plénière annuelle, les dirigeants du pays ont reconnu la gravité des désastres écologiques et des catastrophes naturelles provoquées par des conditions météorologiques anormales, et ont affirmé leur détermination à assumer leur responsabilité pour entreprendre des actions au niveau national et mondial.

J'espère que lors de la prochaine période de cinq ans du plan quinquennal, les autorités pourront conduire une enquête au niveau national pour déterminer combien de familles vivent encore dans des régions écologiquement fragiles et incorporer cette information dans la formulation du plan. Et j'espère aussi sincèrement qu'elles pourront établir un calendrier de réduction du nombre de morts dûs aux inondations, sécheresses et glissements de terrains au minimum.

Ce que les négociations à Cancun pourront obtenir en matière de résultats reste encore incertain. Cependant, à titre personnel, je pense que chaque pays devrait intégrer ses efforts faits au niveau national dans un plan de développement pauvre en carbone. Dans le même temps, les économies développées devraient accélérer la transmission de l'aide financière et technologique promise dès que possible.

Pour la Chine, la chose la plus importante à faire après Cancun est de mettre sur pied un nouveau service dépendant de la Commission Nationale du Développement et de la Réforme, chargé de coordonner les travaux relatifs au changement climatique. Ce nouveau service devrait coordonner la réponse aux catastrophes liées au climat, localiser les familles écologiquement fragiles et les reloger.

Face à ces questions de vie ou de mort, les négociations de Cancun sont importantes, et les technologies pauvres en carbone et l'industrie vertes sont capitales. Car le temps presse.

Par Fu Jing

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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