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Français>>OpinionMise à jour 25.11.2010 16h26
S'internationaliser peut parfois être une affaire délicate

Avides de s'étendre à l'étranger, certaines entreprises chinoises ont, ces deux dernières années, conclu quelques accords notables, tirant avantage des opportunités offertes par la crise financière mondiale.

Mais certaines de ces sociétés chinoises se rendent compte à présent qu'avaler un concurrent étranger peut aussi provoquer une mauvaise indigestion, bien plus difficile à traiter qu'une simple prise de participation passive.

Un bon exemple en la matière est celui du Zhejiang Geely Holding Group, qui a racheté Volvo à Ford Motor Co en août dernier.

Li Shufu, fondateur et Président de Geely, a déclaré lors d'un forum qui s'est tenu un peu plus tôt ce mois-ci à Shanghai qu'il avait dû apprendre à gérer des « désaccords » avec l'équipe de direction en Suède.

« Volvo devrait conserver son image de marque de voitures de luxe », a-t-il expliqué. « Ce n'est pas raisonnable de vouloir faire des voitures Volvo de taille plus petite ou de conception plus simple. Si les gens veulent des grandes limousines, Volvo devrait les construire ».

Cette façon de voir les choses se base sur le fait que de nombreux Chinois aiment les grosses voitures, une façon d'exprimer leur richesse et leur statut social.

Mais ce n'est pas tout à fait comme cela que certains cadres supérieurs de Volvo voient l'avenir de ces « bouffeuses d'essence ». Ils insistent sur le fait que les grosses voitures sont sur le point de devenir des symboles d'une autre époque, car partout dans le monde les gens deviennent de plus en plus soucieux de l'environnement et le marché pour des véhicules à faibles émissions en carbone prend de plus en plus d'ampleur.

A l'évidence, l'intégration transfrontières peut parfois être un vrai casse-tête.

M. Li a insisté à grand peine pour dire qu'il ne s'est jamais querellé ou affronté avec ses collègues en Suède, mais il est clair qu'un fossé culturel s'est ouvert dans leur stratégie d'entreprise.

Geely a acheté Volvo dans l'intention de s'internationaliser. Mais il reste à voir comment cet objectif pourrait éventuellement être affecté par des différences dans les approches de base.

Lors de l'entretien, M. Li a rappelé que Geely et Volvo étaient deux sociétés distinctes. Il a dit que Volvo peut tirer avantage du solide réseau de vente Geely en Chine, tandis que de son côté Geely peut apprendre de Volvo comment construire des voitures meilleures et plus sûres.

L'ambition internationale de Geely pourrait peut-être s'appuyer sur Volvo moins que prévu à l'origine. Geely, une jeune entreprise chinoise de taille moyenne fabricant des automobiles, a acheté Volvo pour 1,5 milliards de Dollars US, moins du tiers de ce qu'avait payé Ford pour acheter la société suédoise en 1999.

« Li a besoin d'apprendre à parler à la base avec les anciens patrons de Volvo », a dit Zhou Xiaolin, professeur mais aussi Président de l'Association de Coopération Economique et Technologique Internationale de Shanghai.

« Pour un entrepreneur venant d'un marché émergent, c'est très difficile d'arriver à dominer dans un groupe de vieux briscards de l'automobile », a-t-il dit. « Ca va être difficile à changer, même si Li Shufu est maintenant à la place du conducteur et qu'il a eu des performances impressionnantes ».

Les entreprises chinoises ont déversé 40,5 milliards de Dollars US d'investissements directs dans 2 570 sociétés étrangères lors des dix premiers mois de cette année. Et la plupart d'entre elles découvrent les problèmes sous-jacents qui sortent comme le diable de sa boîte à peine l'encre du contrat a-t-elle séché. Dans certains cas même, elles manquent de la confiance nécessaire pour éclaircir leurs stratégies commerciales fusionnées.

Depuis les réseaux américains de gaz, canadiens d'énergie et brésiliens d'électricité, les entreprises chinoises se sont étendues assez répidement. Ainsi, d'après la Banque Mondiale, les acheteurs chinois ont représenté cette année, jusqu'à aujourd'hui, un dixième de la valeur des transactions transfrontières.

A la fin de l'année dernière, plus de 12 000 entreprises chinoises avaient établi 13 000 branches directes à l'étranger, avec des actifs étrangers valant plus de 1 000 milliards de Yuans (150 milliards de Dollars US), d'après le Bureau National des Statistiques.

Rien que pour 2009, environ un quart des investissements chinois à l'étranger sont allés vers l'acquisition ou l'investissement dans des sociétés étrangères du secteur des resources. Quant au reste, quelque 16% sont allés dans le secteur des services d'affaires, 19% vers le commerce de détail et 4% vers les industries manufacturières.

Pour beaucoup d'entreprises chinoises ayant des ambitions aggressives vers l'étranger, la courbe d'apprentissage est assez raide.

Bai Ming, Vice-directeur et chercheur invité à l'Académie Chinoise de Commerce International et de Coopération Economique, qui dépend du Ministère du Commerce, les entreprises chinoises font souvent face à des conflits financiers et du travail sur les marchés étrangers.

« Certains pays essaient avec force d'attirer les investisseurs chinois », dit M. Bai. « Mais ils ne font pas grand chose pour expliquer, quand ils n'essaient pas parfois de dissimuler les risques ou les chausse-trappes que peuvent comporter les accords ».

Par exemple, les entreprises chinoises peuvent tout à coup découvrir que les sociétés en question sont plus endettées que ce qui n'avait été dit à l'origine, qu'elles peuvent avoir un personnel rétif, mécontent du changement de direction, ou qu'elles opèrent dans un environnement gouvernemental où il est difficile d'embaucher du personnel.

« Certains investisseurs n'ont jamais anticipé ce genre de problèmes, et les problèmes peuvent s'envenimer, grossir et finalement entraver les plans d'expansion mondiale », a dit M. Bai.

Et contrairement à ce que l'on pourrait penser, la crise financière n'a pas arrangé les choses. Dans un climat difficile, où les fortunes fondent comme neige au soleil et où le chômage est élevé, il est difficile d'établir la confiance. Tout le monde est sur des charbons ardents.

Dans le passé, de nombreuses incursions chinoises à l'étranger n'arrivaient qu'après qu'une entreprise chinoise et une entreprise étrangère avaient fini par se connaître mutuellement après des années de coopération. Cela donnait aux sociétés chinoises le temps de tâter le terrain.

Mais la crise financière a mis de nombreuses entreprises étrangères dans une position délicate, et l'attrait des prix bas a encouragé certains investisseurs chinois à se lancer dans le vide avant même d'avoir regardé où ils mettaient les pieds.

« Et ça, c'est dangereux parce qu'il est difficile de sortir d'accords de fusion ou d'acquisition s'ils ne fonctionnent pas », a dit M. Bai. Aussi conseille-t-il aux investisseurs chinois de prendre leur temps et d'examiner une société à la loupe avant de procéder à la moindre fusion ou acquisition.

Et, a-t-il dit, si les entreprises chinoises ayant une ambition mondiale travaillent ensemble et avec des responsables gouvernementaux pour présenter un front uni quand il s'agit de discuter, cela peut aussi aider.

Par dessus tout, les investisseurs chinois peuvent apprendre auprès des sociétés multinationales qui réussissent en Chine. Ces entreprises ont trente ans d'expérience dans l'implantation sur des terres étrangères, où les cultures, la force de travail, le droit du travail et les restrictions gouvernementales sont souvent très différents.

Et enfin, jusqu'à un certain point, l'attitude aussi est importante. Le patron de Geely, Li Shufu, conseille ainsi aux entreprises qui veulent acheter une société étrangère de le faire « de manière légale, correcte et respectueuse ».

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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