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Français>>OpinionMise à jour 24.06.2010 17h23
Sommet G20 à Toronto : faut-il secourir l'euro ou bien Obama ?

L'équilibre de l'économie mondiale et la croissance économique durable constituent toujours des sujets clés de discussion lors du Sommet du G20 qui va s'ouvrir à Toronto, mais il subsiste pas mal de divergence de vues, parmi les pays développés de l'Europe et de l'Amérique, quant à la réalisation de ces objectifs.

Doit-on continuer à appliquer la politique de stimulation financière de grande ampleur ou bien faut-il commencer une retraite stratégique ? Est-il nécessaire de réduire le déficit budgétaire ? Le versement de la taxe sur les transactions financières doit-il être obligatoire ? Face à tous ces problèmes-là, l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis ont chacun des opinions diamétralement opposées.

La poursuite de la « stimulation » sera fatale pour l'euro, tandis que le « retrait » immédiat sera funeste pour Obama.

Il semble que la crise financière internationale qui a éclaté en fin 2008 commence à s'éloigner petit à petit, alors que les nuages sombres de la crise de la dette souveraine en Europe continuent à planer au-dessus du Sommet du G20 à Toronto.

Pour les pays de l'UE, ils pensent que pour faire face à la crise financière, les gouvernements de tous les pays ont appliqué une politique de stimulation financière extrêmement expansive, ce qui fait que la crise des pertes survenues dans des secteurs privées a été déplacée vers les secteurs gouvernementaux. A cet effet, l'endettement élevé et le haut déficit provoqueront inévitablement l'éclatement général de la crise dans les secteurs publics. La « crise d'endettement », qui tire son origine de la Grèce et qui a tendance à s'étendre, en est un exemple typique.

C'est pourquoi les pays de l'UE pensent et insistent que les pays membres du G20 doivent procéder immédiatement à la remise en ordre de leurs finances pour pouvoir réduire le déficit.

Le Canada, en tant que pays qui préside et coordonne le sommet, donne son soutien à l'UE en appuyant ses idées et ses opinions.

Le Premier ministre canadien Stephen Harper a publié le 18 courant une lettre adressée aux chefs d'Etat et de gouvernement des pays du G20, dans laquelle il est lancé un appel aux dirigeants de tous les pays de faire des efforts pour parvenir à un accord qui fixe 2013 comme l'année pour que le déficit budgétaire soit réduit de moitié, pour qu'en même temps, le taux des dettes gouvernementaux par rapport au Produit intérieur brut soit stabilisé ou bien pour qu'il s'engage dans la voie de descente avant l'année 2016, ce qui permettra alors de dissiper les facteurs indéterminés de la croissance économique ainsi que le risque de la fluctuation financière.

Cependant, les Etats-Unis, la plus grande et la plus importante entité économique du monde, n'approuvent pas cette idée-là.

Le même jour, c'est-à-dire le 18 juin, la Maison Blanche a publié une lettre du Président américain Barack Obama adressée également à tous les dirigeants des pays du G20. La lettre lance un appel aux autres principaux pays industrialisés, et surtout aux pays européens, à ne pas appliquer une politique financière austère à l'excès, mais « à fournir un soutien politique nécessaire à la croissance vigoureuse de l'économie ».

Le Président Obama indique dans la lettre : « Nous avons déjà fourni de grands efforts pour réaliser le redressement économique et ce n'est le moment, maintenant, de faire les choses à moitié ni de s'arrêter à mi-chemin. ».

Des analystes ont indiqué de leur côté que la position prise par chaque pays dépend de sa situation économique intérieure. En ce qui concerne les Etats-Unis, leur relèvement économique s'effectue lentement et surtout le taux de chômage à deux chiffres qui persiste et qui ne connaît pas une amélioration sensible. S'ils appliquent maintenant une politique financière d'austérité, le taux de chômage risque alors de grimper dangereusement, ce qui plongera le gouvernement Obama ainsi que les Démocrates dans une situation extrêmement difficile juste au moment des élections intermédiaires tenues en novembre prochain.

Quant à l'Europe, la crise de la dette souveraine, qui a été presque « fatale » pour la Grèce, a donné en fait un sévère avertissement aux autres pays européens : le déficit budgétaire sans restriction causera définitivement la perte de l'euro et la « stratégie de Lisbonne » établie par l'UE en vue de construire une « entité économique la plus compétitive du monde » partira alors en fumée et ses espoirs s'évanouiront et seront peut-être réduits à néant.

Perception d'une taxe à l'encontre des institutions financières : la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne pour ; les Etats-Unis, le Canada et les quatre pays du BRIC contre.

Le problème de la taxe bancaire sera soulevé lors du Sommet.

Devant le problème de perception d'une taxe à l'encontre du secteur financier, l'Europe est en avance et a fait les premiers pas. Le 22 juin, le Chancelier britannique de l'Echiquier George Osborne a dévoilé devant une Chambre des communes électrisée le « budget inévitable » qui prescrit une taxe à l'encontre des banques britanniques : il sera instauré pour les banques un caution de risque annuelle dont le point de départ sera fixé à 0,04 points, ce qui permettra au gouvernement d'augmenter chaque année ses recettes de deux à trois milliards de dollars US. Quant à l'Allemagne et à la France, elles ont également annoncé leur décision d'introduire une taxe bancaire dans leur prochain exercice budgétaire.

Ces trois pays européens ont exprimé leur souhait de voir le présent Sommet G20 prendre une décision sur l'extension de la taxe bancaire jusqu'à l'ensemble des principales entités économiques du monde. A cet effet, ils ont publié le 22 courant une déclaration commune demandant le lancement de la taxe bancaire « afin d'assurer que les banques puissent apporter de façon appropriée leur contribution permettant d'amoindrir le risque financier dans le secteur » et en même temps c'est pour les encourager à diminuer les transactions spéculatrices et pour réduire autant que possible l'éclatement de grandes crises. Les trois pays ont indiqué en outre que le quota de perception peut ne pas être le même compte tenu des cas différents des pays, mais que le système de perception fiscale instauré à l'échelle mondiale sera un moyen efficace pour prévenir l'apparition d'autres crises financières internationales et c'est justement pour cela qu'ils veulent à tout prix appliquer cette taxe.

D'après l'approche européenne, la taxe bancaire vise sans aucun doute à déplacer l'argent des banques et le faire entrer dans la poche du gouvernement, ce qui permettra à ce dernier, si par hasard il se produit des problèmes dans le secteur financier, d'utiliser le moins possible l'argent du contribuable pour secourir et sauver les banques. Toutefois, l'unité dont a fait problème l'UE sur le problème de la taxe bancaire n'a pas obtenu l'approbation des principaux acteurs du système financier international.

Le Premier ministre canadien Stephen Harper a indiqué que la situation est différente au sein de la communauté internationale et chaque pays a son cas particulier. Au Canada, par exemple, les banques n'ont pas connu de grands problèmes lors de la crise financière internationale et le gouvernement canadien n'a pas eu besoin d'utiliser l'argent des contribuables pour éteindre le feu. Dans le cas où la taxe bancaire serait généralisée, ce serait alors un traitement inéquitable et injuste envers ces banques-là.

Pour le Président américain Barack Obama, ce qui l'inquiète et le préoccupe c'est un autre problème. Bien que le gouvernement américain ait renforcé le contrôle et la supervision sur le secteur bancaire, mais il continue à souligner l'importance d'adopter et d'appliquer une politique de stimulation active. Ce qu'inquiète la partie américaine c'est que le retrait brusque et trop rapide des mesures de stimulation économique pourraient peut-être ébranler les succès déjà obtenus dans le relèvement économique du pays en refrénant et stoppant la croissance de la demande et de l'emploi. Au début de cette année, le Président Obama a suggéré de percevoir à l'encontre du secteur financier un certain frais de stabilité financière de 0,15%. Mais, ce projet de loi est pour le moment en suspens et laissé de côté et il y a peu de possibilité qu'il serait approuvé.

Le premier Vice Premier Ministre russe Igor Ivanovich Shuvalov a déclaré explicitement le 23 juin que le Président russe Dmitri Medvedev et le gouvernement russe ne soutiennent pas la proposition au sujet de la perception de la taxe bancaire.

Un représentant du gouvernement indien a indiqué que la perception de la taxe bancaire ne convient pas à l'Inde qui dispose d'un système financier relativement sain.

Quant à d'autres entités économiques, dont la Chine et le Brésil, elles ne soutiennent l'idée d'étendre la perception de la taxe bancaire à travers le monde.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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