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Français>>OpinionMise à jour 04.05.2010 16h22
Pourquoi les nouveaux riches de Chine sont aussi détestables

Le célèbre écrivain américain F. Scott Fitzgerald avait eu un jour cette phrase célèbre « Les riches sont différents de vous et moi. Ils possèdent et profitent de ce qu'ils ont tôt, et cela leur fait quelque chose. Cela les met à l'aise quand nous sommes dans la peine et les rend cyniques quand nous croyons ». Il parlait des riches américains, en particulier les nouveaux riches, des années 1920, que les livres d'histoire ont retenu comme « Les Années Folles ». Mais ses mots sonnent aussi vrai pour les riches de la Chine d'aujourd'hui, et surtout leurs enfants.

La rapide croissance économique chinoise, couplée avec la déclaration de Deng Xiaoping « s'enrichir, c'est très bien » a provoqué l'éclosion de nombreux millionaires et même de milliardaires. Ces gens-là sont maintenant largement acceptés et font étalage de leur fortune sans vergogne.

Wang Zhongjun est l'un d'entre eux. Producteur de films à succès comme « Le Royaume Interdit » (2008), on dit qu'il conduit une Mercedes argentée et une Ferrari rouge, qu'il possède une maison de 6 000 mètres carrés au Nord de Beijing avec une collection d'objets d'art valant 30 millions de Dollars et possède une écurie de 60 chevaux en Irlande et dans le Kentucky.

Et des exemples de consommation et d'arrogance aussi visibles sont légion. A la fin de l'année dernière, une jeune fille d'une famille riche de Chongqing a littéralement dépensé des millions pour accueillir chez elle son chien. Et plus récemment, des blousons dorés ont organisé des courses de voiture à Nanjing, perturbant sans arrêt la vie des habitants.

Un grand nombre de ces jeunes hommes riches sont loin d'être des parfaits gentlemen, ce qui n'empêche pas de nombreuses jeunes filles de rêver de les épouser. Une récente enquête a ainsi montré que 60% des jeunes étudiantes d'université souhaitent épouser un fu'erdai (富二代), ou jeune riche de la deuxième génération.

Et plus d'un média semble aussi être impressionné par ces riches, et le récent film « Go Lala Go », en est un parfait exemple.

Dans mon pays, les Etats-Unis, on adore les riches depuis belle lurette. Et, ce qui n'a rien de surprenant, les rejetons des familles américaines riches trouvent souvent normal que les règles de base du comportement humain ne s'appliquent pas à eux. A ce sujet, les peccadilles des enfants de la troisième génération des Kennedy viennent facilement à l'esprit, et plus encore les récentes actions plus répugnantes encore de Neil Bush.

Cependant, les vieilles familles riches américaines fixent ordinairement des objectifs élevés à leurs enfants. Les parents sont prêts à aider leurs fils et filles à atteindre ces objectifs, mais ils attendent en revanche d'eux qu'ils étudient et travaillent dur pour réussir. Ainsi, plutôt que d'occuper une place en haut d'une des sociétés de la famille, l'ancien Président des Etats-Unis George H. W. Bush est-il entré dans le monde du pétrole après avoir été diplômé de Yale. Et bien qu'il ait reçu l'aide de ses parents, rien ne contredit le fait qu'il ait fait preuve de grandes aptitudes en affaires.

Ce n'est hélas pas le cas avec les enfants des nouveaux riches de Chine. En Chine, avoir des relations compte encore plus qu'en Occident, aussi ces gosses peuvent-ils toujours compter sur les guanxi (关系,relations) de Papa pour effacer leurs incartades éventuelles. Et tandis que de nombreux enfants chinois souffrent du syndrome du « Petit Empereur », le problème est encore plus aigu s'agissant des enfants de riches. Leurs parents disposent de tout l'argent nécessaire pour les chouchouter et pour combler tous leurs rêves, même les plus extravagants, comme dépenser des millions pour accueillir un chien à la maison.

J'ai encore un souvenir très vif d'une de ces « Petites Impératrices » l'année où j'ai enseigné l'anglais à la Deuxième Université des Langues Etrangères de Beijing. J'ai appris que son père était vice-président d'une grosse entreprise. Cette jeune demoiselle n'avait donc pas besoin d'étudier dur, et donc elle passait son temps en cours à lire des magazines de mode sud-coréens et japonais.

Mais fort heureusement, la Chine ne compte pas sur les enfants de familles riches pour trouver ses futurs leaders dans le domaine des affaires, du gouvernement et des arts. Car au contraire des familles américaines moins aisées, leur homologues chinoises tiennent toujours l'éducation en haute estime et poussent leurs enfants à réussir leurs études.

Mes deux meilleures étudiantes à l'Université des Langues Etrangères venaient justement de milieux modestes. L'une venait de Xi'an, capitale de la Province du Shaanxi, où ses parents tenaient une petite boutique de matériel informatique. L'autre était fille d'un agriculteur de la Province du Shandong. Toutes les deux travaillaient incroyablement dur, plus dur encore que 99% des étudiants des universités américaines. La fille de Xi'an fait maintenant un doctorat en économie à la Peking University, tandis que celle du Shandong fait des études de master en traduction à la meilleure université des langues étrangères de Chine, l'Université des Etudes Etrangères de Beijing.

Je suis fier de ces deux exceptionnelles jeunes femmes, et j'espère que la Chine pourra garantir à d'autres enfants moins favorisés des occasions similaires.

Cependant, l'accès à une éducation supérieure est à présent menacé par des frais de scolarité en forte croissance, tant dans les lycées que dans les universités. En fait, les frais d'études dans les universités ont connu une croissance exponentielle ces dernières années. Si ce problème n'est pas traité, l'indolence des jeunes riches de Chine risquera de créer des problèmes autrement plus graves que les gros titres des journaux sur les frasques de cette jeunesse dorée.

L'auteur est un citoyen américain, formateur en entreprise en Chine.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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