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Français>>OpinionMise à jour 04.05.2010 13h26
John Hennessy : il faut à la Chine au moins vingt ans pour pouvoir établir des universités de classe mondiale

Quelles sont en fait les disparités et les insuffisances entre les universités chinoises et les universités de classe mondiale ? Lors d'une interview exclusive accordée à un journaliste, le président de la prestigieuse université de Stanford John Hennessy a indiqué que le problème actuel pour la Chine c'est que dans le développement de l'enseignement supérieur, au lieu de consacrer ses efforts à accroître sans cesse le nombre des grandes écoles, elle doit accorder plus d'importance à l'amélioration de la qualité de l'enseignement dans les universités existantes, et il lui faudra alors au moins vingt ans pour pouvoir établir effectivement des universités de classe mondiale.

C'est le moment pour les universités chinoises de prendre en considération l'amélioration de la qualité de l'enseignement.

Xu Zhihong, membre de l'Académie des Sciences de Chine et ancien recteur de l'Université de Beijing, a affirmé que jusqu'à présent, aucune université chinoise n'a atteint la dimension d'une université de classe mondiale. Ses propos à ce sujet-là ont suscité depuis un certain temps de vifs et animés débats. Quant à John Hennessy, il pense que les défauts et les écarts entre les universités chinoises et les universités de classe mondiale consistent principalement dans la qualité de l'enseignement. Au cours des vingt à trente ans passés, a-t-il indiqué, les établissements d'enseignement supérieur chinois accordaient trop d'importance à la croissance du nombre des étudiants et maintenant, il est temps pour eux de prendre en considération l'amélioration de la qualité de l'enseignement. En vérité, il y a seulement un très petit nombre d'universités qui peuvent être considérées comme les meilleures du monde, alors que pour la Chine, il lui faut au moins vingt ans, voire même cinquante ans, pour pouvoir établir des universités de classe mondiale. Dans ce domaine-là, elle peut s'inspirer de l'exemple du développement de l'Université de Stanford., laquelle, dans les années 50 du 20ème siècle, n'était aucunement une école supérieure de réputation mondiale. Il lui a fallu seulement vingt ans pour atteindre le niveau mondial et pour accéder aux rangs des meilleures universités du monde. Sa réussite a été due principalement à trois raisons : la première, c'était compter pleinement sur les ressources et le soutien accordés par le gouvernement ; la deuxième, c'était de développer en premier les disciplines scientifiques d'importance, dont l'ingénierie, l'informatique, le logiciel, ainsi que les sciences médicales et pharmaceutiques ; la troisième ; c'était la construction de Silicon Valley, ainsi que l'établissement de liens étroits et particuliers entre lui et les entreprises.

Les deux principaux défauts des universités chinoises.

S'il faut indiquer les « imperfections » des universités chinoises, selon John Hennessy, il y en a les deux suivantes : la première, c'est que dans l'établissement du programme d'études, ce sont principalement des cours et des conférences, alors qu'il y a très peu de discussion et de débat par groupe, ce qui porte préjudice gravement à la réflexion et à la pensée des élèves qui ne peuvent pas obtenir des résultats appréciables. Il y a un assez grand nombre de jeunes Chinois qui étudient à l'Université de Stanford. Au début, ils n'osent poser des questions ni émettre des doutes, mais en constatant que leurs camarades d'étude provoquent souvent les enseignants et les professeurs en leur posant des questions difficiles à répondre ou en indiquant leurs erreurs, ils changent petit à petit leur comportement et deviennent plus actifs, plus animés et plus dynamiques ; la deuxième, c'est que dans les écoles supérieures en Chine, on demande trop tôt aux élèves de choisir leurs spécialités. Il est difficile à un étudiant de 18 ans de connaître parfaitement les cours donnés dans une université et encore de se prononcer sur ce qui l'intéresse ou ce qu'il désiré le plus apprendre. Et si c'est à ce moment-là qu'on lui demande de choisir sa spécialité, ce qui lui donne l'idée de sa future profession et limite en même temps son champ visuel. D'après John Hennessy, l'enseignement du cours normal n'a pas pour but de donner une vision à l'étudiant de son premier emploi, mais de son deuxième, son troisième emploi et une base de toute sa carrière dans les vingt à trente ans à venir. Il y a en plus des écoles professionnelles qui se chargent de former et de développer la capacité professionnelle de leurs élèves, et c'est là une autre question qu'il faut discuter à part.

Même pour les meilleures universités, elles ne peuvent être parfaites en toute chose.

Pour John Hennessy, l'excellence et la perfection constituent le sens de valeur clé d'une université. Car, a-t-il ajouté, on souhaite toujours que tout ce qu'on fait soit exécuté de façon excellente et parfaite. Toutefois, il est impossible qu'on réalise la perfection et l'idéal dans chaque domaine, car les ressources sont insuffisantes pour cela. C'est pourquoi le plus important c'est de chercher et de trouver les choses essentielles et cela est un principe qui peut être utilisé dans chaque pays. C'est à peu près la même chose qui se passe à l'Université de Stanford qui, autrefois, était dotée de la discipline d'infirmiers et celle de l'architecture. Mais, dans les années 60 du siècle dernier, celles-ci ont été fermées et annulées du fait de l'insuffisance de ressources garantissant le développement excellent et parfait de ces deux disciplines. Il y a encore une autre possibilité, c'est qu'il est difficile d'obtenir la perfection dans un certain domaine, mais qu'il est constaté en même temps qu'il est impossible de le renoncer et qu'il faut le mener à bien à tout prix. Dans ce cas-là, il serait nécessaire alors de recourir à certaines nouvelles tactiques visant à réorganiser et à reconstruire ce domaine-là. Une nouvelle direction serait peut-être nécessaire et elle serait suivit d'un très bon programme stratégique et ce serait seulement ainsi qu'on pourrait garantir que tout notre investissement et toutes nos ressources ne seraient pas gaspillés.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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