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Français>>OpinionMise à jour 29.04.2010 14h45
Il faut considérer avec sérénité la deuxième visite d'Etat en Chine du Président français

Le Président français Nicolas Sarkozy, à la tête d'une importante délégation composée de membres du gouvernement et de chefs de grandes entreprises, a commencé le 28 avril sa deuxième visite d'Etat en Chine depuis son ascension en 2007 au pouvoir suprême de la République française. Ce qui est intéressant, c'est que le lendemain, c'est-à-dire le 29 avril, il est prévu que le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso arrive également en Chine pour y effectuer une visite, et cela donne l'impression que la première a un certain goût de se mettre en vedette. Mais de toute façon, le choix de cette opportunité pour une visite en Chine montre l'importance accordée par la partie française à ses relations avec la Chine.

Si l'on considère la publication le 1er avril 2009 du communiqué de presse conjoint sino-français comme un tournant pour le réchauffement des relations entre la Chine et la France refroidies et tombées au plus bas point à un certain moment, alors la présente visite de Nicolas Sarkozy signifie sans nulle doute le rétablissement complet et total des relations sino-françaises. Toutefois, compte tenu de la leçon due aux accrocs et des complications dans les rapports entre les pays depuis la prise de fonctions de ce dernier, il faut considérer sa visite avec sérénité et ne pas trop y compter et il faut prendre soin et « entourer d'attention » ces relations quelque peu vulnérables.

Premièrement, dans la période post-crise, la stratégie française d'appui sur la Chine devient plus évidente. La Chine, en tant que représentante des pays émergents, revêt une certaine valeur pour la France, qui en approfondissant ses relations avec elle, peut accroître sa position et son influence dans le monde et lui servir comme un « exemple » pouvant l'aider à développer ses relations avec les autres puissances émergentes. Ce qui est plus important encore, c'est que les deux pays ont une position semblable sur de nombreux problèmes internationaux d'importance, dont le redressement de l'économie mondiale, la réforme du système monétaire international et le renforcement du contrôle financier. Quant à certains autres problèmes, la France désire avoir l'appui et le soutien de la Chine.

Deuxièmement, la France a grand besoin de la Chine sur le plan économique et commercial. Selon les statistiques établies par la Douane chinoise, le volume global import-export entre la Chine et la France a atteint en 2008 38,9 milliards de dollars, ce qui est au quatrième rang parmi les vingt sept pays membres de l'UE, alors que pour les douze pays qui ont adhéré par la suite à l'UE, dont la Pologne, leur volume total import-export avec la Chine est seulement de 38,3 milliards de dollars US. On apprend que lors de la présente visite en Chine de Nicolas Sarkozy, les deux pays continueront à signer plusieurs accords de coopération. Bien que la partie française désire minimiser l'aspect économique de cette visite tout en insistant sur son importance politique, mais la vingtaine de personnalités importantes du milieu commercial français qui accompagnent le Président ne peut dissimuler l'importance économique de cette visite.

Troisièmement, l'approfondissement des relations franco-chinoises ajoutera des notes à la capacité de gouvernance de Nicolas Sarkozy. En mars dernier, il s'est déroulé en France deux tours de l'élection régionale qui se tient tous les six ans et celle-ci était la dernière élection à l'échelle nationale avant l'élection présidentielle et l'élection législative qui auront lieu en 2012, et c'est la raison pour laquelle tous les partis politiques français lui ont accordé une importance particulière et ont déployé tous leurs efforts pour la gagner. Quant à l'Union pour un mouvement populaire (UMP) qui est un parti politique de droite et de centre-droit dont fait partie l'actuel Président français, elle a connu une grande défaite qui l'a réveillé et rendue plus lucide. Depuis que Nicolas Sarkozy a pris le pouvoir en 2007, il a appliqué énergiquement diverses réformes économiques et sociales qui ont porté atteinte aux intérêts de nombreux électeurs. D'autre part, la crise financière et économique internationale a produit ses effets en France dont le taux de chômage a battu tous les records et le mécontentement des diverses couches de la société s'est accentué de jour en jour. Pour se débarrasser de la situation difficile due à la défaite électorale de son parti, Nicolas Sarkozy est obligé non seulement de procéder à des changements de sa politique intérieure, mais également à essayer de remporter certains succès de sa politique extérieure et l'amélioration des relations avec la Chine lui est certainement profitable et l'aidera évidemment à gagner des notes pour sa politique diplomatique.

Quatrièmement, se servir de la Chine pour équilibrer les relations avec les Etats-Unis. La « volonté française » qui désire toujours jouer un rôle dirigeant sur la scène internationale ainsi que les défauts du modèle américain dévoilés par la crise financière internationale font que Nicolas Sarkozy, après sa prise de fonction en tant que Président de la République française, maintient intentionnellement une certaine distance avec les Etats-Unis. D'autre part, la position politique affichée par le Président américain Barack Obama, qui veut à tout prix accroître les emplois et augmenter les exportations vers l'extérieur, aggrave certainement la rivalité entre les Etats-Unis d'un côté et les pays européens de l'autre côté avec la France et l'Allemagne à leur tête dans leur dispute pour arracher et contrôler le marché mondial. Dans les relations triangulaires Chine – Etats-Unis – Europe, il est certain que la France se penchera vers la Chine à laquelle elle sollicite un « soutien stratégique ».

Compte tenu de la propension politique pragmatique qu'adopte toujours le Président français, il est difficile de prévoir s'il ne créerait pas, au cours des deux années à venir de son mandat, « d'autres difficultés » qui perturberont le développement des relations sino-françaises. Toutefois, ce qui est certain, c'est que quelque soient les difficultés et les problèmes qui surgiront dans les relations entre la Chine et la France, la seule issue pour les deux pays, c'est d'avancer la main dans la main.

(Auteur de cet article : Yu Xiang, savant au Département d'études sur l'Europe de l'Institut de recherches sur les relations internationales modernes de Chine)

Visite du président français en Chine

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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