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Français>>OpinionMise à jour 27.04.2010 10h52
Serait-il trop tard pour s'implanter sur le marché chinois?

Est-il trop tard pour entrer sur le marché chinois? Les entreprises étrangères considéraient depuis longtemps ce pays avec une population de 1,3 milliards d'habitants comme une manne économique potentielle. Cependant, celles d'entre elles, qui n'ont pas encore passé à l'action, auraient-elles raté leur chance?

Certes, il y a des signes indiquant que le marché chinois est en train de devenir moins accessible pour les entreprises étrangères qui désirent s'y implanter.

Les entreprises chinoises, en particulier dans des secteurs clés, comme les technologies, font mieux face à la concurrence des entreprises étrangères et ont une position plus solide sur le marché intérieur.

Les entreprises publiques chinoises, qui ont grandement bénéficié du plan d'aide à la relance de 4 trillions de yuans, semblent avoir pour la première fois une position vraiment imprenable.

Il y a également un sentiment parmi certains membres de la communauté des affaires que les règlements et les règles commerciales sont appliqués d'une manière sélective et restent à l'avantage des entreprises chinoises.

Se pourrait-il que ceux, qui se sont implantés en Chine il y a 5 ou même 10 ou 20 ans, ont été les plus chanceux et sont aujourd'hui les mieux placés pour bénéficier de tous les avantages que propose ce marché?

Edward Tse, président du cabinet de conseil et de gestion Booz & Co basé à Hongkong, admet qu'il y a eu récemment une certaine nervosité parmi les sociétés étrangères à ce sujet.

«Je pense qu'il y a eu beaucoup de discussions parmi les entrepreneurs internationaux sur la façon dont les entreprises internationales perçoivent le marché en Chine », a-t-il indiqué.

Mais il a ajouté que de nombreuses entreprises étrangères n'ont presque plus d'autre choix que de s'implanter en Chine, car c'est un pays, qui est en train de devenir vraiment le marché clé du XXIe siècle.

« La grande majorité des entreprises dont je m'occupe considère ce pays comme l'un des plus importants marchés du monde, si ce n'est pas le plus important », a-t-il ajouté.

« Pour la plupart des entreprises étrangères, la question, ce n'est pas de savoir s'il faut ou pas s'implanter sur le marché chinois, l'important, c'est d'avoir la bonne stratégie pour le faire en Chine. »

Depuis le lancement de la réforme et de l'ouverture en 1978, le nombre d'entreprises étrangères en Chine a augmenté jusqu'à près de 435 000, selon l'Administration d'Etat pour l'Industrie et le Commerce.

Environ 480 entreprises sur les grandes entreprises mondiales, faisant partie de Fortune 500, sont maintenant implantées dans le pays.

Au début, lorsque les entreprises étrangères se sont ruées vers la Chine, il y avait très peu de concurrence sur le marché intérieur.

En 1992, il n'y avait que 140 000 entreprises privées dans le pays, alors qu'aujourd'hui on en compte près de 6,6 millions.

L'homme d'affaires américain Tom Melcher est quelqu'un qui n'a pas peur de cette concurrence et considère que ce n'est pas trop tard pour s'implanter en Chine.

Il est président des activités chinoises de la compagnie technologique américaine Zinch's.

L'entreprise, qui fournit une plate-forme d'information sur internet pour les étudiants, désirant s'inscrire dans les universités ou étant à la recherche des bourses d'études, a lancé ses opérations en Chine ce mois-ci.

«Sommes-nous arrivés trop tard? Absolument pas. La Chine, est-elle une mauvaise destination pour les entreprises étrangères? Absolument pas. C'est beaucoup plus facile de travailler ici qu'il y a 5 ou 10 ans », a-t-il dit.

Il a ajouté qu'il y a eu une amélioration considérable dans l'environnement réglementaire, et les entreprises étrangères ont désormais une bien meilleure compréhension de leur position et de leur statut.

« Le règlement en Chine est devenu beaucoup plus clair qu'il y a cinq ans. Parfois, il est clair dans le bon sens. Parfois, il est clair dans le mauvais sens. Mais ce qui est important, c'est qu'il est clair. C'est ce dont le monde des affaires a besoin », a-t-il dit.

Il a ajouté que c'est également plus facile pour les sociétés étrangères de recruter la main-d'œuvre locale et des cadres de talent, par rapport à il y a quelques années.

«Même s'ils n'ont pas eu l'opportunité de quitter la Chine, ils ont cependant une vision beaucoup plus internationale », a-t-il indiqué.

Tse de Booz and Co a affirmé que peu importe le moment de l'entrée des entreprises étrangères sur le marché chinois, ce pays a toujours été l'un des marchés étrangers les plus difficiles pour les investisseurs internationaux.

«Si une entreprise américaine s'implante en Europe ou une société européenne délocalise son activité vers les Etats-Unis, il y a des différences, mais ces différences ne sont pas aussi importantes qu'elles le sont avec la Chine. C'est le pays possédant la plus ancienne civilisation et la culture dans le monde, et la façon de faire les choses y est très différente », a-t-il indiqué.

« La Chine, ce n'est pas seulement une vieille nation. C'est aussi un nouveau pays, qui selon moi a vu le jour lorsque le dirigeant chinois Deng Xiaoping s'est rendu à Shenzhen en 1992 (quand il a appelé à la création d'une économie socialiste de marché). C'est une combinaison très étrange ».

Wu Changqi, le professeur de gestion stratégique à l'Ecole de gestion de Guanghua sous l'égide de l'Université de Beijing, a déclaré qu'il n'est pas évident d'affirmer qu'il est plus difficile de s'implanter en Chine aujourd'hui, car par le passé cela n'a jamais été facile.

« Le marché chinois n'a jamais été un marché facile pour les multinationales. Les entreprises qui sont arrivées en Chine avaient toujours eu besoin de faire un travail préliminaire considérable. Ce n'est pas facile de faire des affaires ici », a-t-il ajouté.

Wu affirme qu'il y a des domaines où il est devenu plus facile de travailler au cours de ces dernières années.

« Il y a eu beaucoup d'améliorations au niveau institutionnel. Le gouvernement est devenu plus transparent. Les fonctionnaires du gouvernement sont plus compétents et plus professionnels. La Chine aussi, dans une certaine mesure, est devenue plus intégrée dans l'économie mondiale », a-t-il indiqué.

« La vitesse du développement des entreprises en Chine est tellement rapide que ce n'est vraiment pas fait pour les timides. Vous avez besoin de beaucoup plus qu'une vision à long terme pour pouvoir réussir votre affaire en Chine par rapport aux autres marchés émergents. »

Roy Newey, directeur du conseil du groupe A4e, une entreprise de services d'aide à l'emploi pour les chômeurs, n'est pas du tout effrayé par la perspective de l'arrivée de la compagnie en Chine.

The Sheffield, l'entreprise anglaise présente déjà sur 11 marchés internationaux, espère s'implanter dans le pays bientôt.

«Je faisais partie de la mission du China-British Business Trade Council récemment et je n'ai entendu dire personne parmi les membres de la mission qu'il y aurait un manque d'enthousiasme pour faire des affaires en Chine », a-t-il indiqué.

Newey estime que l'entreprise peut fournir des services spécialisés, dont le marché chinois manque considérablement.

« Nous aidons les gens qui n'ont pas de travail à réintégrer un emploi et nous croyons que nous pourrions jouer un rôle important en Chine », a-t-il dit.

Eric Schmidt, président de China Entrepreneurs, une organisation basée à Beijing, qui renforce l'esprit d'entreprise et travaille avec un certain nombre de sociétés étrangères, a déclaré que dans certains aspects le marché chinois était plus difficile que d'autres marchés étrangers.

« Le gouvernement essaie de donner la priorité aux entreprises locales et les aide à réussir. Cela peut avoir un impact sur les entreprises étrangères, mais tout dépend vraiment du secteur d'activité », a-t-il indiqué.

« Ainsi dans d'autres secteurs technologiques, comme le secteur de l'énergie propre, il y a beaucoup d'opportunités pour les entreprises étrangères ».

Cheryl Tang, le directrice de The Beijing Axis, une société de consulting, qui travaille avec de nombreuses multinationales étrangères, principalement dans le secteur minier et le secteur des ressources naturelles, considère qu'il y a maintenant plus d'opportunités pour les petites et moyennes entreprises (PME) que pour les grandes entreprises en Chine.

« On dirait qu'il n'y a plus tellement d'espace pour les grandes entreprises en Chine. Je vois beaucoup plus d'opportunités pour les PME, qui peuvent venir ici avec des produits et des services uniques. Actuellement, nous aidons une entreprise de lubrifiants automobiles à s'implanter en Chine, et leur activité marche bien ici, parce qu'ils possèdent des produits que leurs concurrents n'ont tout simplement pas », a-t-elle dit.

Wu de l'Ecole de gestion de Guanghua a déclaré que l'un des principaux obstacles à l'entrée en Chine pour les entreprises semble disparaître. Il s'agissait de la nécessité pour les entreprises étrangères de développer des stratégies différentes pour les différentes régions du pays.

Selon lui une stratégie unique d'une entreprise pour toute la Chine aurait plus de chances de fonctionner maintenant par rapport à ce qu'il y avait avant.

« Cela défie notamment les théories traditionnelles sur l'avantage comparatif. Comme les différentes régions du pays sont en train de se développer, ils devraient développer en théorie les domaines de spécialisation dans les secteurs ou les industries particulières. Ce qui semble être le cas en Chine, qui devient de plus en plus uniforme par son niveau de développement», a-t-il ajouté.

Tse, dont le nouveau livre parlant de l'implantation sur le marché chinois, The China Strategy, vient de paraître, a indiqué pour entrepreneurs qui ne sont pas encore installés sur le marché chinois, qu'il y a des opportunités à saisir, car les entreprises établies dans le pays ne possèdent pas encore les tendances internationales et n'ont pas d'avance technologique dans certains domaines.

« Le développement de la Chine n'a jamais été un phénomène linéaire ou progressif. Il a toujours été non linéaire et les entreprises étrangères pouvaient ainsi toujours rattraper leurs concurrents, qui sont traditionnellement implantés sur le marché chinois », a-t-il indiqué.

Il a toutefois insisté sur le fait que peu importe la difficulté de l'entreprise à pénétrer le marché, les entreprises étrangères doivent toujours avoir une approche plus sophistiquée.

« Vous ne pouvez plus envoyer votre équipe B ou C en Chine, c'est à vous d'y aller et de dire que vous êtes une équipe. Ce n'est pas une question de les connecter sur un secteur ou de jouer avec eux. Ils ont appris à apprécier le contexte local et cela ne vient pas naturellement pour beaucoup de gens », a-t-il conclu.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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