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Français>>OpinionMise à jour 20.04.2010 13h39
La Chine s'engage à maîtriser la bulle immobilière

Se souvenant que le gouvernement américain s'était montré en désaccord avec Goldman Sachs et sa volonté de profiter d'un marché du prêt immobilier en désarroi, qui plus tard avait déclenché la débâcle du système financier américain et la grande récession qui a suivi, la Chine a retenu la leçon. Le lendemain que Beijing a été assuré que sa reprise économique solide était bâtie sur des chiffres solides comme le roc, le couperet est tombé sur les prix de l'immobilier, toujours bouillonnants.

En effet, le 15 avril dernier, le Bureau National des Statistiques a annoncé que pour les trois premiers mois de l'année, la croissance du PIB chinois avait atteint le chiffre impressionnant de 11,9%, alimenté par une forte consommation intérieure, des investissements conséquents et des exportations en hausse. Le lendemain, le gouvernement central décidait de relever le niveau de l'acompte pour l'obtention d'un prêt destiné à l'achat d'un deuxième logement de 30-40%, différent selon les établissements prêteurs, à 50%, chiffre ayant désormais force de loi.

De plus, le taux d'emprunt pour le deuxième prêt a lui aussi été relevé, passant à 1,1 fois celui du taux courant. Enfin, deux jours plus tard, Beijing a encore renforcé sa politique en encourageant les banques à refuser de prêter aux investisseurs souhaitant acheter un troisième appartement dans les grandes villes où les prix ont le plus augmenté.

Les très bons chiffres des ventes de détail de janvier à mars, en hausse de 17,8% d'une année sur l'autre, et la très forte expansion dans les domaines de la production, des investissements privés et publics et des importations, ont décidé le gouvernement à prendre enfin l'initiative. Les prix de l'immobilier, qui ont augmenté de plus de 10% pendant deux mois consécutifs en février et mars, largement considérés comme « anormaux » et contraires aux règles du marché, ont franchement irrité les nerfs à Beijing.

Il n'y a pas que les simples aspirants à l'acquisition qui sont furieux ; le vaste public est aussi en colère face à cette surprenante hausse des prix. Certains reprochent aux dirigeants « leur indifférence et leur incompétence ». D'autres analystes affirment que les prix ont été propulsés vers les sommets par des spéculateurs immobiliers qui achètent quantité après quantité d'appartements avec du liquide ou des prêts bancaires, faisant ainsi exploser le prix de vente des logements. Mais les promoteurs cupides et les gouvernements locaux ont peut-être aussi leur part de responsabilité en ayant fait monter les enchères sur le prix des terrains à construire, rendant cette hausse des prix des logements inabordable pour le salarié moyen.

Cependant, d'après les observateurs, ce n'est pas que le gouvernement n'ait pas vu ces bulles grossir dangereusement, mais plutôt qu'il a attendu le « bon moment » pour s'en occuper. Beijing craignait en effet que resserrer un peu trop prématurément le marché des actifs aurait pu entraver une reprise naissante et encore incertaine, qu'il a entretenue avec attention depuis le début de 2009.

Le Premier Ministre chinois Wen Jiaobao s'est personnellement jeté dans la bataille. Lors d'une discussion en ligne avec des internautes chinois début mars, le très érudit Premier Ministre a déclaré exécrer ces prix excessifs de l'immobilier, se souvenant des jours anciens où lui et toute sa famille, cinq personnes, vivaient dans moins de dix mètres carrés à Tianjin, dans le Nord de la Chine. Il s'est depuis engagé à faire baisser les prix. On raconte même qu'il serait entré dans une colère noire le 16 mars dernier, un jour après qu'il ait promis des mesures destinées à maîtriser les bulles immobilières lors d'une conférence de presse tenue dans le Grand Hall du Peuple suite à la clôture de la session parlementaire annuelle, le jour même où trois parcelles de terrain à usage immobilier ont été vendues à Beijing à des prix records, provoquant des torrents de critiques et de cynisme.

En tant que Premier Ministre, M. Wen connait parfaitement les conséquences catastrophiques de l'éclatement d'une bulle immobilière, tel que cela est arrivé au Japon au début des années 1990 puis aux Etats-Unis en 2008. L'urgence pour son gouvernement est d'empêcher que cela arrive, avec tous les dégâts que cela pourrait causer, en Chine. Depuis plusieurs mois déjà, les médias locaux et étrangers ne cessent de répéter que ce pays est au milieu d'une bulle immobilière qui grossit rapidement. Cela ne veut pour autant absolument pas dire que le gouvernement central n'a pas pris conscience du danger.

La Chine, à l'évidence, est en train de connaître un vaste mouvement d'urbanisation qui va accentuer la demande pour des appartements et des maisons dans la plupart des villes. L'année dernière, un chiffre record de 3 800 milliards de Yuans (550 millards de Dollars) en logements a été vendu, soit près de 80% de plus qu'en 2008, d'après les statistiques officielles. Et c'est justement du fait de cette demande considérable que le marché peut facilement devenir la proie des spéculateurs, qui raflent les logements dans l'espoir que les acheteurs potentiels seront toujours là et que les prix continueront à monter, ainsi que cela a été le cas pendant plus de dix ans. Avec pour résultat que cette manipulation des prix des logements dans des villes comme Shanghai et Beijing a atteint le niveau de New-York, Londres ou Hong Kong.

Mais la plupart des économistes pensent que ce marché de l'immobilier chauffé à blanc ne pourra continuer ainsi très longtemps, car tout marché sain doit être basé sur la consommation réelle, et non sur la spéculation et la manipulation orchestrée par une poignée de spéculateurs avides de gros profits. Les dernières et fortes mesures adoptées par le gouvernement, hausse du niveau de l'acompte et des taux d'emprunt, fermeture de la porte auparavant ouverte à l'achat d'un troisième, ou davantage, logement, vise clairement à combattre la spéculation et à décourager l'investissement. L'avenir nous dira quel seront les impacts de ces mesures.

Et si ces flambeurs s'avisaient à acheter davantage de logements avec du liquide, dans un ultime espoir pour contrôler le marché et faire monter encore les prix, il semble que le gouvernement ait gardé en réserve d'autres munitions pour leur répondre, comme imposer une taxe immobilière, pour riposter à ceux qui prendraient le risque. Mais en plus de lutter contre ce genre de comportement malfaisant, le public attend du gouvernement qu'il offre davantage de logements abordables dans le courant de cette année pour satisfaire la demande des personnes à faibles revenus et des nouveaux migrants arrivant en ville. Car après tout, il en va de la santé de l'économie chinoise.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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