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Français>>OpinionMise à jour 13.04.2010 17h18
La Turquie ne se désespère pas pour son adhésion à l'UE

Le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan, en visite en France, a été reçu le 8 courant à l'Elysée par le Président français Nicolas Sarkozy avec qui il a eu un entretien. Auparavant, le Ministère français des Affaires étrangères a insisté que les discussions entre les deux parties ne porteront que sur les relations bilatérales, ce qui laisse entendre qu'elles ne concerneront pas le problème d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE). Toutefois, la partie turque s'obstine de son côté à répéter que le problème de l'adhésion de la Turquie à l'UE est l'un des sujets importants de ses discussions avec la partie française. En fin de compte, tout comme l'a prévu l'opinion publique internationale, le résultat de la visite en France du Premier Ministre turc n'a aucunement abouti au règlement de ce problème qui l'intéresse tout particulièrement.

On peut dire que la voie de l'adhésion de la Turquie à l'UE est remplie d'accrocs, d'obstacles et de difficultés épineuses. Depuis qu'elle a présenté en 1987sa demande d'adhésion à l'UE, la Turquie n'a pu obtenir que le statut de pays candidat malgré ses efforts de vingt trois ans déployés pour cela. A partir de 1999 où elle obtint cette faveur jusqu'ici, elle s'est conformée est s'est soumise à la demande et aux exigences de l'UE en promulguant plus d'un millier de programmes de réforme politique, économique et judiciaire, mais jusqu'à maintenant son adhésion à l'Union est renvoyée aux calendes grecques. A l'heure actuelle, parmi les trente cinq domaines de négociations nécessaires à l'adhésion à l'UE, la Turquie n'en a commencé que douze.

La France et l'Allemagne, qui sont les deux plus grands et plus importants pays membres de l'UE, sont en fait les plus fermes pays qui s'opposent à « l'entrée de la Turquie au sein de l'Union européenne ». La France a suggéré en 2007 l'idée de l'établissement de l'Union méditerranéenne qui est considérée comme un projet de « remise » pour le problème de l'adhésion de la Turquie à l'UE, ce qui a pour objet de rompre définitivement le rêve de cette celle-ci. Lors de sa visite en Turquie en fin de mars dernier, la Chancelière allemande Angela Merkel a déclaré explicitement : « La Turquie pourrait devenir un pays ayant des relations de partenariat privilégié avec l'UE, mais il y a pratiquement aucune chance pour elle d'y adhérer. »

Pourquoi y a-t-il tellement de difficultés pour la Turquie de réaliser son rêve ? L'UE a donné plusieurs raisons, dont principalement « la lenteur dans l'application de la réforme », ses « problèmes avec les pays de l'UE » ainsi que « le problème Kurde ». Mais pour la plupart des analystes de la situation internationale, le problème réside principalement et réellement dans la différence du sens de la valeur, c'est-à-dire que l'UE est en fait établie sur la base de l'Union de pays qui ont une croyance commune dans la religion du christianisme, tandis que la Turquie est pays musulman fondé sur l'islam. C'est pourquoi l'adhésion de cette dernière à l'UE est confrontée non seulement à des défis concernant des problèmes politiques et économiques, mais surtout aux problèmes de la tolérance et de la coexistence entre civilisations différentes.

Le professeur américain des sciences politiques Samuel Phillips Huntington a écrit le livre « Le choc des civilisations et la reconstruction de l'ordre mondial », dans lequel il évoque le cas particulier de la Turquie en l'appelant un « pays islamique laïc et démocratique qui applique l'économie du marché ». Son propos exprime de façon juste et précise l'opinion de la société occidentale à l'égard de la Turquie, c'est-à-dire que celle-ci est en fin de compte un pays islamique. Quant au Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan, il a déclaré que si par hasard l'UE n'accepte pas la Turquie, cela veut dire alors qu'elle est « à cent pour cent un club du christianisme ». Aux yeux des Turcs, l'UE n'a pas pour le moment le courage et la résolution de recevoir en son sein un pays basé sur la croyance de l'Islam.

Après de nombreux échecs pour son adhésion à l'UE, la Turquie commence à à mettre à la recherche de davantage d'espace diplomatique à l'Orient et elle a pu ainsi obtenir un peu plus de droit à la parole pour les affaires concernant le Moyen-Orient : intermédiaire pour les négociations entre la Syrie et Israël, participation au règlement du problème irakien en tant que pays voisin de l'Irak, mise à profit de l'avantage d'un pays islamique pour participer au règlement du problème nucléaire iranien, … etc. Tous ces succès diplomatiques ont aidé la Turquie à gagner une grand estime de la part de la communauté internationale.

Après vingt trois années de discussion-marathon pour l'adhésion de leur pays à l'UE, nombreux sont les Turcs qui en ont marre et qui s'ennuient. Une enquête effectuée dernièrement par le gouvernement turc montre que seulement moins de la moitié de la population turque continue à s'intéresser à l'adhésion de son pays à l'UE et lui accorde son soutien et que le nombre des partisans à cette adhésion continue à diminuer sans cesse. Cependant le gouvernement turc campe dans sa position et demeure inflexible quant à cela. Lors de sa visite en France, le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan a lancé une invitation à Nicolas Sarkozy pour une visite en Turquie afin qu'il puisse connaître personnellement les succès remportés par le peuple turc dans la construction de son pays. Il s'obstine à déclarer que l'adhésion de la Turquie à l'UE n'apportera aucun fardeau à celle-ci et que quelle que soit le résultat, « la Turquie continuera à faire des efforts en vue d'adhérer à l'UE, excepté dans le cas où l'ensemble de ses pays membres s'oppose à son adhésion ». Il semble que malgré les difficultés et les obstacles qui se dressent devant elle, la Turquie ne se désespère pas pour son adhésion à l'UE.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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