100 chansons patriotiques/Edition du week-end/Notre site/Archives/

 
Français>>OpinionMise à jour 15.03.2010 16h21
L'UE hausse le ton face au protectionnisme américain

Il est certain que le gros contrat des avions ravitailleurs de l'US Air Force d'une valeur de 35 milliards de dollars US est assez séduisant et alléchant et au début les Américains ont affiché une attitude juste et équitable en lançant un appel d'offres auquel tout le monde peut y répondre, ce qui a suscité un grand intérêt de la part de nombreux avionneurs européens et américains qui ont éprouvé l'envie de tenter l'expérience en se posant comme candidats. Mais dernièrement, Le groupe américain d'industrie de défense Northrop Grumman et son partenaire européen le consortium EADS (European Aeronautic Defence and Space Company) ont annoncé l'un après l'autre qu'ils ne répondraient pas à l'appel d'offres du Pentagone et le Président du Groupe EADS Louis Gallois a déclaré : « En réalité, nous n'avons aucune chance de gagner ! ». Mais alors, qu'est-ce qui s'est réellement passé pour que l'avionneur américain Boeing reste seul en lice ? Certains médias disent que la raison de la victoire de ce dernier dans la concurrence c'est qu'il a l'« avantage du prix », mais qu'en est-il en réalité ? Tout en dénonçant et en condamnant le protectionnisme commercial américain, l'Union européenne (UE) a déclaré que « la chose n'en restera pas là ! ». L'affaire des avions ravitailleurs a connu incident sur incident et l'on suit de près son évolution, car de toute façon, le protectionnisme commercial est une épée à double tranchant et aucune des parties concernées ne pourrait être la seule gagnante.

Le groupe EADS, la maison-mère d'Airbus, a déclaré qu'il refuse de répondre seul à l'appel d'offres et qu'il retire à cet effet sa candidature. Sa décision a été prise dès après que son partenaire américain Northrop Grumman eut annoncé qu'il renonce à concourir en réponse au nouvel appel d'offres du ministère de la Défense américain. Le retrait de Northrop Grumman/Airbus laisse l'Américain Boeing seul en course et il devient ainsi l'unique candidat pour ce gros contrat. A cet effet, les pays de l'UE ont condamné successivement les Etats-Unis en indiquant qu'ils « appliquent de façon flagrante et impudemment le protectionnisme commercial ».

L'Union européenne –Le nouveau dossier d'appel d'offres, qui privilégie clairement le ravitailleur plus petit de Boeing, bafoue la règle de concurrence libre commerciale et se moque complètement d'elle.

Le gros contrat en question de l'achat par l'US Air Force de 179 avions ravitailleurs pour une valeur de 35 milliards de dollars figure parmi les plus grands et importants achats d'équipement militaire effectués dans toute l'histoire des Etats-Unis. Le groupe européen EADS et son partenaire américain Northrop Grumman ont décidé de collaborer et de coopérer pour répondre à l'appel d'offres et sachant que leur principal adversaire sera le gros avionneur américain Boeing.

Cependant, le déroulement de la concurrence visant à disputer et à arracher la commande des avions ravitailleurs de l'US Air Force s'est avéré difficile et complexe et les problèmes ont succédé. Tout d'abord en 2001, le gros contrat a été attribué à Boeing sans autre concurrent. Mais en 2003, le contrat lui a été retiré après le dévoilement de transactions dans la coulisse. En février 2008, le groupe EADS et Northrop Grumman se sont alliés pour concurrencer avec Boeing et à un certain moment, ils ont gagné et le contrat leur a été attribué. Mais Boeing avait contesté la décision et sous la pression de l'opinion publique américaine qui critiquait la décision de donner le gros marché à une entreprise étrangère, le Congrès américain a dû ouvrir une enquête dont le résultat a été une nouvelle annulation de l'attribution du contrat, car nombre d'élus du Congrès penchaient plutôt pour l'offre de Boeing en arguant de la préférence nationale en période de chômage élevé et il a été décidé que la Cour des comptes américaine (GAO) ordonne un redémarrage du processus d'appel d'offres. La raison pour laquelle cette fois-ci EADS a renoncé très vite à participer à la soumission c'est que dans le nouveau dossier d'appel d'offres, il a été inclus une clause nettement favorable au choix du type d'avion de Boeing. Northrop Grumman avait déjà menacé il y a plusieurs semaines de se retirer de la troisième manche en l'absence de "modification substantielle" du cahier des charges qui lui semble nettement privilégier l'offre de son grand rival Boeing, basée sur son avion 767 (plus petit que l'Airbus A330). Puis, il avait fait valoir que les critères de l'armée de l'Air, privilégiant les coûts sur la performance, lui étaient défavorables et qu'il était alors obligé de retirer sa candidature, Ce qui fait que Boeing devient le seul candidat qui reste dans la course.

Le retrait de la concurrence de l'EADS a suscité une grande préoccupation et une profonde inquiétude de la part de l'UE. Le Commissaire européen au commerce Karel De Gucht a déclaré : « C'est vraiment regrettable du fait que le Groupe EADS est réellement forte et capable, alors qu'elle n'a pas pu gagner le contrat. ». Le porte-parole de la Commission européenne a indiqué que la révision de certaines conditions de l'appel d'offres a compromis directement l'impartialité et l'équitabilité de la concurrence. François Fillon, le Premier Ministre français, a vivement critiqué cette façon d'agir protectionniste des Américains et il a indiqué que cela tourne en ridicule la règle de la concurrence libre commerciale. D'autres hauts fonctionnaires de la France, de l'Allemagne et d'un grand nombre de pays européens ont exprimé successivement leur mécontentement à cet égard et ont demandé au Commissaire européen au commerce de participer aux enquêtes, de suivre de près et d'étudier le développement de l'affaire et de se réserver le droit, en cas de besoin, de porter plainte auprès de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Lors de sa rencontre le 12 mars avec le Président français Nicolas Sarkozy en visite en Grande-Bretagne, le Premier Ministre britannique, Gordon Brown a indiqué que c'est le protectionnisme américain qui fait que le Groupe EADS est dans l'impossibilité de concurrencer avec son plus grand rival américain Boeing et qui est obligé de retirer sa candidature. Son hôte français a dit : “Ce sont des méthodes qui ne sont pas bonnes à l'endroit des alliés européens des Etats-Unis et ce sont des méthodes qui ne sont pas bonnes pour les Etats-Unis qui est une grande nation, leader, avec laquelle nous sommes proches et amis”. Gordon Brown a émis également ses regrets quant à cela en disant que tous les pays doivent appliquer le libre-échange, ouvrir leurs marchés et engager la concurrence ouverte. Quant à la presse française, elle a fait des commentaires qui disent que l'affaire des avions ravitailleurs démontre tout particulièrement le grave penchant des Etats-Unis pour le protectionnisme ainsi que le mobile politique qui est caché derrière. Elle insiste la crise aura pour résultat de refroidir soudainement les relations entre la France et les Etats-Unis et entre les deux rives de l'Atlantique.




[1] [2] [3]



Airbus retire sa candidature aux USA : l'UE critique le « protectionnisme américain »

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
La Chine soutient totalement l'Accord de Copenhague
La Chine est capable de réaliser son objectif de réduction des émissions polluantes
La Chine doit-elle déplacer ailleurs le « Made in China » ?
Modèle ou pas, la Chine suit sa propre voie
Polémique en France après le passage dévastateur de la tempête Xynthia
Pourquoi l'Occident force-t-il la réévaluation du renminbi ?
Cessez de regarder la Chine avec des oeillères !