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Français>>OpinionMise à jour 12.03.2010 11h33
Modèle ou pas, la Chine suit sa propre voie

Alors que la Chine a effectué une très bonne performance pendant la crise financière, la pire que le monde ait connue depuis la Grande Dépression des années 1930, sa trajectoire de développement, qui se résume comme modèle chinois, est devenue l'un des sujets les plus fascinants pour les économistes et les universitaires.

QU'EST-CE QUE LE MODÈLE CHINOIS?

Cette phrase est issue d'un ouvrage qui s'appelle « Consensus de Beijing » ("Beijing Consensus"), et elle est utilisée pour résumer la montée du « miracle chinois » au cours des dernières décennies. Joshua Cooper Ramo, un universitaire né aux Etats-Unis, est convaincu que la Chine avait une voie de développement qui convenait aux conditions de la nation et aux besoins de la société, car elle vise l'équité sociale et la croissance de qualité.

Son explication dans «Consensus de Beijing » indique que ce qui se passe actuellement en Chine pourrait servir de modèle non seulement pour la Chine elle-même, mais pourrait être aussi une occasion de refaire l'ensemble du développement international, de l'économie, de la société, et par extension, de la politique dans le monde.

Ramo a donné trois caractéristiques principales, qui sont les signes distinctifs du « modèle chinois », ou le consensus de Beijing, - une volonté implacable d'innover et d'expérimenter, une défense des frontières et des intérêts nationaux sans compromis, et l'accumulation très réfléchie de la projection de puissance et des outils asymétriques.

Beaucoup d'économistes ont attribué le succès économique de la Chine à une combinaison d'approches non conventionnelles du développement - une combinaison de régimes de propriété mixte, l'intervention du gouvernement à chaque étape des réformes et l'esprit d'expérimentation.

Zhang Yu, professeur à l'Ecole de l'Economie à l'Université Renmin de Chine, a indiqué que le concept du « modèle chinois », se répand aux systèmes de base et aux mesures politiques que la Chine avait adoptées dans le cadre de la réforme et de l'ouverture au cours des trois dernières décennies, notamment la réforme économique, le développement et l'ouverture économique combinée au socialisme avec des caractéristiques chinoises.

UN MODELE CHINOIS?

Dans le dictionnaire, le mot «modèle» est défini comme «une norme ou un exemple à imiter ou à comparer » Peut-on appeler « modèle » la voie de développement de la Chine?

Depuis que la Chine a entamé sa réforme et son ouverture en 1978, le pays est resté déterminé à se frayer un chemin qui est propre à lui en se servant de la méthode surnommée «traverser la rivière à tâtons ». Le sens de cet idiome, c'est de libérer l'esprit des gens, réformer et devenir innovant.

A la suite de cette idéologie, la Chine a connu une transformation d'une société fermée ou semi-fermée vers une société qui s'intègre complètement dans le paysage mondial, d'une économie agricole vers une économie industrielle et d'une économie planifiée vers une économie de marché. Par ailleurs, durant ce processus de transformation, la Chine a vraiment construit sa propre voie, a déclaré Zhou Ruijin, l'ancien rédacteur en chef adjoint du Quotidien du Peuple, le journal officiel du Parti communiste de Chine.

Au cours des trois dernières décennies, l'économie chinoise a connu un taux de croissance annuel d'environ 10%. En 2008, le pays a dépassé l'Allemagne pour devenir la troisième puissance économique mondiale après les Etats-Unis et le Japon. En 2009, elle a dépassé l'Allemagne en devenant le premier exportateur du monde.

En plus de l'essor économique, la Chine a vu réemployés 30 millions de travailleurs, qui ont été licenciés, 50 millions de paysans partis dans les villes de la campagne, et 120 millions de travailleurs ruraux qui subsistent entre les villes et les campagnes. Toutefois, «la Chine a réussi à maintenir sa stabilité pendant la transition sans connaître de véritables turbulences, ce qui fait refléter le miracle dans son modèle de développement », a indiqué Zhou.

Toutefois, Zhao Qizheng, qui est membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) et porte-parole de la session annuelle du Comité national de la CCPPC actuellement en cours, n'est pas d'accord avec le concept du modèle chinois. « Le cas de la Chine est une expression plus appropriée, car le terme « modèle » signifie quelque chose qui peut être échantillonné ou copié », a indiqué Zhao. « Cependant, la Chine n'a jamais voulu être un exemple pour qui que cela soit».

Li Junru, l'ancien vice-président de l'Ecole du Parti communiste chinois du Comité central, a fait écho du point de vue de Zhao, en affirmant que « La Chine est toujours impliquée dans le processus de réforme et de développement, et son système n'a pas été finalisé, ni mis au point complètement ».

«C'est contra-factuel et dangereux de fixer un modèle chinois dans telles circonstances », a déclaré Li, qui est également membre du CCPPC.

LA POURSUITE DE LA REFORME

Malgré les débats houleux dans le milieu universitaire, le gouvernement chinois garde un profil bas sur la question.

Ce genre de débats – « modèle ou pas » et « exportable ou non » - n'influera aucunement sur la détermination de la Chine à élaborer et poursuivre son propre cours, selon les analystes.

Martin Jacques, l'auteur de « Quand la Chine dirige le monde» ("When China Rules the World"), a déclaré que la conscience des difficultés à affronter en Chine était « très impressionnante ».

«Je pense que la Chine a été extraordinairement auto-disciplinée, consciente et attentive sur la façon dont elle s'est comportée, notamment depuis la fin des années 1970, le début de la période des réformes », a-t-il indiqué.

La psychologie aiderait le développement à long terme de la Chine, car le pays était encore en développement avec plusieurs défis et incertitudes qui lui sont posés, a-t-il indiqué.

Bien que la Chine ait réussi à récupérer, la crise financière a également révélé des problèmes qui sont profondément enracinés dans l'économie chinoise, et de ce fait, la restructuration de l'économie pour qu'elle soit plus orientée sur le marché intérieur reste une tâche urgente pour le gouvernement chinois.

« La Chine va approfondir les réformes dans les secteurs clés et s'efforcera à faire de nouvelles avancées », a déclaré le Premier ministre Wen Jiabao dans son rapport d'activité du gouvernement, qui a été présenté à l'Assemblée populaire nationale, l'organe législatif suprême du pays.

« Les réformes que nous entreprenons sont complètes, avec notamment des transformations dans les systèmes économiques et politiques, ainsi que des changements que nous effectuons dans tous les autres secteurs», a déclaré Wen.

Le Premier ministre s'attend à ce que l'année 2010 soit «une année cruciale mais complexe» pour la Chine, car le pays continue à lutter contre la crise financière tout en transformant ses modes de développement économique.

Sessions de l’APN et de la CCPPC 2010

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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