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Français>>OpinionMise à jour 05.03.2010 17h01
La Commission européenne lance la « Stratégie Europe 2020 »

Dans le contexte actuel où le problème d'endettement fait son apparition au sein de l'Union européenne, la Commission européenne a lancé officiellement le 3 mars la « Stratégie Europe 2020 », une stratégie de développement à long terme pour la décennie à venir et qui a été étudiée et préparée depuis longtemps. Son lancement vise à renforcer la confiance des pays européens pour faire face ensemble à la crise financière et à accroître continuellement la compétitivité internationale de l'ensemble de l'Union européenne dans le grand courant de la mondialisation économique. Mais jusqu'à présent il y a eu diverses réactions et le grandiose objectif décrit dans la nouvelle stratégie peut-il être réalisé, il faut attendre pour voir la suite de l'événement.

Le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso, rempli de confiance, a déclaré le 3 mars lors d'un briefing que la « Stratégie Europe 2020 » est non seulement un projet ambitieux, mais tout à fait réalisable. Après avoir reçu l'approbation des dirigeants des pays membre de l'UE, ce projet deviendra le deuxième programme décennal de développement économique dans toute l'histoire de l'UE.

Animée d'une grande ambition, l'Europe devient plus réaliste et plus mesurée.

Dix ans auparavant, pour faire face à la croissance ralentie de l'économie européenne et au défi de la révolution de nouvelles technologies dans le monde, l'UE a lancé la très ambitieuse « Stratégie de Lisbonne » dont l'objectif stratégique est de faire en sorte que l'Europe devienne en 2010 un « espace économique le plus compétitif et le plus dynamique du monde et basé sur les connaissances intellectuelles ». Cependant dans le moment actuel, on conçoit que les objectifs de la « stratégie de Lisbonne » sont loin d'être atteints et réalisés.

Pour ce qui est de la « Stratégie Europe 2020 », bien qu'elle maintienne une partie du contenu de la « Stratégie de Lisbonne », mais comparaison faite entre les deux, on aperçoit que celle de dix auparavant était beaucoup plus ambitieuse, alors que celle d'aujourd'hui est plus réaliste, plus modérée et plus mesurée. Par exemple, la première a fixé comme l'un de ses objectif une croissance économique annuelle de l'UE de 3%, tandis que dans la deuxième, cet objectif est ramené à 2%.

La raison d'un tel réajustement c'est que dix ans plus tard, on s'aperçoit qu'il est survenu de grands et d'importants changements dans l'environnement économique mondial. Comme l'a dit José Manuel Barroso, avant la crise financière internationale, le rythme de croissance économique de l'UE était déjà un peu en retard comparé aux autres entités économiques et la crise a dévoilé plus profondément et a fait apparaître au jour les faiblesses, les insuffisances et le caractère non durable du développement économique de l'UE. Pour faire face ensemble à la crise, les pays membres de l'UE, étroitement liés comme lèvres et dents et dépendant les uns des autres, doivent renforcer davantage leur coopération et leur coordination, rester étroitement solidaires, affronter ensemble les adversités et les difficultés et rester unis pour le meilleur et pour le pire. Sinon, les différends et les conflits entre membres ne pourront qu'aggraver directement les effets mauvaises et néfastes sur l'économie de toute l'Europe.

Les trois mots clés et les cinq grands objectifs.

La « Stratégie Europe 2020 » expose une vision de l'économie sociale de marché européenne pour la décennie à venir et repose sur trois secteurs prioritaires interdépendants et se renforçant mutuellement : une croissance intelligente, en développant une économie fondée sur la connaissance et l'innovation ; une croissance durable, en promouvant une économie sobre en carbone, économe en ressources et compétitive ; une croissance inclusive, en encourageant une économie à fort taux d'emploi favorisant la cohésion sociale et territoriale. Et les trois mots clés invoqués pour cela ce sont « innovation », « écologie » et « emploi ».

Ladite stratégie propose en outre cinq grands objectifs représentatifs de l'UE : le premier, 75 % de la population âgée de 20 à 64 ans devrait avoir un emploi ; le deuxième, accroître les investissements dans le domaine de recherches et de développement pour que de 1,9% du PIB de l'UE actuellement, ils passent à 3 % ; le troisième, les objectifs dits «20/20/20» en matière de climat et d'énergie doivent être atteints (les émissions du gaz à effet de serre doivent diminuer de 20µ par rapport à l'année 1990 et élever à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation globale d'énergie de l'UE) ; le quatrième, le taux d'abandon scolaire devrait être ramené au-dessous de la barre des 10 % et au moins 40 % des jeunes générations devraient obtenir un titre ou un diplôme ; le cinquième, il conviendrait de réduire de 20 millions le nombre de personnes menacées par la pauvreté. Pour pouvoir réaliser ces objectifs, la Commission européenne lance un programme de développement consistant en une série d'initiatives phares et composé de sept points.

Faut-il utiliser le « bâton » pour garantir l'application de la « stratégie » ? Les réactions sont différentes.

Le défaut de programme d'application approprié des pays membres a été considéré comme l'une des lacunes de la « Stratégie de Lisbonne ». L'UE n'a pas oublié cette leçon et cette fois-ci la Commission européenne souhaite introduire un système dit de "surveillance des pays" et lier les programmes de stabilisation fiscale aux dépenses dans les domaines favorables à la croissance tels que la R&D et l'éducation, ce qui permettra de pousser les pays membres à faire des efforts pour réaliser les objectifs concernés. C'est pourquoi la « Stratégie Europe 2020 » a non seulement formulé des suggestions concrètes à l'égard des pays membres de l'UE, elle prévoit en outre de lancer à l'encontre des pays membres qui ne font pas assez d'efforts un « avertissement politique ».

Au sein de l'UE, il y a eu différente réaction quant à cette nouvelle stratégie. La chancelière allemande Angela Merkel a écrit au président de la Commission européenne José Manuel Barroso pour lui faire part des craintes de son gouvernement à l'égard des mesures d'application, dont le fameux « avertissement politique ». Dans sa lettre, Mme Merkel explique que l'Allemagne craint que lier étroitement le succès des objectifs économiques de la stratégie à la conformité aux conditions du Pacte de stabilité et de croissance ne rende la surveillance fiscale "inutilement politique". La participation active de l'Allemagne, en tant que la plus grande et importante entité économique de l'Europe, revêt une importance majeure pour l'application de la nouvelle stratégie.

Au sein du Parlement européen, le groupe ALDE-ADLE (Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe) pense que tous les pays membres de l'UE doivent établir des objectifs claires, précis et ayant force obligatoire. On constate dans la « Stratégie Europe 2020 » une trop grande quantité de ‘carotte' et trop peu de ‘bâton'. Si un quelconque pays ne peut pas réaliser l'objectif fixé, la mesure punitive prévue par la Commission européenne sera seulement un « avertissement politique », ce qui est complètement insuffisant pour pousser et presser les gouvernements des pays membres à accomplir sérieusement les mesures pour pouvoir réaliser les objectifs.

D'après le programme, la « Stratégie Europe 2020 » sera présentée et soumise, dans la dernière décade du mois de mars, au sommet printanier de l'UE pour discussion et approbation. Il est prévu que lors du sommet de l'UE qui aura lieu en mi juin, il sera élaboré et mis au point, sur la base de la « stratégie » en question, les dispositions détaillées d'application et les objectifs concrets des pays membres. Puis, ces derniers devront remettre leur programme d'application détaillé au sommet automnal de l'UE.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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