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Français>>OpinionMise à jour 24.11.2009 16h09
Paris discute de projets de nouveau métro

Pour les dirigeants français dont l'ego surdimensionné est célèbre, il est difficile de résister à la tentation : ainsi un grand projet urbain leur assure-t-il une place de choix dans l'imaginaire populaire.

Napoléon III avait fait raser une grande partie de la capitale et l'avait fait reconstruire le long de grands boulevards clairs et nets. Feu le président Mitterrand avait ordonné, dans un geste quasi-pharaonique, la construction de la Pyramide de verre du Musée du Louvre. Le président Nicolas Sarkozy n'est pas en reste : il souhaite faire construire près de 130 kilomètres de tunnels pour un nouveau système de chemin de fer souterrain.

Paris dispose déjà d'un tel moyen de transport, c'est bien sûr le légendaire « Métro ». Mais la contribution du président Sarkozy au réaménagement de la capitale concernerait plutôt la banlieue de Paris, avec des trains assurant la liaison entre les centres d'affaires, les centres de recherche et les aéroports de la banlieue, avec un tracé de ligne en forme de « huit ».

Ce projet, d'un montant de 21 milliards d'euros (soit 31,4 milliards de dollars US), et qui fait l'objet de débats intenses, est arrivé devant l'Assemblée nationale mardi. Son but avoué est de répondre à la crise économique mondiale et de faire d'un Paris agrandi un pôle d'affaires majeur du 21e siècle.

C'est aussi le premier geste concret des plans à long terme du président Sarkozy destinés à réinventer Paris et à en faire une ville plus verte et plus agréable à vivre ; un projet portant le nom de « Grand Paris », un rêve concret destiné à rivaliser avec la grandeur des grands projets urbains initiés par ses prédécesseurs.

La nécessité pour de meilleurs transports publics en banlieue, souvent difficiles d'accès sans voiture, fait l'objet d'un large consensus. De nombreux quartiers à faibles revenus et à forte population immigrée sont particulièrement isolés, un problème qui est devenu criant lors des émeutes de jeunes qui durèrent trois mois en 2005.

Au cœur du débat sur le nouveau métro figure une question : De qui sont les intérêts qui doivent être placés en tête ? Ceux des milieux d'affaires ou ceux des banlieues déprimées ?

Christian Blanc, le Ministre délégué à l'origine de ce projet a insisté sur le point de faire de Paris une région attractive pour les investissements étrangers et contrer ainsi la concurrence de villes comme Shanghai ou Bombay. « Baisser, ne serait-ce qu'un peu, notre garde nous serait fatal », a -t-il dit.

Pourtant les critiques font valoir que son plan ne fait pas grand chose pour les banlieues ordinaires.

« Je ne suis pas certain que ce soit une réponse à la question que se posent des millions de gens qui habitent à Paris et en banlieue parisienne, qui est ‘comment puis-je me rendre facilement à mon travail chaque jour ?' », a dit à l'AFP François Bellanger, consultant en transports et mobilité.

Au-delà, et avec une raréfaction des combustibles fossiles à l'horizon, le vrai problème est que le gouvernement devrait se demander comment accroître la densité de la population, et non pas à la disperser avec une ligne de transports en commun de plus en banlieue, a-t-il ajouté.

Christian Blanc, ancien PDG d'Air France et du système de transports en commun de Paris, la RATP, a avancé dans ce projet avec une vitesse inhabituelle. Les critiques, dont celles venant des socialistes qui contrôlent la mairie de Paris et le Conseil régional, et qui préparent les prochaines élections régionales du mois de mars, disent que Christian Blanc est arrivé avec son plan un peu trop vite, et sans aide extérieure suffisante.

« Ce sont des questions très compliquées », dit Marie-Pierre de la Gontrie, première vice-présidente socialiste du Conseil régional d'Ile de France, région dont fait partie Paris. « Et nous avons ici Christian Blanc, bien assis à son bureau, sortant une carte de la région, dessinant un grand ‘huit' dessus et terminant par un ‘Voilà!'».

En plus du métro existant à l'intérieur des limites de Paris, les banlieues ont déjà un système ferroviaire, le RER. Mais il est souvent peu pratique, et un voyage d'une banlieue à une autre implique souvent de passer par le centre de Paris pour prendre une correspondance.

Le nouveau métro serait mis en connexion avec les systèmes existants. Le début des travaux serait prévu pour 2012 ou 2013, et le nouveau métro serait mis en service dix ans plus tard, avec un trafic prévu de trois millions de passagers par jour.

La question de savoir si certaines portions seront souterraines ou aériennes, ainsi que le tracé exact, n'est pas encore tranchée.

Un site sera pourtant desservi de manière certaine, il s'agit de la zone de Saclay, à l'Ouest de Paris, qui abrite des écoles prestigieuses comme l'Ecole Polytechnique, école d'ingénieurs, et HEC, école de commerce. Le président Sarkozy veut faire de cette zone une Silicon Valley à la française.

Et par-dessus tout, le gouvernement espère que ce métro créera un million d'emplois sur quinze ans en Ile-de-France, région qui compte onze millions d'habitants.

Le financement n'a pas encore été monté, mais la plus grande partie des 21 milliards d'euros nécessaires devrait être empruntée, en dépit des inquiétudes des pays voisins de l'Union européenne sur l'état des finances de la France. Le déficit du budget de l'Etat français a ainsi atteint cette année un taux record de 8,2%, alors qu'il était de 3,4% l'année dernière, du fait de la récession ayant amené une baisse des rentrées fiscales, ainsi que du plan de relance gouvernemental ayant entraîné plus de dépenses.

Le président Sarkozy est déjà en train de penser, plus loin que le métro, à des plans plus vastes encore. Il a demandé à dix équipes pluridisciplinaires, comprenant des architectes de renom, de venir avec des propositions pour le futur de Paris. Ces équipes devraient bientôt, à l'initiative du gouvernement, lancer une enquête pour réfléchir à l'amélioration des transports et de l'habitat, a déclaré Antoine Grumbach, un des architectes participants.

« Une ville n'est jamais finie, elle est perpétuellement inachevée », a-t-il dit, « et même Paris est dans ce cas ».

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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