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Français>>OpinionMise à jour 17.11.2009 11h24
Il sera possible que la Chine remplace l'Europe pour devenir le plus important partenaire de coopération de l'Afrique

Le Congrès des Syndicats (TUC) du Ghana a tenu le 12 novembre à Accra un colloque sur les investissements de la Chine en Afrique et a publié à cette occasion le « Rapport sur les investissements chinois en Afrique ». Ce rapport a été élaboré par l'Association de recherches des ouvriers africains (AROA) sur la base des enquêtes et des études menées sur les investissements chinois dans dix pays africains, dont le Ghana, le Botswana, la Zambie, la Namibie, le Zimbabwe, le Malawi, l'Afrique du Sud, le Nigéria, l'Angola et le Kenya. Anthony Yaw Baah, Secrétaire général Adjoint de TUC, a pris la parole au colloque et a indiqué que les relations entre la Chine et l'Afrique décideront de l'avenir de cette dernière et qu'il sera tout à fait possible que la Chine remplace l'Europe pour devenir le plus important partenaire de coopération de l'Afrique.

Il a dit que depuis la création en 2000 du Forum sur la coopération sino-africaine, le commerce entre la Chine et l'Afrique a connu un développement rapide et vigoureux et que le volume global du commerce sino-africain est passé de près de 11 milliards de dollars US en l'an 2000 à plus de 50 milliards de dollars US en 2006, puis à 107 milliards de dollars US en fin de 2008. La Chine est devenue actuellement le troisième des plus grands partenaires commerciaux de l'Afrique. La Chine importe principalement de l'Afrique le pétrole et des matières premières, tandis qu'elle exporte vers celle-ci des produits de consommation. Le pétrole importé par la Chine de plusieurs pays africains, dont l'Algérie, l'Angola, le Tchad et le Soudan, représente 25% du volume global du pétrole importé. 20% du bois importé par la Chine proviennent de l'Afrique. La part du commerce sino-africain dans le commerce extérieur de toute l'Afrique a augmenté continuellement ces dernières années.

Il a poursuivi en faisant remarquer que suite par l'application par la Chine en 2001 de sa stratégie d'‘aller vers l'extérieur', elle a accru dans de fortes proportions ses investissements en Afrique. Citons l'exemple du Ghana, il y a eu au total en 2007 quelques 294 entreprises étrangères qui se sont faites inscrire au Ghana et 65 sont des entreprises chinoises, soit 22% du nombre total, ce qui fait que la Chine est à la tête des pays investisseurs. Mais pour ce qui est du montant total des investissements, elle occupe la deuxième place avec 152,19 millions de dollars US tout juste derrière la Grande-Bretagne (4,67612 milliards de dollars US). Comparé aux pays occidentaux, l'aide chinoise à l'Afrique était très peu avant l'établissement en 2000 du Forum sur la coopération sino-africaine, mais elle a augmenté rapidement par la suite et a apporté une contribution importante au développement de l'Afrique.

En analysant les effets de la coopération sino-africaine, Anthony Yaw Baah a insisté sur le fait que l'augmentation de la demande chinoise des produits africains a poussé à la hausse les prix de ces derniers, ce qui est favorable à la croissance des exportations africaines. Mais, la concurrence entre les produits chinois exportés vers l'Afrique et les produits locaux produit un effet défavorable à cette dernière. D'après lui, un autre désavantage des investissements chinois c'est que les entreprises chinoises installées en Afrique introduisent et utilisent un trop grand nombre d'ouvriers chinois et ne créent pas assez d'emplois aux travailleurs autochtones. En dehors de cela, une partie des entreprises chinoises ont des obstacles de communication avec les syndicats locaux, ce qui fait qu'elles adoptent une attitude hostile à l'égard de ces derniers et qu'il de produit des malentendus et des méprises entre les deux parties.

Cependant, a-t-il ajouté, les enquêtes menées par AROA dans les dix pays africains susmentionnés montrent que les autorités concernées de ces dix pays sont unanimes à déclarer que c'est seulement en utilisant des ouvriers chinois qu'on peut garantir la qualité des travaux et leur délai d'exécution.. C'est pourquoi il sera peut-être utile aux syndicats des pays concernés de traduire en chinois leur loi respective sur le travail et sur les travailleurs afin de permettre aux entreprises chinoises de comprendre, de respecter et d'observer les lois locales concernées. Les Chinois pourront apprendre la langue locale pour renforcer leur capacité de communiquer avec les habitants locaux, tandis qu'il est nécessaire pour ces derniers d'apprendre le mandarin afin de pouvoir développer les échanges avec les Chinois. Il a en outre encouragé les entreprises chinoises d'investissement à adhérer aux associations locales des patrons et aux entreprises industrielles locales, lesquelles pourront les aider à mieux comprendre la culture locale ainsi que les lois et règlements locaux.

Anthony Yaw Baah a dit pour conclure que, vu de l'histoire, l'Afrique et l'Europe avaient entretenu des liens serrés dans le passé, mais que les relations séculaires bilatérales n'ont pas apporté aucun avantage à l'Afrique qui en est très déçue. La Chine, au contraire, est un partenaire sincère qui prône la coopération ‘double gagnante' mutuellement avantageuse, c'est pourquoi l'Afrique pourra considérer la Chine comme un possible remplaçant de l'Europe. Il a souligné qu'un seul pays africain ne peut être comparé à la Chine vu l'énorme disproportion entre les deux, par conséquent, pour se faire entendre par la Chine et pour se montrer plus puissante devant elle, il est nécessaire pour l'Afrique de parler dans son ensemble d'une seule voix.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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