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Français>>OpinionMise à jour 13.11.2009 15h21
Les taux élevés doivent céder la place à une croissance de qualité

Pendant la réunion des ministres de finances du G20 le week-end dernier, les principales économies du monde se sont mises d'accord sur la nécessité de réorienter leur concentration des mesures à prendre pour remédier à la crise en vue d'une croissance plus forte, plus durable et plus équilibrée.

Les chiffres de la croissance économique chinoise montrent qu'elle n'a pas grand-chose à craindre dans ce domaine. L'économie chinoise est forte, avec une croissance 8,9 % au troisième trimestre, en hausse par rapport à 7,9 % au trimestre précédent. Et le déficit budgétaire du pays reste faible, ce qui permet au gouvernement de maintenir des programmes de prêts intéressants et un plan de relance assez important.

Pourtant, la question primordiale cette semaine pour les économistes internationaux au Forum sur la globalisation et la politique internationale au campus de l'Université de Nottingham à Ningbo, dans la province du Zhejiang, c'est de savoir comment éviter une deuxième crise financière, cette fois déclenchée par la Chine.

Les obstacles qui sont à affronter sont très visibles. Avec une politique de prêts trop libérale, la Banque mondiale ayant mis à disposition du gouvernement chinois un nombre record de prêts - 1,27 milliards de dollars cette année – arrive l'excès de liquidités qui bloque le système, ce qui provoque le gonflement des bulles d'actifs. En Chine, ces bulles se forment sur le marché boursier, et surtout, le marché de l'immobilier.

Les prix de l'immobilier sont hors de contrôle dans les métropoles comme Beijing, Shanghai et Guangzhou, avec les maisons qui coûtent plus cher que dans la plupart des villes du Royaume-Uni, à l'exception de Londres. Cependant, le PIB chinois par habitant est de 10 fois inférieur à celui du Royaume-Uni.

Le bon sens dit que la situation est manifestement insoutenable. Les prix des logements ne peuvent pas continuer à augmenter compte tenu des niveaux de revenu relatifs. Si des périodes prolongés d'assouplissement quantitatif entraînent l'inflation et touchent les taux d'intérêt, la population aura du mal à rembourser les prêts hypothécaires. La bulle finira par éclater, en créant toutes les conditions d'une deuxième crise financière.

La surcapacité industrielle dans des secteurs tels que l'acier et le charbon demeure également une source d'inquiétude, le gouvernement tentant de la surveiller étroitement, malgré la publication régulière d'annonces de la nouvelle politique visant à freiner l'investissement.

Ensuite, il y a toujours l'éternelle discussion sur l'évaluation du yuan. Elle a été noyée dans la panique, liée à la crise financière mondiale, mais est en train de remonter à la surface, parmi les signes de reprise et d'appel à une nouvelle ère de collaboration au niveau mondial.

La valeur du yuan a été fixée à 6,8 par rapport à la devise américaine depuis plus d'un an maintenant. Les pays occidentaux ont de nouveau commencé à montrer du doigt la Chine, et cette question sera l'une des priorités de Barack Obama lors de sa visite à Beijing à la fin de cette semaine. On peut en comprendre les raisons. La Chine jouit toujours d'un excédent commercial important et le fait que le yuan s'apprécie, ce serait utile pour la balance commerciale mondiale.

Mais les dirigeants chinois sont inquiets, à juste titre d'ailleurs, car le secteur des exportations national, sur lequel son économie repose, prendrait un coup et cet argent facile coulerait vers l'étranger, stimulant l'augmentation des bulles boursières que le pays cherche désespérément à éviter.

En essayant d'éviter ces bulles potentielles, la Chine a besoin d'agir avec prévoyance et se méfier du marché qui tente de lui dicter sa politique. Le pays devrait travailler avec les principales économies mondiales pour dresser un projet coordonné et transparent des mesures politiques pour décider quand les taux d'intérêt devraient augmenter, plutôt que de retarder la décision jusqu'à ce que les forces du marché le contraignent à le faire.

Lorsqu'il s'agit du dilemme avec le logement, les gouvernements locaux ne peuvent pas être autorisés à continuer d'utiliser le marché de l'immobilier pour augmenter leurs revenus, alors que les citadins ont du mal à s'adapter à l'augmentation des prix de l'immobilier. Les autorités locales doivent examiner la société dans son ensemble et accorder plus d'attention à l'augmentation de l'offre de logements à faible coût.

Les impôts doivent être augmentés pour les personnes qui ont des revenus plus élevés et qui vivent dans des appartements de 100 m² ou plus. Ces nouvelles recettes peuvent ensuite être utilisées pour subventionner les petits appartements de 40 à 50 m² pour les catégories sociales qui ont des revenus faibles.

Par ailleurs, le gouvernement doit être plus ferme dans sa politique fiscale vis-à-vis des propriétaires de voitures. Les taxes doivent être augmentées pour ceux qui possèdent des véhicules à forte consommation de carburant et des réductions devraient être accordées à ceux qui achètent des voitures avec des moteurs de moins d'un litre.

Le gouvernement central tirerait également avantage d'être plus sélectif dans les domaines de l'économie, qu'il tente de sauver avec des crédits. L'investissement dans les infrastructures, l'éducation, la santé, le secteur de l'environnement et la technologie est vital pour la croissance de l'économie à long terme.

Par exemple, les avantages du programme de construction du réseau de chemins de fer à grande vitesse sont évidents. La durée du trajet entre Beijing et Shanghai sera finalement ramenée à 5 heures, ce qui réduira drastiquement le nombre de vols entre les deux villes. L'expansion du réseau de trains à grande vitesse dans des villes des régions moins développées de l'Ouest du pays apportera une énorme contribution au développement plus équilibré.

La croissance du PIB à deux chiffres ne devrait plus être l'objectif pour la Chine. C'est la qualité de cette croissance qui devrait compter davantage, et beaucoup dépendra d'une plus grande égalité entre les régions côtières et intérieures - notamment celles de l'ouest du pays.

Des efforts devraient être faits pour établir des centres de forte croissance dans les villes comme Xi'an, Chengdu et Kunming pour permettre la croissance des petites et moyennes villes de ces régions. Cela créerait des emplois productifs pour les populations locales et réduirait le nombre de migrants ruraux vers les villes côtières qui sont déjà surpeuplées, avec Beijing, qui commence à connaître des problèmes d'eau potable à cause de la surpopulation.

L'économie chinoise devrait dépasser celle des Etats-Unis vers 2030.

Mais ce qui est d'une importance primordiale pour le développement durable, c'est de savoir comment le gouvernement peut créer un cadre de vie durable pour 1,3 milliards de personnes. L'égalité sociale est cruciale pour les prochaines 20 à 30 années du développement de la Chine. Pour cela, les dirigeants devraient avoir une approche du développement beaucoup plus intelligente comparé à avant.

L'auteur de cet article est Yao Shujie, le directeur de l'École des études chinoises contemporaines à l'Université de Nottingham.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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