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Français>>OpinionMise à jour 28.10.2009 14h02
Pourquoi certains emplois sont plus demandés que d'autres

L'ennui, sans doute, est inhérent à toute bureaucratie envahissante. Quand on a appris au cours du week-end que, au 24 octobre, pas moins de 1,35 millions de personnes avaient été admises à passer l'examen national 2010 du recrutement des fonctionnaires, et que près de 4 080 personnes s'étaient portées candidates pour un seul poste, on n'a pas pu s'empêcher de se demander : mais que diable se passe-t-il dans notre société ? Quelle logique économique se cache derrière une lutte aussi acharnée pour certains emplois ?

La sécurité de l'emploi, répondraient la plupart des gens. Les postes de fonctionnaires sont les plus sûrs remparts contre la récession. D'une manière générale, les organismes gouvernementaux ne licencient jamais un employé dans ce pays, à moins qu'il ou elle ne soit accusé d'un crime.

Les parents veulent que leurs enfants intègrent la fonction publique pour être sûrs qu'ils auront un parcours professionnel garanti et moins d'argent à dépenser - du logement aux dépenses de mariage – dans leur vie future. Après que la fille d'un ami ait été diplômée d'une des principales universités de technologie de Beijing l'année dernière, cet ami m'a appelé, cherchant de l'aide pour que la jeune fille puisse obtenir "n'importe quel poste de fonctionnaire".

"Mais tu es fou !", lui ai-je répondu. "Veux-tu que ta fille passer le reste de sa vie dans un petit bureau à écrire et lire des rapports que personne d'autre dans le pays ne lira, et épouse un bureaucrate insignifiant ? Elle est encore jeune. Pourquoi ne la laisses-tu pas se frotter un peu à la vie et apprendre de nouvelles choses ?"

"Eh bien," m'a-t-il répondu, "nous voulons seulement faire faire ce que les autres parents font".

Bien sûr, nous ne pouvons blâmer les parents. Quand chaque parent fait ou veut faire la même chose, cela montre non seulement les faiblesses de la nature humaine, mais également les problèmes de structure du système.

Je ne suis pas d'accord avec l'assertion selon laquelle la popularité de l'examen national de fonctionnaire reflèterait une réputation en hausse des fonctionnaires gouvernementaux, ainsi que l'affirmait le Beijing Youth Daily dans son éditorial. Comparé aux emplois dans d'autres secteurs tels que l'éducation, les soins médicaux et le journalisme, il n'est pas si évident que la fonction publique ait accompli des progrès rapides dans son comportement moral. Alors pourquoi le service public, et plutôt pour des postes administratifs de débutants, attire-t-il tant de demandeurs ?

Je ne suis pas d'accord non plus avec les arguments de certaines personnes selon lesquels les emplois publics sont "particulièrement gratifiants", parce nous voyons souvent des officiels passer en jugement pour pots-de-vin ou détournement de fonds. Pour être juste d'ailleurs, bien peu de fonctionnaires ont l'opportunité de se détruire eux-mêmes par des pratiques de corruption. La plupart d'entre eux n'ont pas de postes de décision ou l'autorité suffisante pour fournir ou refuser un service.
Nombre de fonctionnaires débutants ne gagnent pas plus, tant en argent qu'en autres avantages, que leurs homologues du secteur privé.

Donc, la raison majeure qui fait que tant de personnes se précipitent vers la fonction publique doit être la sécurité de l'emploi. Et la crise économique globale, couplée avec une surabondance de diplômés des universités ces dernières années, a intensifié ce mouvement.

La crise économique, cependant, est très exactement le moment où les secteurs de l'économie de marché ont besoin de sang neuf, particulièrement de jeunes créateurs prêts pour le rétablissement et l'expansion de ces secteurs. Le fait est que les entités du marché peuvent à grand peine concurrencer le gouvernement en termes de sécurité d'emploi. L'idée même du risque effraie beaucoup de jeunes et leurs parents et les fait se tenir à l'écart du secteur privé.

Le gouvernement ne peut pas, et ne devrait pas, essayer de créer tous les emplois que la crise économique a détruits, parce que, ce faisant, il ne fera qu'aggraver la crise en élargissant le fossé qui existe entre les chanceux, peu nombreux, et les malchanceux, très nombreux.

En revanche, elle devrait plutôt concevoir des politiques et les motivations y afférentes (en particulier faciliter le crédit) en faveur des sociétés du secteur privé et des indépendants pour leur assurer de meilleures occasions de croissance et leur permettre de recruter des jeunes. A la différence du gouvernement, elles ne sont pas en mesure de fournir un emploi à vie. Elles doivent seulement trouver des produits et services plus innovants et payer leurs employés suffisamment et à temps.

Après tout, rien, pas même un emploi à vie, ne peut mieux exploiter la créativité des jeunes que les motivations offertes par l'économie de marché.


Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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