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Français>>OpinionMise à jour 13.10.2009 15h27
Conviction et scepticisme sur l'IBED

Le Président français Nicolas Sarkozy a lancé récemment un appel à la réforme de l'actuel mode d'évaluation de l'économie nationale, car il juge que « les indicateurs classiques, issus de la comptabilité nationale, ne suffisent pas à traduire l'évolution de la qualité de vie des Français » et c'est pourquoi il propose d'introduire certains indicateurs du bien-être de la population dans le système de mesure de la performance économique. A cet effet, il demande que le PIB (Produit intérieur brut) soit remplacé par l'IBED (Indice de bien-être durable).

Début 2008, Nicolas Sarkozy avait mis en place la « Commission international sur la mesure de la performance économique et du progrès social » avec à sa tête deux Prix Nobel, à savoir Joseph Stiglitz, américain et iconoclaste, en tant que président, et Amartya Sen, né en Inde, en tant qu'expert en chef. Les deux économistes de renom affirmaient sans appel que le produit intérieur brut (PIB) est une mauvaise mesure de quelque chose qui est mal défini. L'objectif du Président français est que ces derniers mettent au point un nouvel indicateur permettant d'évaluer efficacement et justement le développement économique et le progrès social, car il croyait dur comme fer que les Français pouvaient donner au monde entier une leçon sur la réussite économique. Dernièrement, ladite Commission a publié son premier rapport dans lequel il est préconisé le développement d'une série d'indicateurs évaluant la mesure du "bien-être" plutôt que la production. "Le PIB n'est pas erroné en soi, mais utilisé de façon erronée", notamment quand il est présenté comme "une mesure du bien-être économique", ajoute le rapport. Cette confusion risque d'aboutir à des "indications trompeuses" et d'entraîner des "décisions politiques inadaptées", selon le document qui préconise de compléter le PIB par "une série d'indicateurs" permettant d'évaluer l'état du développement et le niveau de croissance de l'économie des divers pays du monde.

L'économie mondiale s'est développée effectivement ces dizaines dernières années de façon plutôt satisfaisante. Toutefois, avec la croissance rapide du PIB, toutes sortes de problèmes ont surgi devant le monde entier et attendent qu'on leur apporte une solution : pollution de l'environnement, pression du travail, écart entre riches et pauvres, menace du chômage, conflits sociaux, … etc. La vie matérielle s'améliore avec l'accumulation de la richesse et des biens et avec l'augmentation du revenu, mais dans la plupart des cas, les gens n'ont pas l'impression qu'ils mènent une vie heureuse remplie de bonheur et de bien-être. Compte tenu de cela, la notion de l'IBED essaie de définir et d'évaluer l'état et le comportement du développement économique en s'appuyant sur divers critères, dont notamment le niveau de production économique, le niveau de la santé de la population, le niveau du bien-être social, le degré de civilisation sociale et l'environnement écologique. Cette façon d'évaluer les choses complète et rectifie à un certain degré les insuffisances du PIB qui s'intéresse notamment à la valeur commerciale des objets définitifs et du service produits dans un temps fixé par un pays ou un territoire, alors qu'il n'évalue pas les facteurs qui indiquent le progrès social et l'environnement des ressources. Vu à long terme, le but final du développement économique d'un pays c'est de faire en sorte que l'ensemble de sa population mène une vie heureuse et ressent le bonheur, le bien-être et la satisfaction et pas seulement l'élévation du niveau de production matérielle calculé d'après la hausse du PIB.

Néanmoins, vu sur le plan de la pratique, le bonheur est un terme qui traduit la sensation subjective. Le système d'indice de calcul de l'IBED tient compte du calcul et de l'évaluation de plusieurs indicateurs concernant le niveau de production, l'état de santé de la population, le niveau du bien-être social, le degré de civilisation sociale et l'état de l'environnement écologique et certains de ces indicateurs sont décidés subjectivement par le gouvernement et la population du pays concerné. Et si l'on tient compte en plus du grand écart qui existe entre les divers pays sur le plan de la culture, du sens de la valeur, et de l'environnement objectif du développement, il sera facile d'émettre des doutes quant à l'impartialité objective dans le calcul de l'indicateur IBED.

L'apparition de la notion de l'IBED ne signifie aucunement qu'on renonce et qu'on abandonne le PIB. Dans l'actuelle théorie économique et dans les actuels indicateurs statistiques, le PIB consiste sans aucun doute un important indicateur économique qui sert d'appui fondamental pour le jugement de l'état des activités économiques et pour l'élaboration de la politique économique directrice. D'ailleurs, la croissance du PIB peut réellement élever le degré de sensation du bien-être de la population, et surtout dans le cas où le niveau du développement économique est très bas, l'augmentation du revenu peut effectivement apporter une certaine joie à la population. Cela est d'une grande importance notamment pour les pays en voie de développement. Sans un certain niveau du PIB, il n'y aura ni d'un bon système d'éducation, ni de système de soins médicaux, ni de système de protection sociale et ni d'environnement écologique, et il ne sera pas question ni du bonheur et ni du bien-être de la population.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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