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Français>>OpinionMise à jour 15.06.2009 13h58
Les réserves étrangères et le droit à la réserve

Le débat sur la manière dont la Chine devrait utiliser ses énormes réserves de change est de nouveau à la une après la visite du secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner en Chine la semaine dernière. La visite faisait partie des efforts des deux pays pour préparer le dialogue économique et stratégique qui se tiendra à Washington plus tard cet été.

La crise financière mondiale a incité les Etats-Unis à adopter un budget expansionniste et une politique financière laxiste pour empêcher la poursuite de la récession économique. Cette politique a provoqué une diminution de la confiance mondiale dans le dollar, en augmentant le risque pour les pays qui détiennent les obligations américaines. En conséquence, les pays détenant des actifs libellés en dollars ont essayé de réduire leurs placements en dollars et d'explorer d'autres solutions pour modifier la structure de leurs réserves.

Notre économie doit modifier la structure de ses réserves en devises étrangères pour s'adapter à l'évolution de la situation politique et économique en Chine et à l'étranger. Mais un ajustement structurel ne signifie pas pour autant une application sans principes ou une mauvaise utilisation de ces réserves. Aucun changement ne doit brouiller les attributs fondamentaux des réserves étrangères d'un pays qui représente des réserves de son "crédit national".

Ainsi, lorsque les mesures d'un pays rendent sa structure de placement des actifs étrangers plus raisonnable, il devrait essayer de maintenir et de consolider sa crédibilité internationale d'un point de vue politique et diplomatique.

Les réserves étrangères d'un pays reflètent sa capacité de paiement à l'étranger, c'est sa capacité à garantir ses importations. Théoriquement, les réserves étrangères des pays développés devraient être suffisantes pour répondre à leurs demandes d'importations de trois mois, et ceux des pays en développement doivent correspondre au moins à six mois des importations.

La mondialisation et la libéralisation des secteurs financiers dans le monde entier a fortement stimulé les forces de spéculation internationales, et l'ampleur des transactions financières a continue à s'étendre. C'est pourquoi il est nécessaire pour un pays de construire sa responsabilité de remboursement, garantie d'une plus importante capacité de payement à l'étranger.

Dans ces conditions, le traditionnel bas niveau de réserves étrangères d'un pays a été révisé de sorte que de nombreux pays ont dû augmenter leurs réserves en fonction de l'évolution de la situation politique et économique au niveau national et à l'étranger.

Par exemple, la fluctuation des prix du pétrole et des autres ressources stratégiques pendant cette décennie - qui ont surtout montré une tendance à la hausse - ont fait accroître les réserves des pays en devises étrangères parce qu'ils sont considérés comme un indicateur important de leur capacité à protéger la sécurité de leurs ressources stratégiques.

Dans le monde interdépendant d'aujourd'hui, une réserve solide de devises de change mises en place par un pays était considéré la preuve de sa solvabilité nationale. Depuis la crise financière asiatique de la fin des années 1990, les pays de l'Asie est frappés par la crise ont attaché une grande importance à l'accumulation de réserves en devises étrangères dans l'espoir d'accroître leur capacité de paiement et pour pouvoir faire face à une crise semblable.

Ce mouvement a formé une base solide pour les économies d'Asie de l'Est pour faire pression sur une expansion de leur commerce et l'investissement, et pour le développement durable de leur économie. Pour les pays en développement, la capacité établie de contrôle des crédits et des risques est la principale garantie pour un investissement étranger. Et tous ces facteurs dépendent de l'étendue des réserves que ces pays possèdent.

Depuis son entrée à l'OMC en 2001, la Chine a essayé de s'intégrer dans le marché mondial. Et en conséquence, elle a bénéficié d'un flux continu d'investissements étrangers. Son commerce avec les autres pays était en plein essor, et ses réserves en devises étrangères ont rapidement gonflé. En 2005, la Chine a remplacé le Japon en devenant le plus grand détenteur de réserves en devises étrangères. Et en raison de l'accroissement de son statut économique, la Chine a joué un rôle important dans le règlement d'une série de questions mondiales.

L'épidémie de SRAS en 2003, le tremblement de terre dévastateur du Sichuan en mai 2008, et la crise économique mondiale actuelle n'ont pas réussi à compromettre le fondement économique de la Chine et d'inverser sa tendance à la hausse de l'économie. Les aspirations de Washington sur le rapprochement et la coopération stratégique avec la Chine et de son idée de construire une institution "G-2" reflète bien le progrès de la Chine au niveau international et sa crédibilité. Tous ceci ne peut être atteint sans la solidité financière du pays fournie par ses vastes réserves en devises étrangères.

Les réserves chinoises en devises étrangères s'élevant à 2 trillions de dollars accumulés depuis plus de 30 ans, ne s'étaient pas accumulés facilement et doivent être manipulés avec beaucoup de précaution.

Le pays doit en priorité maintenir une structure raisonnable de ses réserves étrangères et d'assurer leur stabilité.

Choisir comment investir les réserves étrangères chinoises ne devrait pas être une simple question d'actifs de placement, mais un geste pour assurer la sécurité des avoirs à l'étranger et renforcer son image politique au niveau mondial.

L'auteur est le chercheur Liu Junhong de l'Institut chinois des relations internationales contemporaines.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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