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Mise à jour 16.03.2009 16h17
Le "grand Tibet" du Dalai Lama n'est pas un fait historique et ne s'accorde pas à la réalité

Alors que le 14ème Dalai Lama a proféré, dans son discours du 10 mars, des propos fastidieux sur "une administration autonome unique" groupant tous les Tibétains, des tibétologues chinois ont mis en doute la légitimité et la faisabilité de son plan.

Le "grand Tibet", depuis longtemps prôné par le Dalai Lama et ses consorts, n'était pas un fait historique et ne correspond non plus à la réalité, a dit le professeur An Caidan du Centre de recherche sur la tibétologie de Chine.

L'"unique" administration, proposée par le Dalai Lama, couvrirait la Région autonome du Tibet d'aujourd'hui, l'ensemble de la province du Qinghai, certaines parties des provinces du Sichuan, du Yunnan et du Gansu.

Comme le ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi l'a dit au cours de sa conférence de presse du 7 mars, le Dalai Lama désire d'établir le " grand Tibet " sur un quart du territoire chinois.

Aucun régime à Lhasa n'avait le pouvoir dominateur sur une telle étendue de terre depuis la Dynastie des Yuan (1271-1368), a dit M.An.

Quand le Mongol Genghis Khan unifia plusieurs royaumes en Chine, des Tibétains rejoignirent l'empire dont la capitale fut Dadu, le Beijing de nos jours.

Le gouvernement central divisa alors le plateau Qinghai-Tibet en trois régions administratives, toutes gouvernées directement par le pouvoir établi à Dadu, non à Lhasa, a fait savoir le chercheur An. " Le gouvernement central établit des règlements sur le domicile, collecta des taxes, déploya des unités d'armée et appliqua des lois nationales dans les trois régions ".

" Je pense que les trois régions administratives furent basées sur des tribus différentes et les subcultures parmi les Tibétains. C'est l'origine réelle des trois zones de dialecte tibétaines : U-Tsang, Kham et Ando ", a dit le professeur An.

Les empereurs Han de la Dynastie des Ming, qui remplacèrent les empereurs Mongols pour dominer la Chine entre les 14ème et 17ème siècles, ont suivi l'ancienne méthode d'administration des Yuans sur le plateau.

Après que les empereurs Mandchou de la Dynastie des Qing, qui provenaient du nord-est de la Chine, eurent établi le pouvoir dominateur sur l'empire chinois au 17ème siècle, les divisions administratives du plateau furent développées comme celles d'aujourd'hui, a expliqué M.An.

"Les frontières du Tibet, du Sichuan, du Qinghai et du Yunnan furent délimitées en 1726 et 1731. Elles étaient très proches de celles d'aujourd'hui"

Sous la Dynastie des Qing, la surface de la Région autonome du Tibet d'aujourd'hui fut divisée en des zones encore plus petites : la région administrative du Dalai Lama, la région administrative du Panchen-Lama, la région du représentant officiel du gouvernement central et plusieurs petits fiefs donnés par l'empereur aux seigneurs locaux.

"Ce n'est quand des républicains renversèrent l'empire en 1912 que l'armée du Dalai Lama a saisi la grande partie de ce qui est la Région autonome du Tibet d'aujourd'hui, mais le pouvoir de Lhasa était alors beaucoup plus petit que celui desiré maintenant par le 14ème Dalai Lama", a dit M. An.

"Le territoire du Tibet"fut constitué d'U-tsang, Kham et Ando, comme le prétendaient les sécessionistes, n'a jamais existé, a-t-il dit.

Le plateau Qinghai-Tibet est une région où vivent plusieurs ethnies depuis des siècles. Le lieu de naissance du 14ème Dalai Lama dans l'est du Qinghai était habité de plusieurs groupes ethniques comprenant des Tibétains depuis très très longtemps. Quand il est né, des familles de Tibétains, de Hui et de Han vivaient dans ce village, a-t-il raconté.

"Si le 14ème Dalai Lama était un homme vraiment judicieux, il devrait comprendre les étroites relations entre les différents groupes ethniques qui ont créé la longue histoire du plateau", a dit le chercheur. "Il n'aurait pas du appeler d'autres groupes ethniques "des envahisseurs" et saboter l'harmonie ethnique à des fins politiques.

Sous le système d'autonomie régionale ethnique existant, outre la Région autonome du Tibet au niveau provincial, des Tibétains ont des régions autonomes aux niveaux de ville, de district et de préfecture dans des provinces voisines. Ils co-existent avec des régions autonomes d'autres groupes ethniques et dans des divisions non-autonomes, une solution flexible aux régions multi-ethniques. "Il n'est pas pratique que tous les Tibétains vivent dans une région administrative unique", a dit Sun Hongnian, chercheur du Centre de l'Histoire de Région frontière de Chine et de Recherche géographique rattaché à l'Académie des Sciences sociales de Chine. "Que faire des Han et des membres d'autres groupes ethniques qui ont vécu sur le plateau Qinghai-Tibet pendant des générations? Que faire des Tibétains qui vivent dans des agglomérations des Han et d'autres groupes ethniques?"

Selon son étude, le chercheur Sun a dit que l'idée sur le"grand Tibet" avait surgi après 1912. Le gouvernement régional tibétain s'est disputé avec le gouvernement central pour avoir plus de terres, avec le soutien de Britanniques qui ont gouverné alors l'Inde et convoité le Tibet afin de le séparer de la Chine.

Au cours d'une réunion tenue à Simla (aujourd'hui Shimla) en Inde qui était à l'époque sous la domination britannique, entre 1913 et 1914, des officiels britanniques ont signé un accord avec les représentants du gouvernement régional tibétain. Aux termes de cet accord, la partie britannique força le gouvernement central de Chine de reconnaître l'"indépendence" du Tibet et de donner environ 1 million de kilomètres carrés de terres dans des provinces voisines au Tibet. En retour, le Tibet devrait donner 90 000 kilomètres carrés de terres frontalières à l'Inde britannique, selon le chercheur Sun.

L'accord n'a pu être signé, parce que le représentant du gouvernement central a refusé de signer l'accord au cours de la réunion, a-t-il ajouté.

Le 14ème Dalai Lama, étiqueté par certains comme"une de nos quelques vraies autorités morales", a maintenu la même chose depuis plusieurs décennies.

"Je pense que le Da lai Lama et son +gouvernement en exil+ ont hérité le même concept", a dit le chercheur Sun. "Ce concept les a également aidés à s'unir et à diminuer les conflits des différents groupes d'intérêts en exil, venus de divers endroits du plateau".

Au cours de la conférence de presse du 7 mars, le ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi a dit que le différend entre la Chine et le Dalai Lama ne concerne en aucun cas la religion, les droits de l'homme, les relations ethniques et la culture. "Il s'agit de sauvegarder l'unité du pays contre les tentatives de séparer le Tibet de la Chine, a-t-il déclaré.


Source: le Quotidien du Peuple en ligne



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