La statue de bronze de Deng Xiaoping au sommet de la colline de Lotus dans le centre de Shenzhen a été lavée comme d'habitude, au soleil mercredi 17 décembre. Des foules de personnes se sont rassemblées autour de la statue, plaçant des bouquets de fleurs ou posant devant des photographes.
Elles venaient rendre hommage à l'homme qui les conduisait à sortir de la pauvreté et a aidé le pays à se dresser comme un phénix.
Il y a 30 ans, le Parti communiste chinois a décidé de mener la réforme. Deng Xiaoping, le principal décideur de cette politique, a été appelé depuis lors l'"architecte en chef"de la réforme et de l'ouverture chinoises.
"Mes parents sentent qu'ils doivent beaucoup à Deng. Sans lui, ils n'auraient pu sortir de leur petit district", a dit Zhou Xiaoqi, ingénieur de 28 ans.
Ses parents ont voyagé de leur village natal dans la province du Hubei pour passer l'hiver avec Zhou qui travaille dans une compagnie de haute technologie à Shenzhen depuis quatre ans.
Né au début des années 1980, M.Zhou connaît peu l'époque où l'on manquait de produits, comme ses parents le lui racontaient. Mais il a dit: "Je me rappelle encore que la viande était un produit de luxe, quand j'étais tout petit. Nous avons gardé des choses précieuses pour des hôtes et des fêtes".
Aujourd'hui, comme de nombreux cols blancs de son âge, M.Zhou aime à dîner au restaurant avec ses amis ou chanter au bar karaoké.
En tant qu'une des quatre zones économiques spéciales que Deng Xiaoping avait projeté d'établir en 1979 pour faire progresser les réformes dans le pays, Shenzhen, autrefois un petit village de pêche dans la province du Guangdong (sud de la Chine), est devenu une grande ville, considérée comme une"fenêtre"de la réforme économique de Chine.
"Contrairement aux autres grandes villes du pays, presque tout le monde d'ici est un migrant. Tout le monde parle le Putonghua (le mandarin) et personne ne fait la distinction entre "nous" et "eux"ici", a dit Guo Minggang d'un studio de photographe pour nouveaux mariés.
De la misère à la richesse
Xu Shenqiu était jadis un enseignant dans la province du Shandong (est de la Chine), quand la Chine a commencé la réforme et l'ouverture. A la fin des années 1980, il s'est engagé dans le commerce avec ses amis et en quelques années, il a fait fortune, en ouvrant un grand magasin dans la province du Jilin (nord-est de la Chine). A l'heure actuelle, M.Xu, âgé de 54 ans, et sa femme font un voyage de deux semaines au continent antarctique.
"Peut-être c'est l'unique façon de mes parents de célébrer le 30ème anniversaire du lancement de la réforme et de l'ouverture", a dit Xu Yuan, leur fille, 27 ans, étudiante en journalisme à l'Université Doshisha du Japon.
"Quand mon père commençait à s'engager dans le commerce, il rêvait une vie beaucoup plus excitante. Mais il a fini par réaliser une fortune beaucoup plus importante qu'il l'imaginait", a-t-elle dit.
Regardons en avant
Mais il y a des gens qui ont encore à lutter pour la vie, malgré la croissance économique rapide, notamment parce que la crise financière globale a porté un coup dur aux exportateurs et aux manufacturiers de Chine.
Wang Gang, 22 ans, est obligé de rentrer chez lui dans une région rurale de la province du Henan (centre de la Chine) en octobre, parce que la compagnie électronique où il travaillait à Shenzhen a fermé définitivement.
D'ordinaire, il est rentré au Henan pendant la Fête du Printemps, portant des cadeaux pour sa famille. Mais cette fois-ci, il est obligé de rentrer les mains vides, parce que ses salaires ont été réduits de moitié.
"Mon salaire était au moins le double de ce que j'avait gagné aux champs. J'ai même acheté pour mon père une moto l'année dernière".
Au district de Zhengyang, pays natal de M. Wang, sa famille de six membres cultivent des plantes agricoles sur 0,3 hectare de terre.
"Nous pouvons au moins manger à notre faim", a-t-il dit.
La disparité de revenu entre les riches et les pauvres, et entre les résidents urbains et ruraux, avec l'amélioration de la capacité de résister aux risques financiers et de réaliser un développement durable, continuera de poser un défi pour le pays pendant des années, a dit Liu Yunxian, chercheur d'un institut à Pudong de Shanghai.
"Pendant des dizaines d'années à venir, la Chine aura beaucoup à faire pour maintenir l'équité et l'harmonie sociales et élever le niveau de vie du peuple", a-t-il dit. "La réforme et l'ouverture ont porté la civilisation chinoise de 5 000 ans à un niveau plus élevé. Mais cela n'est pas la fin".
Source: le Quotidien du Peuple en ligne