Pour Bruce Alberts, rédacteur en chef de la prestigieuse revue Science, sa récente visite en Chine à la fin de septembre a été assez impressionnante.
"Le savoir-faire des scientifiques chinois a sans doute beaucoup augmenté", a déclaré Alberts dans une récente interview à l'agence Xinhua . Le nombre de brevets et d'articles parus dans des revues, écrits par des scientifiques et des ingénieurs en Chine sont en forte augmentation.
Seulement en 2007, la revue Science a publié environ 30 articles écrits par des auteurs ou co-auteurs chinois. Les éditeurs de Science reçoivent 12 000 communications du monde entier, et ils acceptent finalement de publier seulement 7% d'entre elles, après un examen collégial rigoureux.
"Nous avons été très heureux de présenter un nombre important d'articles rédigés par des scientifiques et des ingénieurs basés en Chine", a déclaré Alberts, qui est le rédacteur en chef du magazine depuis le 1 mars 2008.
Fondé en 1880, Science a été le journal officiel de l'Association non lucrative AAAS (l'Association américaine pour l'avancement de la science) depuis 1900. Maintenant, chaque semaine, environ 1 million de personnes dans le monde lisent le magazine.
Plus récemment, Science a tenu le tout premier briefing de presse à Beijing, lié à un article d'un scientifique chinois sur une forme de coton résistante aux parasites. Un autre exemple des efforts du magazine de présenter la science et la technologie chinoise, ce fût un article d'un auteur chinois You Hailu qui décrit sa découverte d'un fossile de Gansus yumenensis, l'un des plus anciens membres de la lignée conduisant à des oiseaux modernes. Une rencontre avec l'auteur lors de sa tournée à Washington DC a conduit à la publication de cet article.
"D'autres publications exemplaires dans Science faites par des auteurs chinois ont fourni de nouvelles idées concernant l'épidémie du SRAS et le génome du riz", a rappelé Alberts. "Le magazine Science est très fier de ces efforts, et heureux de voir la réussite des scientifiques et des ingénieurs basés en Chine".
AAAS a envoyé sa première délégation en Chine en 1978. Au cours des 30 dernières années, "la Chine est devenue sans aucun doute beaucoup plus ouverte à la coopération en matière de recherche internationale et d'autres types de collaboration avec le reste du monde", a-t-il dit.
Au cours de sa visite en Chine au mois de septembre, il a été très impressionné par toutes ses rencontres avec les dirigeants chinois, les éducateurs et les étudiants, a-t-il ajouté.
"Juste le fait que le rédacteur en chef d'une revue scientifique ait eu l'occasion de rencontrer et de discuter librement deux heures avec le Premier ministre chinois en dit long sur le niveau d'ouverture du pays aujourd'hui", a déclaré Alberts.
Cela reflète également la volonté des dirigeants chinois à étudier sur les autres pays, afin d'utiliser la science pour construire des ponts entre les nations et améliorer le bien-être de l'humanité. "Tous ces changements sont très louables, car ils sont importants à la fois pour la Chine et pour l'avenir du monde, c'est pourquoi ils sont vivement félicités", a dit Albert.
Il a dit que la Chine a beaucoup de chance d'avoir les principaux dirigeants qui ont une formation scientifique et une formation en ingénierie et qui apprécient beaucoup ce que l'excellence scientifique peut faire pour leur nation. "Wen Jiabao, par exemple, est un géologue professionnel. Le peuple chinois reconnaît clairement que la science et la technologie sont les clés de la prospérité économique et d'une meilleure vie dans tout son ensemble".
Aux Etats-Unis, "nous avons tendance à sous-estimer la valeur de la science parfois", a déclaré Alberts. "Cela ne semble pas être le cas en Chine, où les citoyens et les dirigeants semblent comprendre que les stratégies de lutte contre la maladie, l'amélioration du système de prévisions des tremblements de terre, les solutions aux challenges des changements climatiques, et l'accès à une nourriture plus sûre, et plus abondante dépendront des progrès de la science et la technologie. "
Au cours de son voyage, Alberts a rencontré des étudiants à l'Université Qinghua et à l'Université de Beijing. "La calibre des étudiants des universités chinoises est extraordinaire."
En mentionnant le progrès scientifique chinois dans l'avenir, Alberts, a déclaré: "Comme je l'ai dit au le Premier ministre chinois, je crois qu'un investissement plus important dans la recherche fondamentale est essentiel, car très souvent, de nouvelles inventions et découvertes pour améliorer la qualité de vie jailliront naturellement des investissements fondamentaux qui ont été faits 30 ans plus tôt. "
Cette recherche fondamentale est un investissement à long terme qui définit la voie pour les grandes avancées dans l'avenir, et cela ne doit pas être négligé, a souligné Alberts.
"Le Premier ministre Wen et moi sommes également d'accord que l'innovation commence avec l'aide et le soutien des jeunes chercheurs, qui représentent l'avenir de la science dans le monde."
Ils ont également discuté de l'importance de fournir un financement de la recherche concurrentiel, fondé sur le mérite pour les meilleurs jeunes scientifiques afin de les encourager pour prendre des risques et d'innover.
Alberts a déclaré que le Prix des jeunes innovateurs de l'Institut National américain de la Santé est un très bon programme aux États-Unis. "Je crois que le fait d'autoriser aux plus remarquables jeunes gens d'effectuer des recherches indépendantes sur la base de leurs propres idées est essentiel pour l'avenir de la science dans chaque nation."
Il est également important d'accroître la transparence afin que les chercheurs soient toujours libres de se déplacer pour pouvoir collaborer avec leurs collègues.
"Ce libre-échange n'est pas seulement essentiel pour le progrès scientifique, des liens amicaux personnels et la confiance que les scientifiques américains et chinois vont construire entre nos deux pays peuvent également être importants pour l'avenir du monde", a dit Alberts.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne