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| Fu Ying, ambassadrice de Chine en Grande-Bretagne (au centre) |
Le 6 avril au petit matin, je voyais par la fenêtre les flocons de neige qui tourbillonnaient dans l'air et je ne pus m'empêcher de penser : Comment se déroulera la 4ème étape du relais de la torche des Jeux Olympiques de Beijing qui aura lieu aujourd'hui à Londres ?
Environ huit heures plus tard, lorsque Kelly Holmes, la célèbre athlète anglaise de la course de fond et de demi-fond et 80ème relayeuse, tenant haut levé dans sa main la torche olympique atteignit enfin l'estrade millénaire en coupole renversée et alluma la flamme sacrée, les quelques 4.000 spectateurs poussèrent ensemble un grand cri de joie qui me remua profondément.
Cette journée-là restera gravée dans la mémoire du public, car c'était le premier choc qui a eu lieu entre la capitale chinoise Beijing et la capitale anglaise Londres. Ce choc a provoqué des gerbes d'étincelles qui s'envolèrent dans toutes les directions et l'air était alors rempli de bruits, de tapages et de clameurs, la Chine étant un pays en voie de développement qui organise les Jeux Olympiques pour la première fois de son histoire, tandis que le Royaume-Uni était le premier pays occidental à accueillir la flamme des Jeux Olympiques de Beijing.
Dans le car qui ramenait la délégation chinoise à l'aéroport, les jeunes dames de BOCOG (Comité d'organisation des Jeux Olympiques de Beijing), y compris l'ancienne championne olympique Qiao, étaient unanimes à déclarer fermement que c'est le peuple britannique en entier qui se posait en adversaire contre elles. Une jeune fille a dit : « Comment on peut dire que c'est un pays qui a donné naissance et qui a formé Shakespeare et Dickens ! », une autre a renchéri : « Où sont-elles allées les manières distinguées des gentlemans anglais ? » Je me suis donnée beaucoup de peine pour leur donner des explications et pour essayer de les convaincre, mais leurs yeux humides me disaient clairement que je n'ai pas réussi.
Je comprends parfaitement ce qu'elles pensaient. Toute la journée, elles ont fait la navette entre les cars pour s'occuper des relayeurs, leur nez étant rougi et leurs deux mains glacées par le froid, alors qu'elles avaient dormi seulement trois heures la nuit précédente et que certaines parmi elles venaient tout juste de terminer le sandwich qui était leur déjeuner. Et ce qui était encore plus malheureux pour elles, c'était que durant tout le parcours du relais, elles ont dû subir sans cesse la violence des « indépendantistes tibétains » qui tentaient d'arracher des mains des relayeurs les torches olympiques.
Moi, j'ai eu la chance d'être sur un car qui suivait derrière et j'ai pu voir les dizaines de milliers de Londoniens, qui bravant vent et neige, se pressaient aux deux côtés des rues pour accueillir et saluer la flamme olympique. J'ai remarqué des personnes âgées qui saluaient en agitant leurs mains et des acteurs qui jouaient en pleine rue malgré la bourrasque, la neige et le froid.
Le nuit tomba, en voyant le charter olympique qui glissait lentement sur la piste de décollage, je ne pu m'empêcher de penser que peut-être l'avion est devenu plus lourd en quittant l'Angleterre avec à son bord des passagers au cœur lourd ! La transmission par relais à travers le monde entier de la flamme des Jeux Olympiques de Beijing est un voyage difficile qui a pour but de faire connaître notre monde aux 1,3 milliards de Chinois et au monde entier de faire la connaissance avec la Chine.
Un jeune ami qui avait regardé la retransmission par BBC du relais à Londres de la flamme olympique m'a écrit une lettre dans laquelle il écrit qu'il est actuellement assailli de mille sentiments : chagrin, tristesse, indignation et désorientation. Comme lui, un grand nombre de Chinois s'aperçoivent que ce n'est pas seulement avec un cœur franc et sincère que la Chine pourrait s'intégrer au monde et que le mur qui s'élève entre la Chine et le monde extérieur est trop épais.
Les scènes et les photos qui circulaient dernièrement parmi les deux cent millions d'internautes chinois, ce ne sont pas seulement les images des voyous qui tentaient d'arracher la torche olympique, ce sont surtout des scènes qui émeuvent au plus au point les Chinois, exemple : lors du relais olympique qui a eu lieu à Paris, Jin Jin, une jeune sportive handicapée chinoise, assise dans une chaise roulante, tenait fermement la torche olympique entre ses bras et baissait la tête pour résister à l'attaque d'un voyou « indépendantiste tibétain » qui n'a pas réussi à s'emparer de la torche malgré la faiblesse je la jeune handicapée chinoise. Les internautes chinois ont manifesté leur violente indignation à l'égard de certains médias occidentaux qui n'hésitent pas à employer des moyens pernicieux et odieux, tels que « mettre une chose à la place d'une autre par fraude et par tromperie », « déformation intentionnelle des propos en les isolant de leur contexte » et « utilisation fausse de photos prises dans d'autres pays » pour calomnier la Chine en l'accusant de soi-disant « répression » sur les Tibétains.
De l'autre côté du mur, la situation est complètement différente. Moi qui me trouve au milieu de la fosse qui sépare la Chine de l'Occident, je m'inquiète profondément de la tendance entièrement inverse des impressions réciproques du public chinois et du public occidental.
Je suis au Royaume-Uni il y déjà une année, et je constate que le monde extérieur s'intéresse de plus en plus à la Chine et que les reportages sur elle se sont accrues de beaucoup comparées aux années du milieu des années 80 du siècle dernier lorsque je faisais mes études supérieures en Grande-Bretagne. La plupart des reportages sont relativement objectifs et sont conformes pour l'essentiel à la réalité chinoise. La Chine est confrontée comme les autres pays du monde à l'explosion informatique. Je souhaite que dans les pays occidentaux il y aura de plus en plus de gens qui déploieront de plus grands efforts pour surmonter les difficultés dues à aux obstacles de la langue et de la culture et connaître ainsi la véritable Chine.
Le monde avait attendu avec patience que la Chine s'intègre en lui, et aujourd'hui la Chine fera également preuve de patience et attend que le monde le connaisse et le comprenne mieux.
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Source: le Quotidien du Peuple en ligne