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Français>>EconomieMise à jour 09.07.2012 15h03
L'économie chinoise est en train de rebondir

Cela fait déjà deux ans que les Cassandre de tout poil prophétisent que la Chine va connaître un atterrissage difficile. Mais même si la Chine n'est pas immunisée contre les crises de la dette en Occident, elle est tout de même mieux placée pour y faire face.

Jeudi dernier, la Banque Populaire de Chine a abaissé le taux de référence pour les dépôts de 25 points de base et fait de même avec les taux de prêt, de 31 points de base, cela pour la deuxième fois en un mois. Ces baisses ont alimenté des inquiétudes, certains craignant qu'il y ait des problèmes à l'horizon pour l'économie chinoise.

En fait, il y a beaucoup de bruits sur les marchés, et trois tendances macro-économiques compliquent le tableau : les conditions économiques se détériorent en Europe, la reprise tant attendue aux Etats-Unis faiblit, et l'économie chinoise s'est montrée plus faible que prévu au début du printemps.

Mais en fait nous semblons aujourd'hui avoir atteint un plancher.

Lors du récent sommet sur l'Euro, l'Europe n'a fait qu'acheter du temps, une fois de plus. Jeudi dernier, la Banque Centrale Européenne a baissé son taux d'intérêt à un niveau historiquement bas de 0,75%, et son taux de dépôt au jour le jour de 0,25 à zéro. Cependant, ces mesures n'auront aucun effet stimulant sur la Zone Euro ; bien au contraire, elles montrent que la BCE a épuisé ses dernières cartouches.

Aux Etats-Unis, la création d'emplois continue à ralentir, et le taux de chômage reste à 8,2%. Le nombre des Américains sans emploi est de 12,7 millions et si on y ajoute les personnes temporairement sans emploi, ce nombre se monte à plus de 23 millions. De plus, Washington a reporté des décisions économiques capitales et un possible « mur fiscal » après les élections de 2012, et cela bien que la dette nationale approche désormais des 15 900 milliards de Dollars US.

Aucun pays n'est à l'abri de la paralysie des marchés d'exportation transatlantiques, de la montée du protectionnisme et du ralentissement de la croissance mondiale. En Inde, la croissance a baissé à 5,3%, son niveau le plus faible en neuf ans. Durant le premier trimestre de cette année, l'économie chinoise a affiché une croissance de 8,1% environ d'une année sur l'autre, le plus mauvais chiffre de croissance en trois ans.
En avril, les données économiques de la Chine ont été en deçà des prévisions du marché. En mai, les données économiques étaient toujours faibles, et la crise de la Zone Euro était entrée dans une phase plus dangereuse. Avec pour résultat que certains investisseurs ont commencé à craindre que la Chine ne connaisse à nouveau un atterrissage difficile, comme en 2008.

Cependant, l'économie chinoise a repris depuis les assouplissements monétaires mis en oeuvre par le Gouvernement à l'automne de 2007.

En Occident, la Chine est perçue comme se trouvant dans une phase de ralentissement qui s'aggrave. Les économistes estiment qu'on ne verra pas le retour à un plan de relance massif de 4 000 milliards de Yuans (628 milliards de Dollars US) comme celui qui fut lancé à l'automne 2008. cependant, de nombreux signes montrent que le Gouvernement est en train d'utiliser une politique de « relance allégée ». Certains de ces plans ont été lancés en février, mais les données d'avril, faibles, ont conduit à l'accélération des mesures sur plusieurs fronts.

La Commission Nationale du Développement et de la Réforme a accéléré le processus d'approbation pour des projets d'infrastructures majeurs, dont de nouveaux aéroports et métros. La Banque Centrale de Chine a réduit son taux de réserve obligatoire de 50 points de base ; il est probable qu'elle le fera encore deux fois d'ici la fin de l'année, la première sous peu. Avec l'avancement du processus de libéralisation des taux d'intérêt, une nouvelle baisse des taux ne peut être exclue, si les perspectives mondiales se détériorent de façon significative.

Les politiques fiscales sont plus proactives. Le Conseil des Affaires de l'Etat a annoncé un programme de subventions de 36,3 milliards de Yuans, destiné à encourager l'utilisation d'appareils électroménagers, d'automobiles et de générateurs électriques économes en énergie. Le Ministère des Chemins de Fer ont obtenu de larges lignes de crédit auprès des banques en 2011, qi lui permettront de mettre en oeuvre un investissement planifié de 400 milliards de Yuans.

Le Gouvernement Municipal de Chongqing a signé de multiples contrats avec 30 grandes entreprises publiques, qui devraient investir plus de 350 milliards de Yuans à Chongqing dans les années qui viennent. Cet accord offre un modèle aux initiatives similaires entre entreprises publiques et gouvernements locaux dans les mois qui viennent.

Il y a du changement dans l'air, quand bien même les marchés ont manqué certains de ses signes.
La croissance réelle du PIB en Chine pourrait rebondir lors du second semestre de l'année, à 8-8,4% d'une année sur l'autre. Certaines données-clés restent un peu faibles, mais il y a des signes de reprise sur le marché de l'immobilier, les exportations et les prêts. La production industrielle redresse la tête, et une série de réformes financières sont en train d'être mises en oeuvre.

Au tournant de 2008-2009, l'économie mondiale souffrait toujours d'une baisse sévère. Quand le Premier Ministre Wen Jiabao avait annoncé que la Chine pourrait atteindre 8,5% de croissance en 2009, peu d'observateurs en Occident l'avaient pris au sérieux. En fait, l'économie chinoise était déjà en train de rebondir. A nouveau, quand M. Wen s'est rendu en visite à Wuhan en mai dernier, il a annoncé que le Gouvernement chinois faisait d'une croissance économique stable une priorité importante.

Lors du dernier trimestre, le centre d'intérêt du Gouvernement est passé de la lutte contre l'inflation à la stabilisation de la croissance.

Cela étant, s'agissant du rebond, il n'y a rien d'automatique. Il pourrait s'éroder, si les nouvelles politiques d'assouplissement sont inadéquates ou trop faibles. Les risques de baisse au niveau mondial demeurent significatifs, car il est probable que les crises de la dette dans la Zone Euro et aux Etats-Unis s'aggravent dans les mois qui viennent. En Chine, l'assouplissement monétaire devrait consolider le rebond.

La « relance allégée » devrait soutenir le rebond de l'inflation et les prix de l'immobilier d'ici la fin de l'année. Dans ce cas, la fenêtre de tir de la politique d'assouplissement pourrait s'avérer relativement brève.

Il n'y a aucune place pour l'auto-satisfaction pour le second semestre de 2012 et le début de 2013. l'économie chinoise a un fort potentiel de croissance à long terme. Mais la Zone Euro et même les Etats-Unis se dirigent vers un coup de froid dangereux.

L'auteur est Directeur de recherche en affaires internationales à l'Institut de l'Inde, de la Chine et de l'Amérique, un groupe de réflexion indépendant américain, et chercheur invité à l'Institut pour les Etudes internationales (Chine) de Shanghai et au Centre Singapour UE.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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