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Français>>EconomieMise à jour 26.06.2012 10h48
La classe moyenne, clé de la consommation

Les économistes parlent depuis des années de la nécessité de stimuler la consommation intérieure pour parvenir à une croissance économique plus équilibrée et plus durable.

A l'évidence, les dépenses de consommation, en particulier dans les plus grandes villes, ont augmenté rapidement depuis une dizaine d'années. Mais le taux d'augmentation est resté constamment en dessous de la croissance du PIB. Avec pour résultat que la proportion de la consommation intérieure dans l'économie générale en Chine est plus faible que le même taux aux Etats-Unis, au Japon et dans beaucoup de pays de l'Union Européenne.

Il a été constaté depuis longtemps que la sur-dépendance envers les exportations pour alimenter la croissance expose l'économie aux fluctuations de la demande extérieure et des prix d'une vaste gamme de matières premières et de produits industriels intermédiaires, qui sont largement contrôlés par des cartels de producteurs et d'institutions financières étrangers qui dominent les transactions sur les marchés de produits aux Etats-Unis et en Europe. Qui plus est, l'accent mis par la Chine sur les exportations a généré des frictions commerciales avec certains pays, en particulier les Etats-Unis, dont le déficit commercial avec la Chine est élevé.

La majeure partie des exportations chinoises est composée de produits fabriqués sous contrat d'entreprises américaines et européennes. La concurrence, forte, met une pression énorme sur les marges bénéficiaires, contraignant les fabricants sous contrat à réduire leurs coûts autant qu'ils le peuvent. Cet accent excessif mis sur le contrôle des coûts a contribué à maintenir les salaires à un niveau bas et encouragé la négligence environnementale. A la différence des grands capitaines d'industrie américains du début du 20e siècle, les employeurs chinois ne voient pas le moindre intérêt à bien payer leurs employés parce qu'ils ne comptent pas sur eux pour acheter les produits qu'ils produisent dans leurs usines.

De même, la propension à économiser est enracinée dans la culture traditionnelle chinoise. Cette tradition est en train de changer aujourd'hui, quoique lentement, particulièrement dans le villes où les jeunes femmes qui travaillent sont prêtes à dépenser un mois entier de salaire pour acheter un sac.

Cependant, bien plus reste encore à faire pour persuader la classe moyenne chinoise émergente d'ouvrir son porte-monnaie. Une des propositions qui a gagné du terrain consiste à baisser les taxes sur les produits de luxe. Mais pour quoi faire ? Partout dans le monde, on constate que le marché du luxe se montre remarquablement insensible aux prix. Nombre d'articles de presse signalent que les ventes de yachts, de voitures de luxe et de vêtements de couturiers augmentent aux Etats-Unis en dépit d'une économie morose, de prix de l'immobilier déprimés et d'un chômage élevé. Baisser les taxes sur les produits de luxe ne profiterait qu'à une minorité de riches.

Toute politique visant à encourager les dépenses de consommation doit cibler les familles de la classe moyenne. Pour beaucoup de consommateurs chinois, l'inefficacité du marché et le manque de transparence est une frustration majeure, car cela a contribué à fausser la détermination des prix des produits agricoles et d'une vaste gamme de produits essentiels. Face à une inflation en hausse, le Gouvernement Municipal de Shanghai a l'année dernière pris l'initiative pour traiter le problème. La ville a ainsi, en une seule fois, aboli plus de 200 droits et taxes pesant sur les prix au détail de nombreux produits. Selon le Maire, Han Zheng, c'est la première phase d'un plan à long terme destiné à renforcer l'efficacité et la transparence administratives de la ville de Shanghai.

Sans surprise, la réponse des habitants de Shanghai à ces mesures d'exonération de droits commerciaux a été des plus positives. N'ayant plus à payer ces nombreux frais et taxes, les vendeurs peuvent baisser leurs prix et vendre davantage de produits, ce qui leur permet ainsi de maintenir leurs marges commerciales.

Shanghai a donné l'exemple à suivre aux autres villes. Si elles le suivent, nous n'aurons plus à entrendre parler de phénomènes absurdes comme les acheteurs de Shenzhen passant la frontière vers Hong Kong pour aller y acheter des légumes provenant des fermes de Shenzhen.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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