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Français>>EconomieMise à jour 01.06.2012 14h03
L'économie chinoise a besoin d'ajustements ciblés

La politique budgétaire devrait jouer un rôle plus actif et plus important dans la stabilisation de la croissance et la stimulation de la demande intérieure.

Les conditions macroéconomiques de la Chine se sont détériorées en avril, avec un affaiblissement simultané de la dynamique de croissance de sa consommation, des investissements et des exportations.

La croissance des ventes au détail de biens de consommation a baissé à 14,1 % d'une année sur l'autre sur la période, contre 15,2% en mars, et celle des investissements cumulés dans les actifs immobilisés a chuté à 20,2 % contre 20,9 %, tandis que celle des investissements immobiliers a chuté à 18,7% contre 23,5 %. Le taux de croissance des exportations a encore baissé à 4,9 %, contre 8,9 % le mois précédent. Une telle dynamique, si elle se poursuit, fera probablement baisser la croissance du produit intérieur brut à 7,8 % au deuxième trimestre, contre 8,1 % au premier trimestre.

L'affaiblissement de la demande se reflète également dans la chute de l'indice des prix à la consommation. En avril, l'IPC de la Chine a diminué à 3,4 % d'une année sur l'autre, contre 3,6 % en mars et l'indice des prix à la production a diminué pour atteindre moins 0,7 %, contre moins 0,3 %. Et à la suite de la baisse de la demande de financement des entreprises, l'augmentation des nouveaux prêts en Chine a chuté de façon drastique à 681,8 milliards de Yuans (107 milliards de Dollars US) en avril contre plus de 1 milliard de Yuans le mois précédent. La croissance de la valeur ajoutée industrielle a également diminué de 11,9 % à 9,3 % pendant la même période.

Le plus grand risque auquel fait face l'économie chinoise découle de la crise dans la Zone Euro. Si Syriza, une coalition de la gauche radicale en Grèce, opposée à l'aide internationale et à l'austérité budgétaire, gagne les élections de mi-juin et si l'Union Européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International refusent de faire des concessions sur l'austérité, la Grèce ne pourra probablement plus honorer ses dettes et devra sortir de la Zone Euro. Cela pourrait non seulement porter un rude coup à son économie et aux détenteurs de sa dette, mais aussi alimenter les doutes du marché envers les perspectives économiques du Portugal, de l'Irlande, de l'Espagne et de l'Italie et aggraver la crise de la dette en Europe. Des fluctuations financières globales drastiques plongeront la Zone Euro dans une nouvelle récession et étoufferont dans l'œuf la reprise économique naissante aux États-Unis.

Les fluctuations sur le marché mondial et la baisse de la croissance économique dans les pays développés auront de multiples effets négatifs sur l'économie chinoise. La diminution de la demande extérieure va frapper les exportations chinoises et une récession économique prolongée pourrait augmenter le risque de voir les pays développés se jeter dans le protectionnisme commercial, qui ne servira qu'à alimenter les frictions commerciales avec la Chine.

Face à la dégradation de l'environnement économique international et la baisse continue de la demande intérieure, le Gouvernement chinois a changé de ton quant à sa politique macroéconomique établie. Au cours d'une tournée d'inspection récente à Wuhan, capitale de la Province du Hubei, le Premier ministre Wen Jiabao a demandé que la priorité soit accordée à la stabilisation de la croissance. Lors d'une réunion du Conseil des Affaires de l'État organisée mercredi, le Gouvernement une fois de plus souligné que la Chine procédera en temps voulu à des ajustements ciblés dans le but d'accroître la demande intérieure, un message interprété comme étant le signal d'une politique macro-économique plus souple.

Du point de vue monétaire, la banque centrale chinoise devrait continuer à réduire le taux de réserve obligatoire des banques. Le 12 mai, la banque centrale a annoncé une réduction de 50 points de base des réserves obligatoires des banques, la troisième baisse depuis décembre. De nouvelles réductions sont attendues dans les mois à venir. Malgré la faible possibilité que les taux d'intérêt de référence actuels pour les dépôts soient abaissés, il y a une probabilité accrue de hausses asymétriques de taux pour les dépôts et les prêts à l'avenir.

Toutefois, une politique monétaire laxiste seule ne suffira pas à stimuler la croissance économique. À un moment où la disponibilité en monnaie nationale reste à un niveau élevé et où la Chine souffre de taux d'intérêt négatifs, un processus continu et à grande échelle d'assouplissement de la politique monétaire, en particulier des entrées énormes de crédit sur le marché, aura des coûts immenses pour l'économie et la société. Tout en essayant de poursuivre la croissance économique, la politique budgétaire de la Chine devrait jouer un rôle plus actif et plus important dans la dernière vague de régulation macroéconomique.
Dans le cadre de ses efforts pour stimuler une économie qui a ralenti, le Gouvernement devrait accroître les réductions d'impôt dans le but de continuer à alléger les charges fiscales pesant sur les petites et moyennes entreprises. Dans le même temps, le seuil de l'impôt sur le revenu des particuliers devraient également être davantage relevé.

Des mesures devraient également être prises par le Gouvernement pour accroître la construction de logements subventionnés abordables et inclure celle-ci dans le système d'évaluation des performances des responsables locaux. En outre, davantage de dépenses devraient être faites pour l'éducation, la santé, la sécurité sociale et autres services publics. Une augmentation des dépenses du Gouvernement dans ces domaines contribuera à réduire le sentiment d'incertitude des citoyens, réduira leur propension à épargner et les incitera à dépenser plus, tous ce qui aidera la Chine à développer une économie axée sur la consommation.

Dans le même temps, la Chine devrait également accélérer ses réformes financières en cours et abaisser les seuils d'accès des organisations non gouvernementales au capital des chemins de fer, des télécommunications, de l'éducation et des soins de santé.

En particulier, la Chine ne devrait pas suspendre sa réglementation visant à refroidir le marché immobilier du fait de ses efforts accrus pour maintenir la croissance économique. Faute de quoi, les prix des logements, qui ont connu une baisse modérée, rebondiront, anéantissant les résultats durement acquis par la loi lors de l'année précédente.

L'auteur est chercheur à l'Institut d'Economie et de Politique Mondiales, qui dépend de l'Académie Chinoise des Sciences Sociales.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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