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Français>>EconomieMise à jour 30.12.2011 10h24
La Chine doit abandonner son obsession du PIB

De nombreux observateurs du marché pensent que la Conférence Centrale de Travail Economique du Gouvernement chinois a accordé une importance particulière aux politiques macroéconomiques, fiscales, et monétaires « solides » ou « fermes » pour l'année prochaine.

Cependant, à mon avis, la grande conférence économique annuelle a également transmis un message sans ambigüité au monde extérieur, celui que la Chine s'apprête à procéder à des changements de politique économique significatifs.

Pour favoriser ces changements, la Chine va d'abors abandonner son obsession de la performance dominée par la croissance du PIB comme ligne directrice de son développement économique. D'ailleurs, rappelons que dès octobre 2007, dans son rapport délivré au 17e Congrès National du Parti Communiste Chinois, le Président Hu Jintao s'était engagé à réduire la dépendance du pays envers le PIB, disant que le développement économique devait avoir pour objectif d'améliorer les moyens d'existence et le bien-être des citoyens plutôt que de se concentrer sur la seule croissance du PIB.

Cependant, les efforts de la Chine sur ce plan furent interrompus par les mesures de relance économiques qu'elle dut lancer dans un contexte de ralentissement économique, à la suite de la crise financière aux Etats-Unis du second semestre de 2008 et la récession économique mondiale qui suivit. Les effets secondaires de l'interruption de cette politique devraient se faire sentir et être corrigés dans les années qui viennent.

Fort heureusement, le Gouvernement chinois ne s'est pas accroché cette fois à cette approche du développement économique axé sur le PIB, bien que le pays face toujours face à un risque de ralentissement économique, dans un contexte d'incertitudes économiques mondiales. Bien que cernée par un environnement économique extérieur semé d'embûches, la Chine a montré plus de détermination que jamais à ne pas recourir à la moindre mesure de relance massive, dans un effort pour faire ralentir son rythme rapide de croissance du PIB, comme l'a indiqué la circulaire publiée après la Conférence de Travail Economique de cette année. Cet abandon de l'obsession du PIB s'est aussi reflétée dans les déclarations ouvertes faites par certains hauts responsables du pays.

L'année prochaine, la Chine devrait aussi se montrer plus ferme dans sa volonté de s'extraire de sa longue dépendance envers l'émission excessive de monnaie. Pendant de nombreuses années, certains en Chine ont considéré l'économie virtuelle, ou l'économie financière, comme étant la même que l'économie réelle, croyant qu'une augmentation rapide du PIB, ou une plus grande richesse sur le papier –qui s'est avérée être fondée pour l'essentiel sur une sur-expansion du crédit- veut dire un développement rapide de l'économie du pays. Dominée par ce genre d'idéologie, la Chine a montré une grave dépendance envers la croissance monétaire ces dernières années. Les statistiques montrent que le volumes de crédit nouvellement augmentés se montent aujourd'hui à 8 000 milliards de Yuans (1 260 milliards de Dollars US) chaque année, soit huit fois la moyenne de 1 000 milliards entre 1998 et 2002. Cependant, la valeur du PIB nouvellement augmenté a augmenté elle moins de quatre fois moins lors de la même période. Comparée avec la croissance de son économie réelle, la disponibilité en argent de la Chine a connu une croissance malsaine ces dernières années. Par exemple, les actifs des banques chinoises sont passés à 110 000 millards de Yuans ces dix dernières années, une augmentation multipliée par huit égale à 2,5 fois le PIB en 2010. Un rapport aussi élevé entre les deux indices a rarement été vu ailleurs. La part du lion de ce flux de liquidités est allée sur le marché de l'immobilier et dans l'économie virtuelle plutôt que dans l'économie réelle du pays, comme l'agriculture et les petites et moyennes entreprises.

Ayant promis une politique monétaire prudente pour l'année qui vient, la Chine devrait drainer davantage de fonds vers l'économie réelle, comme la construction d'installations d'irrigation et autres infrastructures, plutôt que vers le secteur immobilier. Ce sera une solution-clé pour éviter que le marché du logement, fortement enclin à la spéculation, ne continue à prendre en otage la deuxième plus grande économie du monde. Au contraire, la Chine devrait rester inflexible dans sa volonté de faire avancer la réglementation actuelle du marché immobilier, afin de s'assurer que les prix de l'immobilier, qui n'ont cessé d'augmenter, ne reviennent à un niveau raisonnable pour pouvoir satisfaire la demande en logements.

Cette importance, tardive et très attendue, accordée à l'économie réelle dominera les changements de politique économique du pays lors de l'année qui vient et décidera aussi des ajustements industriels intérieurs sur une période plus longue.

Ce changement de politique, passant d'une importance excessive accordée aux marchés financiers à l'économie réelle, est aussi une indication que les décideurs politiques chinois ont adopté l'idée que le marché financier ne peut uniquement servir que d'outil auxiliaire pour aider l'économie réelle du pays.

L'auteur est chercheur à l'Institut des Finances et de la Banque, qui dépend de l'Académie Chinoise des Sciences Sociales.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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