Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>EconomieMise à jour 28.12.2011 13h31
La Chine aura un rôle central dans l'économie mondiale en 2012

En 2012, l'économie mondiale continuera à lutter contre la crise financière internationale. L'Europe connaîtra la récession, le commerce mondial a déjà commencé à décliner en septembre et octobre, et les prix internationaux des produits de première nécessité sont en train de baisser fortement, ce qui est un indicateur sensible de l'état actuel de l'économie mondiale. La seule inconnue est la sévérité de ce ralentissement. En particulier, les Etats-Unis vont-ils être entraînés dans la récession ou vont-ils simplement continuer à connaître une croissance faible, et à quel point les grandes économies en développement comme le Brésil, l'Inde et la Russie vont-elles ralentir ? le Premier Ministre chinois Wen Jiabao a prédit que la situation économique internationale de l'année prochaine sera compliquée et difficile.

Face à l'arrivée d'une situation difficile, il est nécessaire d'essayer d'arriver à la plus grande précision possible pour évaluer la position de la Chine dans l'économie mondiale, car cela concerne tant la Chine que le reste du monde. Des statistiques fréquemment ressassées, comme celles disant que la Chine est la deuxième plus grande économie du monde, ne sont pas suffisamment précises pour convenir à cet objectif. Pour des raisons que nous allons exposer, elles sous-estiment le rôle de la Chine dans le développement de l'économie mondiale et ne sont pas assez pointues pour évaluer une politique économique avec précision. Les analyses montrent que la Chine aura un rôle central dans l'économie mondiale en 2012 : Jim O'Neill, de Goldman Sachs, à qui l'on doit le terme « BRIC », dit ainsi dans le Financial Times que « Alors que le monde financier et des affaires continue à scruter les moindres circonvolutions des politiques de la Zone Euro, je pense en revanche que le plus important sujet de 2012 sera... la Chine ».

Première raison à cela, c'est que le fort taux de croissance de la Chine a pour résultat que sa contribution à l'expansion économique mondiale est bien plus importante que sa part du PIB mondial.

En 2007, dernière année avant la crise financière internationale, la Chine ne représentait que 6,3% du PIB mondial. Mais dans les trois années qui ont suivi, l'économie mondiale s'est accrue de 7 200 milliards de Dollars US tandis que l'économie chinoise croissait de 2 400 milliards de Dollars US, c'est à dire que la Chine a représenté 33% de la croissance mondiale. Par contraste, en 2007, les Etats-Unis représentaient 25,1% du PIB mondial en 2007, alors que lors des trois années suivantes, leur économie n'a connu qu'une croissance de 600 milliards de Dollars US. Ce qui fait que lors des trois dernières années, l'économie chinoise a contribué quatre fois plus que l'économie américaine à la croissance mondiale. Et, à titre de comparaison, l'Union Européenne s'est elle contractée de 700 milliards de Dollars lors de la même période.

Le deuxième facteur-clé est le rôle financier de la Chine. Et la caractéristique essentielle n'en est pas, comme on le croit parfois, les 3 000 milliards de Dollars US de réserves en devises de la Chine. Elles ont été constituées sur une période de temps significative, et parce qu'une grande part d'entre elles sont des réserves d'urgence, seule une petite partie peut être utilisée à tout moment. En fait, l'élément-clé est l'argent que la Chine génère chaque année pour ses investissements, c'est à dire les économies totales de ses entreprises, de ses ménages et de son gouvernement. En 2007, le montant total d'argent généré pour les investissements par les Etats-Unis était de 2 000 milliards de Dollars US, alors qu'il était de 1 800 milliards de Dollars US, autrement dit les Etats-Unis étaient légèrement au dessus de la Chine. Mais en 2010, sous l'impact de leurs économies, de réponses différentes face à la crise, le montant total d'argent disponible pour investissement aux Etats-Unis était de 1 600 milliards de Dollars US contre 3 100 milliards de Dollars US en Chine, ce qui veut dire que l'argent disponible pour investissement de la Chine est à présent deux fois plus important que celui des Etats-Unis, un changement spectaculaire en l'espace de trois ans.

Pour ce qui est du commerce international, les importations des Etats-Unis n'ont toujours pas retrouvé leurs niveaux d'avant la crise financière. Sur une moyenne de trois mois, pour éviter les distorsions dues à des fluctuations purement à court terme, selon les dernières données disponibles, les importations américaines affichaient une baisse annualisée de 17 milliards de Dollars US par rapport au plus haut niveau d'avant la crise financière en juillet 2008. Par conséquent, lors des trois dernières années, le marché américain pour les exportations s'est contracté. Par contraste, comparé avec le niveau le plus élevé d'avant crise en juillet 2008, les importations chinoises en provenance d'autres pays ont augmenté d'une somme annualisée de 575 millairds de Dollars US. Par conséquent, la Chine joue à présent un bien plus grand rôle en tant que marché pour l'augmentation des exportations que les Etats-Unis.

Et finalement, il y a la position structurelle que la Chine occupe dans le modèle changeant de l'économie mondiale. Récemment, le magazine The Economist a insisté sur le fait que 2012 verra un changement fondamental dans l'économie mondiale : pour la première fois, la majorité des importations mondiales seront faites par les pays en développement. Entre 2008 et 2010, les pays à revenus faibles et moyens, c'est à dire les pays en développement, représentaient 78% de la croissance économique mondiale.

La Chine fait déjà la majorité de son commerce avec les pays en développement. Lors de la période de trois mois qui s'est achevée en octobre, 54% du commerce de la Chine se sont faits avec des économies en développement -49% des exportations et 60% des importations.

Le taux de croissance du commerce de la Chine avec les pays en développement est également significativement plus élevé que celui avec les économies développées. Entre juillet 2008 et octobre 2011, les exportations de la Chine vers les économies développées ont augmenté d'un montant annualisé de 107 milliards de Dollars US et ses importations de 145 milliards de Dollars US. Avec les pays en développement, les exportations ont augmenté d'un montant annualisé de 143 milliards de Dollars US et les exportations d'un montant de 204 milliards de Dollars US. La Chine a donc été le centre d'une expansion rapide du commerce par les pays en développement.

Cette situation commerciale est directement liée à la nouvelle position technologique que la Chine occupe dans l'économie mondiale. Un certain nombre d'économies en développement sont passées de simples fournisseurs de matières premières à exportateurs de produits plus développés sur le plan technologique, comme les succès de l'Inde dans le domaine des logiciels ou du Brésil dans celui des avions régionaux l'illustrent. Mais aucun autre pays en développement ne possède une telle gamme technologiquement aussi vaste de produits échangés sur le plan international que la Chine. Ce genre de commerce, qui a pris naissance dans les industries de basse technologie à forte main d'oeuvre, est passé par une gamme en croissance rapide de produits de technologie moyenne comme des pelleteuses, des biens domestiques et des ordinateurs personnels, jusqu'à des équipements de télécommunications les plus avancés, comme ceux de Huawei ou d'autres sociétés.

Cette capacité de la Chine à exporter dans une gamme du spectre technologique plus étendue que dans n'importe quelle autre économie fait qu'elle a une position de plus en plus importante dans le commerce mondial. La Chine exporte des produits de basse, moyenne et haute technologie vers les économies développées, tandis que ses exportations sont d'un niveau technologique croissant du point de vue des économies en développement. Et les ressources financières de la Chine lui permettent de suivre cette gamme de plus en plus large d'exportations avec des investissements directs.

C'est la combinaison de ces caractéristiques –le plus grand contributeur unique à l'accroissement du PIB mondial, la plus grande source de finances, la plus grande augmentation potentielle sur les marchés d'exportation pour les autres économies- qui fait que l'impact de la Chine sur l'économie mondiale est bien plus important que son pourcentage pur du PIB mondial. En termes économiques, les développements à la marge, c'est à dire les contributions qu'il faut changer, doivent aussi être prises en considération, tout comme les moyennes.

S'agissant des problèmes qui vont dominer 2012, l'économie chinoise en elle-même n'est pas encore suffisamment puissante pour sortir les économies développées de la récession, bien qu'elle puisse jouer un rôle potentiellement significatif dans la collaboration avec les autres. Mais non seulement en ce qui concerne l'Asie, mais aussi un nombre croissant de pays, la croissance de l'économie chinoise est capitale. Les économies en développement contribuant à présent davantage à la croissance mondiale que les économies développées, cela veut dire que le succès, ou le contraire, de l'économie chinoise sera essentiel pour l'économie mondiale en 2012.

Quand le Gouvernement chinois dit que la plus grande contribution que la Chine peut apporter à l'économie mondiale est que sa propre économie connaisse une croissance réussie, ce ne sont pas des vues de l'esprit. Il ne fait que dire la vérité.

John Ross est professeur invité au Collège Antai d'économie et de gestion, à l'Université Jiao Tong de Shanghai. De 2000 à 2008, il fut aussi le responsable de la politique économique et commerciale de Ken Linvingstone, alors Maire de Londres. Les points de vue exprimés ici ne reflètent pas nécessairement ceux du Quotidien du Peuple en Ligne.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Le Quotidien du Peuple en ligne recrute un(e) traducteur(trice) avec français langue maternelle
Concours d'articles originaux sur le thème « le Quotidien du Peuple en ligne et moi »
Rencontre entre le président chinois et le PM japonais sur le renforcement des relations bilatérales
Nouvelles principales du 27 décembre
Une nouvelle guerre froide pourrait-elle éclater?
Barack Obama joue à nouveau la carte anti-Chine
Les dix années qui ont suivi l'adhésion de la Chine à l'OMC : mûrir et se développer tout en faisant face à toutes sortes de défis