Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>EconomieMise à jour 25.11.2011 16h00
Les euro-obligations constituent des enjeux hasardeux et risqués

La Commission européenne vient de publier, mercredi 23 novembre, un Livre vert pour examiner la possibilité de mettre en place une espèce d'obligations communes de la zone euro, c'est-à-dire les euro-obligations, lesquelles sont présentées comme une solution incontournable, à moyen terme, pour délivrer la zone euro de la pression continue exercée par les marchés sur ses dettes souveraines. De sources européennes, on apprend qu'il a été prévu trois options : La première prévoit de remplacer purement et simplement les emprunt nationaux par des euro-obligations ; La deuxième, moins contraignante, verrait la création d'obligations communes pour lesquelles les Etats seraient tenus d'apporter des garanties seulement à hauteur de leur part respective de dette ; Et enfin la troisième, la seule qui n'exige pas de modifications de traités, les Etats pourraient émettre aussi bien de la dette nationale pour des euro-obligations, en contrepartie de garanties limitées.

Le lancement de ce projet vient juste au moment où la crise de la dette en Europe s'aggrave, s'intensifie et gagne en ampleur et il semble alors qu'une lueur d'espérance apparaisse, alors qu'en réalité il est certain que ce ne sera qu'une autre déception et une autre frustration.

L'émission unifiée des euro-obligations présente des avantages clairs et évidents qui sautent aux yeux et il n'existe aucun obstacle technique pour son application. Toutefois, vu que le marché n'a plus tellement confiance dans les pays européens endettés, et surtout dans ceux dont l'endettement est excessif, les emprunts publics de ces derniers font sans cesse l'objet de vente ) perte, ce qui fait que le taux de rendement de la dette nationale et le coût de l'émission d'obligation sont en hausse constante et qu'il existe de grandes difficultés tant pour l'emprunt que pour le remboursement, de sorte que la crise de la dette en Europe continue à s'aggraver, infecter, à contaminer et à s'étendre. Dans l'émission des obligations, si l'on se sert de la crédibilité collective de la zone euro comme garantie, ce qui équivaut alors à accroître le degré du crédit et cela permettra de diminuer le coût de l'émission et de rétablir la confiance du marché. Cette façon d'agir joue un rôle positif en apportant une aide d'urgence aux pays qui en ont grand besoin et qui ne souffrent aucun retard et en empêchant la crise de s'étendre plus en profondeur.

Le problème réside dans les enjeux des divers pays de la zone euro. Il est de toute évidence que l'émission unifiée des euro-obligations est en réalité une sorte d'aide apportée par les pays à cote de crédit souverain élevée, dont l'Allemagne et la France, aux pays frappés sérieusement par la crise en leur fournissant une garantie. Il est hors de question que ce genre d'aide ne soit pas soumis à des conditions préalables et les intérêts constituent la clé de l'enjeu. Pour ce qui est du problème de la Grèce, l'Allemagne a demandé dès le début à celle-ci de faire explicitement la promesse de réduire autant que possible son déficit budgétaire et d'entreprendre une réforme structurelle.

Le risque moral complique davantage l'aide apportée. L'unification monétaire fait que la zone euro est devenue une communauté à intérêt étroitement lié et souvent lorsque l'une des parties perd, la chose affecte, touche et frappe toutes les autres. Ainsi, le problème de l'endettement de la Grèce constitue une difficulté à laquelle doivent faire face tous les autres pays de la zone euro. Les pays menacés par la crise souhaitent que les autres pays leur apportent le plus d'aide possible, tandis que ceux-ci leur disent qu'ils doivent compter principalement sur leurs propres efforts pour sortir de l'impasse. Et c'est justement à cause de ce genre d'enjeu qu'au cours des trois années qui ont suivi l'éclatement de la crise de la dette en Europe, l'Union européenne a été incapable jusqu'ici de trouver une solution effective et substantielle susceptible de régler la crise.

Ce qui est plus important encore, c'est que l'émission des euro-obligations est un enjeu qui touche aux intérêts de toutes les parties concernées, ce qui n'a pas été le cas des autres propositions soulevées jusqu'ici. La dette souveraine est pour le moment un problème auquel doit faire face l'ensemble des pays développés et la raison pour laquelle la zone euro en souffre tellement c'est que le droit d'émission monétaire y est effectivement unifié, alors que le droit financier ne l'est pas. Pour éviter et empêcher le risque moral, il est tout à fait certain que l'émission des euro-obligations sera suivi de la restriction à l'endroit de la politique financière de tous les pays intéressés ainsi que du renforcement de la position de domination et de contrôle des principaux pays de la zone euro, c'est-à-dire l'Allemagne et la France, et cela est justement la principale inquiétude et la principale préoccupation du gouvernement et de la population des autres pays de la zone.

Ce qui est inconcevable, c'est la raison pour laquelle l'Allemagne s'oppose au projet de l'émission des euro-obligations. En tant que les deux plus grands et plus importants pays de la zone euro, l'Allemagne et la France, et surtout la première, a toujours adopté une attitude d'opposition dure et intransigeante à l'encontre du projet en question. En réalité, ce qu'elle s'oppose, ce n'est pas à proprement parler l'émission elle-même, mais plutôt l'insuffisance de l'unification financière. Cependant, dans le cas où elle formulerait sa propre idée sur une politique financière unifiée, il serait certain que les autres pays s'y opposeraient fermement, autant alors traîner en longueur l'affaire et faire en sorte que les pays frappé par la crise, n'en pouvant plus, seraient alors obligés d'accepter et de donner leur accord.

Une intégration plus profonde jusqu'à l'unification sera profitable et dans l'intérêt de l'Europe dans son ensemble. En partant de l'unification monétaire à l'unification financière, c'est un important pas fait en avant dans l'unification économique, voire même dans l'unification politique, de l'Europe. Par suite de la différence de la revendication des divers pays qui pensent à leurs intérêts respectifs, il surgit alors toutes sortes d'obstacles et cela constitue peut-être des choix permettant de progresser tout en profitant des opportunités crées par la crise. Les enjeux continuent et toutes les parties concernées tentent par tout moyen de connaître exactement chacun les cartes de son adversaire et les gouvernements déploient également de leur côté leurs efforts. L'Europe se trouve actuellement à la croisée des chemins. En jouant le jeu, on vit un fameux suspense, que ce soit entre pays et pays, entre gouvernements et marchés, entre gouvernements et particuliers, et il y a même l'ingérence des forces extérieures de la zone, c'est pourquoi il existe toutes sortes de variables ainsi que de facteurs indéterminés. Il est possible que le résultat de l'enjeu soit déterminé, que l'Europe réalise son unification économique, y compris l'unification financière, et les euro-obligations feront alors leur apparition sur le marché.

Cela pourrait être ainsi, mais non dans le moment actuel, du fait que l'unification sera plutôt un processus complexe et détourné et peut-être qu'il y aura recul et repli. Le moment le plus dur et le plus mauvais n'est pas encore arrivé, car on n'a pas besoin de renoncer aux intérêts privés et d'avoir à cœur les intérêts d'ensemble. Dans le cas où un certain pays décide de sortir de la zone euro et de ne plus en faire partie, ce serait alors une occasion. Comme par exemple en début des années 90 du siècle dernier lors de l'éclatement de la crise du système monétaire en Europe, laquelle a obligé la Grande-Bretagne et l'Italie de se retirer du mécanisme européen du taux de change, ce qui a donné libre cours à l'apparition brusque et soudaine de l'euro en 1999.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Le Quotidien du Peuple en ligne recrute un(e) traducteur(trice) avec français langue maternelle
Signature de 14 accords de coopération entre la Chine et le Turkménistan
Nouvelles principales du 24 novembre
Routes chinoises : à quand la fin du massacre ?
L'entrée de la Chine à l'OMC il y a dix ans fut une decision juste
La liste des écrivains riches ne cache pas la vie modeste d'écrivains en Chine