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Français>>EconomieMise à jour 15.11.2011 16h17
Dans une guerre commerciale, il n'y a pas de gagnants

Le Président américain Barack Obama a déclaré lors du sommet de l'APEC à Hawaï tard dans la journée de dimanche que la Chine ne faisait pas assez pour permettre à sa monnaie de se réévaluer. Mais le Président Hu Jintao a réfuté les accusation de Barack Obama et dit que le déficit commercial commercial et le problème du chômage auxquels font face les Etats-Unis n'ont pas été provoqués par le yuan.

Le mois dernier, le congrès des Etats-Unis a voté un projet de loi visant le yuan, et Washington a lié le taux de change de la monnaie chinoise avec le commerce Sino-américain pour punir Beijing, coupable d'une prétendue manipulation de devise. Cette manoeuvre des Etats-Unis est destinée à trouver non seulement un bouc émissaire pour sa récession économique, mais également entraver le développement de la Chine.

Un Yuan « sous-évalué » peut être un facteur du déséquilibre commercial Sino-américain, mais il serait injuste de dire que seul le Yuan est responsable du déficit commercial énorme des Etats-Unis. Les causes principales du déséquilibre commercial Sino-américain résident dans les différences des structures d'investissement et de commerce, de taux d'épargne, de taux de consommation et de division du travail industriel des deux pays, et à cause d'un système monétaire international peu raisonnable.


Induits en erreur par quelques économistes, certains politiciens américains ont montré le Yuan du doigt pour forcer la Chine à réévaluer sa monnaie. Mais leur calcul est erroné, parce que les Etats-Unis peuvent ne pas en sortir gagnants même si la Chambre des Représentants des Etats-Unis vote le projet de loi, en en faisant une loi et déclenchant ainsi une guerre commerciale.

Les gains et les pertes que la Chine et les Etats-Unis enregistreraient si une guerre commerciale commençait peuvent être à court et à long terme. Le plus grand impact à court terme sur les deux pays serait dans le secteur de l'emploi. Si le Yuan était réévalué trop rapidement, beaucoup de travailleurs migrants des entreprises d'exportation perdraient leur emploi, parce que leurs employeurs feraient faillite en raison d'une pénurie grave de commandes à l'exportation. Ceci nuirait au marché de la consommation de la Chine et constituerait un grand défi pour son économie.

La situation aux Etats-Unis serait meilleure. Quelques économistes américains disent que si le Yuan était entièrement réévalué, cela permettrait la création d'environ 2,25 millions d'emplois aux Etats-Unis. Mais cela ne pourrait devenir vrai seulement que si les industries traditionnelles « détruites » par le le taux de change du Yuan pouvaient rétablir leur production, ce que l'on a peu de chances de voir, parce que le coût du travail aux Etats-Unis est très élevé, environ dix fois plus qu'en Chine.

Les économistes américains, en fait, diffèrent dans leurs opinions sur le fait de savoir si une réélévation de la valeur du Yuan aiderait à créer des emplois aux Etats-Unis. Quelques économistes disent que même si la Chine réévaluait le Yuan, cela ne créerait pas d'emplois aux Etats-Unis. Au lieu de cela, les consommateurs américains devront payer les marchandises chinoises à des prix beaucoup plus élevés.

Nombre des marchandises exportées par la Chine vers les Etats-Unis sont des produits de consommation quotidienne, peu coûteux et appréciés des Americains en raison de leurs prix bas. Par conséquent, si la valeur du Yuan augmentait de 30%, pour la majorité des Américains, le coût de la vie pourrait monter d'un pourcentage semblable.

Naturellement, les Etats-Unis pourraient acheter les mêmes marchandises auprès d'autres économies en développement. Mais cela transférerait le marché des importations depuis la Chine vers d'autres économies et ne permettrait pas de faire baisser le taux de chômage aux Etats-Unis. Et considérant que les produits chinois constituent une demande peu coûteuse et énorme aux Etats-Unis, il sera difficile à ceux-ci de trouver un remplaçant (ou des remplaçants) à la Chine.

En outre, si la Chine prenait des mesures de rétorsion, par exemple en augmentant les droits sur les produits agricoles américains tels que des produits de soja et à base de viande, en tant que marchandises de grande valeur, cela affecterait l'économie des Etats-Unis plus encore. A la différence des proncipales exportations de la Chine (des produits de consommation quotidienne), les exportations américaines vers la Chine sont les produits agricoles, et des produits avec une valeur ajoutée élevée telle que des voitures.

Bien que les produits agricoles soient des produits nécessaires, le problème est que beaucoup d'entreprises agricoles chinoises ont demandé au Gouvernement de réduire les importations de ces produits agricoles américains parce que cela leur cause des pertes énormes.

Des sanctions sur les produits agricoles américains toucheraient les ouvriers agricoles américains qui sont essentiels pour les groupes d'intérêt américains, et des droits plus élevés sur les voitures constitueraient un grave problème pour les trois plus grands constructeurs d'automobiles des Etats-Unis, parce qu'ils dépendent du marché chinois pour surmonter la crise financière.

La réévaluation du Yuan, cependant, atténuerait les tensions inflationnistes internes et augmenterait la capacité de consommation du peuple chinois. Et une fois internationalisé, le Yuan éviterait non seulement à l'élaboration de la politique économique de la Chine d'être soumise aux Etats-Unis, mais aiderait également la Chine à importer plus de marchandises d'autres pays en tant que produits de remplacement pour les importations en provenance des Etats-Unis. Ainsi, indépendamment de l'impact à court terme relativement grand sur l'emploi, une guerre commerciale Sino-américaine aurait peu d'impact sur les autres secteurs de la Chine.

L'administration Obama a proposé un plan quinquennal il y a deux ans pour refaire des Etats-Unis un grand pays exportateur afin de stimuler leur économie mal en point. Mais dans la situation actuelle, le rêve des Etats-Unis ne peut pas être réalisé sans l'énorme marché chinois.

Les Américains devraient se rendre compte que ni l'un ni l'autre côté ne gagnerait dans une guerre commerciale et doivent empêcher l'administration Obama de prendre la moindre décision sur un coup de tête. En tant qu'économie développée, il y a moins de potentiel interne à explorer pour les Etats-Unis. À court terme, une guerre commerciale Sino-américaine peut certes faire affluer des capitaux en Amérique. Mais à long terme le rythme rapide de la croissance économique de la Chine et l'économie mal en point des Etats-Unis réduiraient le statut du Dollar US en tant que devise d'importance mondiale, ce qui ferait alors fuir les capitaux des Etats-Unis.

En outre, si l'échelle et le degré d'une guerre commerciale allait plus loin, la Chine pourrait vendre une partie des actifs du Trésor américain qu'elle détient, même si cela dévalue ses réserves en devises étrangères. Si jamais la Chine faisait cela, elle porterait un coup mortel au crédit du Dollar US et minerait son statut de devise mondiale. Pour l'essentiel, le commerce est une affaire réciproque entre pays plutôt qu'un bienfait unilatéral pour une seule partie. Une guerre commerciale porterait un coup sévère non seulement à la Chine et aux Etats-Unis, mais également à l'économie mondiale, qui est alimentée par « moteur » de la Chine, et cela ébranlerait même les bases du commerce Sino-américain et de la coopération internationale.

En conclusion, les Etats-Unis souffriraient davantage que la Chine si le libre-échange connaissait un coup d'arrêt. Et puisque la Chine ne veut pas d'une guerre commerciale, elle ne devrait pas avoir peur de la pression des Etats-Unis, de sorte que les politiciens et les citoyens américains comprennent à quel point elle est déterminée et qu'ils cessent de taper sur le Yuan.

L'auteur est rédacteur sénior aux Study Times

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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