Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>EconomieMise à jour 06.09.2011 13h41
Pourquoi les entreprises publiques ne méritent pas qu'on leur reproche le fossé des richesses

Le fossé des richesses qui va s'élargissant est l'objet de grandes inquiétudes du public en Chine à l'heure actuelle. Il est capital que les causes du problème soient identifiées afin qu'une solution efficace soit trouvée.

Nombreux sont ceux qui pensent que ce fossé des richesses est dû à « un Etat riche et des gens pauvres ». En deux mots, cela veut dire que les revenus fiscaux et les salaires des employés des entreprises publiques sont trop élevés. Et que par conséquent les autres parties de la richesse nationale restent basses. Cela peut sembler en effet juste, mais en fait ce n'est pas vrai.

En 2010, Jia Kang, Directeur de l'Institut de Recherche en Sciences Fiscales du Ministère des Finances a mis en lumière un certain nombre de facteurs pertinents :

- de 1996 à 2007, le pourcentage des revenus des citoyens dans la distribution de la richesse nationale a chuté de 69,3 à 57,5, soit une baisse de 11,8%. Dans le même temps, le pourcentage des bénéfices des entreprises est passé de 21,2% à 31,3%.

- En tant que source majeure de revenus, les salaires restent bas, en pourcentage, dans la répartition des facteurs de production. Ils représentent en effet moins de 10% des coûts d'exploitation des entreprises, soit bien moins que les 50% constatés dans les pays développés.

- Les revenus des habitants ont rapidement augmenté ces dernières années, mais la croissance des bénéfices des entreprises a été encore plus rapide. Cependant, les revenus du Gouvernement ont baissé, atteignant un niveau plancher de 10,3% en 1995, contre plus de 30% au début de la politique de réforme et d'ouverture de la Chine. Par la suite, les revenus du Gouvernement ont connu une reprise progressive et sont repartis à la hausse. Cependant, une partie des revenus du Gouvernement va aussi au soutien des personnes à faibles revenus.

Le résumé de M. Jia est une analyse concise de la situation actuelle. Ainsi, la réalité de la Chine n'est pas « un Etat riche et des gens pauvres ». Au lieu de cela, il existe une contradiction entre les bénéfices élevés des entreprises privées et les bas revenus de la classe ouvrière. Par conséquent, une phrase plus correcte serait plutôt « patrons riches et employés pauvres ». Et là est la raison qui explique l'élargissement du fossé entre les riches et les pauvres. Les trente dernières années ont vu le développement à grande vitesse de l'économie chinoise et la croissance rapide des profits des entreprises. L'extraordinaire succès des entreprises chinoises sur le marché mondial s'est construit avec une main d'oeuvre qualifiée et à bon marché. « Travailler dur, gagner peu », telle pourrait donc être la devise de la main d'oeuvre chinoise.

Aujourd'hui, la Chine a modernisé ses industries, et elle est passée de la fabrication de chemises et de jouets à des produits techniques et mécaniques avancés. Pour autant, les revenus des employés restent bas. Hélas, nombreux sont ceux qui ignorent cette réalité, exagérant la soit-disant théorie de « l'Etat riche et des gens pauvres ». Résultat, la critique des entreprises publiques est devenue une tendance dans la Chine d'aujourd'hui.

Par exemple, en juillet de cette année, Zhang Meiying, la première Vice-présidente du Comité Central de la Ligue Démocratique Chinoise, a critiqué les enterprises publiques dans un entretien avec le China Economic Weekly. Elle a demandé aux entreprises publiques : « En tant que fils aîné d'une grande famille, avez-vous seulement pris soin des membres les plus pauvres de votre famille ? ». J'admire le souci des pauvres qu'a Mme Zhang. Mais j'ai du mal à comprendre pourquoi elle en fait directement le reproche aux entreprises publiques.

Mme Zhang, s'il vous plait, pouvez-vous me dire qui est directement responsable de la situation de détresse des pauvres et des travailleurs migrants ? La réponse est leurs patrons, bien sûr. La pauvreté des salariés est due à des salaires bas. C'est tellement évident que même un enfant pourrait le comprendre. Alors pourquoi ne demandez-vous pas aux patrons de relever les salaires, plutôt que de faire des reproches aux entreprises publiques ?

Après une longue restructuration économique, les entreprises privées représentent désormais plus de la moitié de l'économie nationale. Et les employés qui travaillent pour elles ont déjà dépassé plus de 50% de la main d'oeuvre totale. Par contraste, les entreprises publiques, autrefois le socle de l'économie nationale, ont diminué progressivement. Leurs employés ne représentent plus que 10% à peine de la main d'oeuvre. Par conséquent, ce sont les patrons des entreprises privées, et pas le personnel des entreprises publiques, qui devraient assumer la plus grande partie de la responsabilité de réduire le fossé des richesses. Après que treize de ses employés se soient suicidés, le Président de Foxconn, Terry Gou, n'en a pas fait le reproche aux entreprises publiques comme Baosteel Group Corporation ou Sinopec (China Petrochemical Corporation). Et la mort d'un jeune employé de PwC du fait d'une charge de travail trop lourde n'est pas la faute du Ministère des Chemins de Fer ni du Comité National du Développement et de la Réforme.

Certains se plaignent du fait que les employés des entreprises publiques gagnent plus d'argent que ceux qui font le même travail dans les entreprises privées. Mais alors, pourquoi ne pas demander aux patrons des entreprises privées d'augmenter les salaires pour arriver au niveau de ceux versés par les entreprises publiques ?

Cependant, ne me faites pas dire que les entreprises publiques sont pour autant exemptes de toute critique. En fait, elles ont des problèmes graves. Par exemple, certaines entreprises publiques embauchent des employés extérieurs sans signer de contrats de travail avec eux. Mais faire une déclaration généraliste selon laquelle les revenus de employés des entreprises publiques sont trop élevés est à la fois simpliste et inexact.

L'auteur, Du Jianguo, est écrivain et commentateur à Beijing.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Le Quotidien du Peuple en ligne recrute un(e) traducteur(trice) avec français langue maternelle
Championnats d'athlétisme de Daegu : la délégation chinoise remporte ses meilleurs résultats depuis 18 ans
Quotidien du Peuple : la gestion de crise ne peut pas aider ConocoPhillips
Comment les femmes peuvent réussir dans un monde d'hommes
La Corne de l'Afrique, un test pour notre conscience