Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>EconomieMise à jour 31.08.2011 11h28
Le dilemme de la détention de dettes gouvernementales américaines

La Chine possède des réserves de plus de 3 200 milliards de Dollars US en devises étrangères, dont environ 70% seraient libellées en Dollars US, particulièrement en bons du Trésor et en obligations. Etant donné l'augmentation continue de la dette du Gouvernement américain et la dégradation de sa note de crédit par Standard & Poor's, la mesure la plus évidente pour la Chine serait de cesser d'accumuler des bons du Trésor américain ou de commencer à réduire ses capitaux en Dollars US.

Mais indépendamment de la difficulté de changement immédiat des capitaux en Dollars US en d'autres devises, une telle décision pourrait également causer une forte baisse de la valeur du Dollar US, ce qui pourrait en retour conduire à un effondrement du système financier international. La valeur des actifs en Dollars US de la Chine se réduirait alors aussi. En outre, il n'y a aucun autre actif (or, argent ou autres produits) susceptible de pouvoir s'adapter à l'énorme quantité de bons du Trésor américain que la Chine détient.

La Chine n'a aucune volonté de porter préjudice au système financier international, mais en tant que nation débitrice, les Etats-Unis devraient également comprendre les besoins et les intérêts vitaux de son plus grand créancier.

Dans de telles circonstances, qu'est-ce que la Chine peut exactement faire ?

La Chine peut commencer par réduire l'utilisation du Dollar US dans ses transactions internationales et employer sa propre devise, le Yuan. En fait, elle a déjà commencé à faire ainsi. La Banque Populaire de Chine, ou la banque centrale, a signé des accords de change avec un certain nombre de pays, dont le Brésil, la Corée du Sud, Singapour, la Malaisie, l'Indonésie, le Belarus, l'Argentine et l'Islande. Et lors d'une réunion d'avril 2011, les dirigeants du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont accepté d'encourager l'utilisation de leurs propres devises dans les règlements commerciaux entre ces pays.

L'établissement de marchés en Yuans à l'étranger est une autre étape qui aidera à internationaliser le Yuan. De tels marchés fonctionnent déjà à Hong Kong et à Singapour, et d'autres pourraient être installés dans les pays et les régions qui ont des relations commerciales substantielles avec le Continent chinois.

Les centres en Yuans à l'étranger vont se développer, car de plus en plus d'entreprises, chinoises et étrangères, échangent des Yuans et leur besoin d'acheter et de vendre leurs propres devises en échange de Yuans devient fréquent. Il est possible que même Londres, New York et Sydney, comme davantage de villes asiatiques puissent devenir des centres en Yuans à l'étranger.

Mais le Yuan peut-il devenir une monnaie de réserve ? Ou plus exactement, le yuan est-il prêt à devenir une monnaie de réserve ? La réponse est un simple « non », parce que la devise chinoise ne possède toujours pas plusieurs des attributs d'une monnaie de réserve.

Premier et plus important attribut en ce domaine, c'est que cette monnaie doit être entièrement convertible. Le Yuan est à l'heure actuelle seulement convertible pour les comptes courants ou de commerce, pas pour les investissements ou les comptes de capitaux. La raison à cela est partiellement historique, parce que la Chine a souffert d'une pénurie de capitaux dans les premières années de la réforme économique et qu'un contrôle sur les capitaux a dû être mis en place, quoique ce ne soit plus le cas aujourd'hui.

Ensuite, on doit permettre au Yuan de flotter librement sur le marché. La banque centrale maintient toujours la valeur du Yuan dans des limites fixes, bien que le Yuan ait été réévalué de presque 30% depuis qu'il a été désindexé du Dollar US il y a six ans.

Enfin, la dette, les valeurs et les marchés financiers de la Chine ne sont pas suffisamment importants ni assez sophistiqués pour faire face au rôle du Yuan comme monnaie de réserve. Si le Yuan n'est pas prêt à devenir une monnaie de réserve maintenant, le sera-t-il un jour dans l'avenir ? La question de savoir si le Yuan devrait ou ne devrait pas devenir une monnaie de réserve a déjà suscité des discussions aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

Un avantage particulier de posséder une monnaie de réserve est qu'il permet au pays d'accueil d'imprimer autant de billets de banque que les autres nations sont prêtes à en accepter en tant que réserves en devises étrangères. En d'autres termes, le pays d'accueil peut techniquement imprimer des montants considérables de sa devise et les employer pour acquérir des capitaux étrangers et peut ainsi sans s'inquiéter voir monter l'inflation sur son marché intérieur.

L'inconvénient d'avoir une monnaie de réserve est que le pays d'accueil doit être préparé à avoir de forts déficits budgétaires et/ou commerciaux, de sorte que les autres pays puissent accumuler des quantités suffisantes de sa devise pour les utiliser en tant que réserves de changes. Puisque la Chine a maintenant un excédent commercial avec beaucoup de pays, elle devra complètement changer ses alignements de devise pour pouvoir avoir des déficits commerciaux. Ceci portera un coup aux petites et moyennes entreprises, qui ne peuvent pas faire face à une montée en flèche de la valeur du Yuan.

Le fait que le Yuan devienne ou non une devise internationale ou une monnaie de réserve dépend non seulement des actes du gouvernement chinois, mais, plus essentiellement, des forces commerciales, financières et d'investissement extérieures qui déterminent son rythme et sa direction.

Le Yuan a déjà été réévalué, et ce processus doit continuer. À un certain moment, il trouvera son équilibre vis-à-vis d'autres devises, et c'est seulement alors que la Banque Populaire de Chine pourra cesser de se ronger les sangs au sujet de ses fluctuations.

L'auteur est chercheur universitaire en études chinoises à l'université de Nouvelle-Galles du Sud, à Sydney

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Le Quotidien du Peuple en ligne recrute un(e) traducteur(trice) avec français langue maternelle
Libye : la Chine proclame son soutien aux Nations-Unies
Les Etats-Unis peuvent-ils réduire un peu leurs dépenses militaires et leur dette, quand ils parlent de la « menace militaire chinoise » ?
L'occident n'a pas renoncé à son intention de déterminer l'orientation du développement du Moyen-Orient
Le dilemme du développement du Japon