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Français>>EconomieMise à jour 18.04.2011 13h57
L'économie chinoise et la hausse des prix toujours en forte croissance

L'économie chinoise a continué son expansion rapide en mars, tandis l'indice d'inflation a atteint on plus haut niveau depuis 32 mois.

Dans le même temps, le PIB a augmenté très légèrement plus vite que prévu lors du premier trimestre, ce qui montre que le Gouvernement a encore beaucoup à faire pour éviter une surchauffe de l'économie.

L'Index des Prix à la Consommation, une très importante jauge de l'inflation, a augmenté de 5,4% d'une année sur l'autre en mars, a annoncé vendredi le Bureau National des Statistiques. Ce taux d'augmentation est le plus élevé depuis juillet 2008 et est supérieur aux prévisions de 5,2% de la plupart des économistes.

« L'inflation importée a fortement contribué à la hausse des prix domestiques », a dit Sheng Laiyun, un porte-parole du BNS, lors d'une conférence de presse.

Les prix du pétrole brut, du minerai de fer et des céréales ont atteint leur plus haut niveau en deux ans en mars. Les prix de l'alimentation, qui représentent environ un tiers du panier de l'IPC, ont augmenté de 11% par rapport à l'année dernière, et les prix de l'immobilier ont eux augmenté de 6 ,5% d'une année sur l'autre.

Le PIB a augmenté de 9,7% d'une année sur l'autre par rapport à l'année dernière, dépassant les estimations de 9,5% des économistes, et à peine moins que les 9,8% enregistrés lors du dernier trimestre de 2010, d'après des données du Bureau National des Statistiques (BNS).

« Les données du mois de mars confirment que l'économie chinoise est toujours en surchauffe et que les risques d'inflation sont nettement orientés à la hausse », a dit Wei Yao, économiste Chine à l'Unité Recherche et Stratégie Mondiales de la Société Générale.

Les investissements dans les actifs immobilisés ont augmenté de 25% d'une année sur l'autre, d'après le BNS.

Les statistiques en matière d'investissements en actifs immobilisés sont le signe de forts investissements de la part des gouvernements locaux, alors que la croissance des projets ayant reçu l'autorisation du Gouvernement Central a atteint son niveau le plus bas depuis 2005, a dit M. Wei.

D'après Lu Zhengwei, économiste en chef à l'Industrial Bank Co, les mesures de restriction du Gouvernement ne devraient pas être allégées avant la fin du troisième trimestre de cette année, parce que tous les indicateurs économiques-clés ont dépassé les prévisions.

« On peut s'attendre à davantage de mesures de restriction, comme une nouvelle hausse probable du taux de réserve obligatoire des banques, sans doute dans les deux semaines qui viennent, et une ou deux nouvelles hausses des taux d'intérêt avant la fin du deuxième trimestre », a dit M. Lu.

Afin d'absorber l'excès de liquidités sur le marché, la Banque Centrale a relevé par quatre fois le taux de référence du point de base depuis octobre dernier et a exigé des plus gros établissements prêteurs du pays de conserver un niveau record de 20% de leurs dépôts à titre de réserve.

Mercredi, le Premier Ministre Wen Jiabao a déclaré que le Gouvernement utiliserait tous les outils à sa disposition pour maintenir l'inflation sous contrôle.

« Comme ces mesures ont besoin de davantage de temps pour produire leurs effets, je pense que le Gouvernement est toujours en mesure d'atteindre ses objectifs en matière d'ajustement macro cette année », a dit Jiang Jianqing, Président de l'Industrial and Commercial Bank of China Ltd.

Le Gouvernement a fixé un IPC de 4% pour cette année, un chiffre que la plupart des analystes s'accordent à dire difficile à atteindre.

Jing Ulrich, Présidente de Global Markets (China) chez JP Morgan, dit que la volatilité des prix alimentaire tant en Chine que dans le monde constitue le risque principal pour les prévisions d'inflation pour le reste de l'année, le sprix des produits agricoles étant enclins à augmenter en cas de conditions météorologiques défavorables.

« Il est probable que l'inflation va atteindre un plafond au milieu de l'année, avant d'atteindre un niveau plus raisonnable lors du second semestre », a écrit Mme Ulrich dans une note de recherche.

L'inflation continue des salaires et les augmentations de prix des carburants et de l'électricité commandés par des raisons de politiques pourraient exercer une pression croissante sur les prix au niveau producteur, a t-elle ajouté.

Stephen Green, économiste Chine à la Standard Chartered Bank Plc, anticipe une nouvelle hausse des taux d'intérêt lors du deuxième trimestre.

« Nous nous attendons à ce que les chiffres de l'IPC d'avril et mai soient au même niveau qu'en mars, et qu'ils augmentent encore en juin, à près de 6% d'une année sur l'autre », a dit M. Green. Il a également revu à la hausse l'estimation de la croissance du PIB de la Chine pour l'année entière à 9,3% contre 8,5% originellement, tenant compte du rythme de croissance plus rapide de ce début d'année.

Le haut niveau de l'IPC a touché tous les secteurs d'activité en Chine. Certains bénéficient de la politique monétaire plus stricte du Gouvernement, mais d'autres en souffrent.

« La hausse des taux d'intérêt va stimuler la rentabilité des sociétés d'assurance, parce que cela va les aider à générer davantage de revenus provenant des investissements à revenus fixes », a dit Dou Zeyun, analyste chez Ping An Securities.

Face aux chiffres de vendredi, les économistes discutent de la possibilité et du calendrier d'une nouvelle hausse des taux d'intérêt. Les analystes boursiers disent pour leur part que de nouvelles hausses auraient un effet diminuant ayant une reelation avec le marché boursier.

Li Xunlei, chef économiste chez Guotai Junan Securities, dit qu'il est probable qu'il y ait peu de marge pour la Banque Centrale pour resserrer la politique monétaire, et donc qu'il est peu probable que le marché boursier soit sérieusement atteint.

D'après un récent rapport du groupe Goldman Sachs Inc, l'Indice 300 de Shanghai-Shenzhen devrait atteindre les 3 500 points à la fin du deuxième trimestre, et 4 000 points d'ici la fin de l'année.

Pour absorber les excès de liquidités et contrôler l'IPC, la Banque Centrale a décidé d'appliquer une politique de taux de réserve dynamique aux prêteurs, en augmentant la proportion de capital qu'ils doivent conserver à titre de réserves.

Certains analystes pensent que les banques de petite ou moyenne taille seront les plus affectées par la politique, parce qu'elles pourraient très bien, en fin ce compte, se trouver dans l'impossibilité de prêter aux emprunteurs.

Ils disent aussi que la vie sera plus facile pour les banques de plus grande taille, qui ont un taux de réserve relativement plus bas et davantage de capital.

Moody's Investors Service a de son côté dit que le système bancaire chinois restait stable parce que l'économie locale devrait permettre aux banques de générer de forts revenus.

She Minhua, analyste bancaire chez Haitong Securities, dit que relever les taux d'intérêt peut se montrer positif pour les banques, parce que cela limite leur potentiel de prêt et qu'elles sont obligées de se montrer plus sélectives quand elles prêtent aux entreprises.

Les fabricants de biens de consommation se sont eux rendus compte que la hausse du prix des matériaux bruts a imposé un lourd fardeau à leurs opérations, car ils ne peuvent que supporter la hausse eux-même ou la faire supporter par les consommateurs, chose qu'ils n'ont pas fait, disent-ils.

« Lors des cinq dernières années, nous n'avons pas augmenté les prix de nos produits de manière significative », a ainsi dit M. Wang, un responsable du Aokang Group Co, un des plus grands fabricants de chaussures de Chine en termes de vente.

« Nous avons davantage fait attention à l'amélioration de notre efficacité opérationnelle et à introduire des modèles de production standardisée pour contrôler les coûts, a t-il dit. Une meilleure efficacité, cela veut dire que nous pouvons produire plus d'articles dans une période de temps plus courte, et plus de commandes nous aidera à maintenir nos bénéfices ».

Dans le même temps, la pression croissante de l'inflation change aussi les habitudes de consommation.
Ainsi de Xin Shu, rédacteur âgé de 35 ans, qui avait l'habitude de prendre son petit-déjeuner dans un restaurant de chaîne situé près de son lieu de travail. Depuis quelque temps, il a commencé à prendre son petit-déjeuner chez lui, quand il en a le temps.

« Avant, je dépensais 5 Yuans (70 cents) pour deux beignets et un verre de lait de soja le matin, mais depuis le mois dernier, la même chose me coûte 8 Yuans », a t-il dit.

Il a ajouté qu'une hausse de 3 Yuans peut sembler négligeable, mais cela représente tout de même un taux d'augmentation de 60%.

Quant à Wang Lin, cadre d'entreprise à Beijing, âgée de 28 ans, elle a abandonné ses virées shopping dans les centres commerciaux, parce que le prix de la plupart des robes y dépasse désormais les 500 Yuans.

« Maintenant, je n'achète plus mes vêtements qu'en ligne, où un tailleur ou une robe ne me coûtera plus qu'entre 100 et 200 Yuans, ce qui est raisonnable compte tenu de mon salaire », a t-elle dit.


Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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