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Français>>EconomieMise à jour 28.02.2011 17h23
Scandale Apple : les contrats des ouvriers empoisonnés pas renouvelés

Les victimes d'empoisonnement chimique dans l'une des usines sous-traitantes pour Apple à Suzhou, dans la province du Jiangsu, se retrouveront bientôt sans emploi, car leur société refuse de renouveler leurs contrats.

Les ouvriers ont confié leurs craintes au China Daily dimanche d'être livrés à eux-mêmes si leur santé venait à se détériorer après leur départ. « Mon contrat de travail expirait le 25 février, et l'entreprise a refusé de le renouveler sans me donner de raison », déclare Wang Yulian, l'une des victimes ayant continué à travailler dans l'usine après l'éclatement du scandale, dans l'espoir que ses frais médicaux seraient pris en charge en cas de problème.

Une centaine de victimes ont déjà quitté cette filiale du groupe Wintek basé à Taiwan, producteur de composants pour l'iPhone d'Apple, après avoir reçu une compensation de 80 000 à 140 000 yuans. Ils ont dû signer des accords déchargeant l'usine de toute responsabilité si leur santé venait à se détériorer dans le futur.

« Il y a mois, j'ai notifié mon employeur que je souhaitais partir, mais j'ai ensuite changé d'avis par souci des problèmes de santé à venir, parce que je ne pourrais absolument pas me permettre les soins. Mais l'entreprise a simplement ignoré mes requêtes », explique Wang. « Je ne veux pas partir. Que se passera-t-il si ma santé empire ? La compensation ne serait qu'une goutte dans l'océan des frais médicaux ».

Yang Yanqiong, une autre victime dont le contrat se termine le 1er avril, partage ces craintes. « On m'a dit que la société ne renouvellerait pas mon contrat, et je souffre toujours de fourmillements dans les mains et jambes ».

Zhou Xueyu, avocat spécialisé du droit du travail, souligne qu'il n'est pas illégal pour une entreprise de conclure ses contrats avec des ouvriers blessés à condition que des dommages soient versés. « Mais cela ne signifie pas que l'employeur ne pourra être tenu pour responsable si la santé des ouvriers se détériore dans le futur », affirme-t-il. « Si les employés peuvent prouver que leurs problèmes sont directement liés aux blessures passées, ils sont en droit d'exiger que l'entreprise règle leurs frais médicaux ».

137 ouvriers au total dans l'usine Wintek de Suzhou ont souffert de troubles après leur exposition au n-hexane, un nettoyant chimique qui s'évapore plus rapidement que l'alcool. Le n-hexane a été utilisé pendant environ un an, jusqu'en juillet 2009, pour accélérer la production des téléphones Apple. L'entreprise est depuis revenue à une utilisation de l'alcool pour nettoyer les écrans.

Des négociations entre l'usine et ses ouvriers ont été organisées samedi. La direction a accepté que des médecins de Beijing conduisent un nouveau bilan médical des victimes, selon l'un des représentants des salariés, Jia Jingchuan. Les ouvriers avaient plus tôt exprimé leur manque de confiance dans les hôpitaux locaux, susceptibles selon eux de manipuler les rapports à l'avantage de l'usine.

Jia Jingchun a également demandé la mise en place d'un mécanisme assurant que l'entreprise prendrait en charge les éventuels frais médicaux à venir des victimes. « Il pourrait s'agir d'un traitement à vie pour nous. Vers qui nous tournerons-nous si l'usine déménage ? »

Zhou Xueyu estime que dans le cas d'incidents comme celui-ci, les autorités locales devraient coopérer avec l'entreprise pour établir un fonds d'assistance garantissant le traitement des employés souffrant des conséquences d'un accident de travail.

Source: China.org.cn

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