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Français>>EconomieMise à jour 09.10.2010 13h30
Les entreprises chinoises accroissent leur présence en Europe

Les entreprises chinoises se tournent de plus en plus vers l'Europe pour accroître leurs activités commerciales.

Ces derniers mois, il y a eu un certain nombre de transactions de haut niveau. En août, le Zhejiang Geely Holding Group Co a achevé sa prise de contrôle du fabricant automobile suédois Volvo Car Corporation.

Et le mois dernier, le Bright Food (Group) Co Ltd, basé à Shanghai, a émergé en tête pour l'achat d'United Biscuits, le fabricant britannique de biscuits, détenu à l'heure actuelle par des sociétés d'investissement privées.

Parmi d'autres transactions récentes, signalons aussi en juin dernier la prise de participation à hauteur de 7,1% dans le Club Méditerranée, entreprise française qui propose des produits de voyage et de loisirs, plus connue sous le nom de Club Med, par le conglomérat industriel de Shanghai Fosun International Ltd.

Eric Thun, chargé de cours en études d'affaires chinoises, à la Said Business School de l'Université d'Oxford, dit que l'Europe est désormais plus attirante que les Etats-Unis pour les entreprises chinoises en quête d'investissements.

« Ce qui les intéresse, ce sont les entreprises de fabrication à forts besoins en capitaux, et des pays comme l'Allemagne sont des leaders mondiaux dans ce domaine », a-t-il dit.

« Mais ce n'est pas seulement un problème d'acquisitions. Vous pouvez voir un certain nombre d'entreprises chinoises établir des installations de recherche et de développement en Allemagne, parce qu'elles veulent être présentes dans des ensembles industriels où elles ont facilement accès à une main d'oeuvre hautement qualifiée, des instituts de recherche et des installations de formation ».

D'après le Ministère chinois du Commerce, en 2007, 5,8% des investissements directs chinois à l'étranger ont été faits en Europe, contre 62,6% en Asie, 18,5% en Amérique Latine, 5,9% en Afrique, mais plus qu'en Amérique du Nord, avec 4,3%.

Les entreprises chinoises ont investi dans 252 projets en Europe dans les dix années précédant 2007, d'après des recherches faites par la société internationale de conseil en affaires Ernst & Young.

De ce chiffre, le plus grand nombre est allé au Royaume-Uni, avec 101 investissements, puis 40 en Allemagne, 24 en France et 15 en Suède.

Andre Loesekrug-Pietri, PDG de la société privée d'investissement A Capital Asia, qui a des bureaux à Beijing et Shanghai, pense que les entreprises chinoises vont investir davantage en Europe.

D'après lui, les récentes mesures prises par le gouvernement chinois pour simplifier les procédures d'approbation en matière de change pourraient constituer un catalyseur pour davantage de fusions et d'acquisitions.

« Cela devrait faciliter les investissements à l'étranger pour les sociétés chinoises, et l'Europe est un point d'intérêt central pour nombre d'entre elles », a-t-il dit.

M. Loesekrug-Pietri, dont l'entreprise a conseillé Fosun sur son affaire récente avec le Club Med, et qui est aussi co-investisseur, a également dit que de nombreuses sociétés européennes sont à la recherche de partenaires chinois pour avoir un accès à un marché de plus de un milliard de consommateurs.

« Avoir un investisseur chinois peut leur donner une sorte d'assurance qu'ils disposent d'un allié puissant sur ce qui est un marché hautement concurrentiel, mais qui est aussi perçu comme étant de plus en plus difficile ».

Zhang Tianbing, associé dans la société de consulting en gestion mondiale A.T. Kearney, qui est basée à Shanghai, pense que l'un des objectifs principaux des entreprises chinoises quand elles investissent en Europe est de combler le retard technologique de la Chine.

« Si vous regardez l'industrie automobile et les acquisitions d'entreprises comme Rover et Volvo par des sociétés chinoises, elles ont permis à ces sociétés d'acquérir des capacités techniques qui ont été construites au long de près d'un siècle », a-t-il dit.

D'après M. Zhang, les entreprises chinoises ne cherchent pas toujours à prendre le contrôle de sociétés européennes afin de pouvoir ramener leurs installations de fabrication en Chine.

« Maintenir en Europe la fabrication, et même la plus grande partie de la recherche et du développement, fait partie de la valeur de ces acquisitions. Mais il est aussi possible qu'une partie de la fabrication soit à terme délocalisée en Chine », a-t-il ajouté.

Eric Schmidt, Président de China Entrepreneurs, basé à Beijing, qui organise des forums et des conférences en Chine pour rapprocher des sociétés chinoises et européennes, pense que les entreprises chinoises constituent la stratégie de sortie parfaite pour de nombreuses affaires européennes familiales.

« Il y a de nombreuses affaires de deuxième et troisième génération, dans des secteurs comme la mode, par exemple, où la génération actuelle ne veut pas poursuivre l'affaire que les parents ou les grands-parents ont créé. Et les entreprises chinoises ont de l'argent et sont avides de ces marques », a-t-il dit.

« Elles ont même pu être un de leurs fournisseurs dans le passé, et pour elles, c'est une façon de grimper dans la chaîne de valeur ».

Mike Bastin, expert en marques et professeur invité à l'Université Agricole de Chine, prévient cependant du danger qu'il y a pour les entreprises chinoises de surévaluer la valeur des marques européennes.

« Les valeurs d'une marque peuvent être intangibles et peuvent ne pas toujours pouvoir compenser les difficultés d'intégration des cultures d'entreprise. Les sociétés chinoises doivent faire davantage attention aux méthodes modernes de quantification des valeurs de marque intangibles », a-t-il dit.

Il est de toute façon peu probable que l'appétit des entreprises chinoises pour des acquisitions majeures en Europe soit satisfait sous peu.

Des spéculations persistantes font en effet état que la prochaine cible des acquisitions des entreprises chinoises pourrait être les banques européennes, vulnérables.

« Je ne serais pas plus étonné que cela si j'entendais un jour qu'une banque européenne majeure a été reprise par une société chinoise », a ajouté M. Zhang de A.T. Kearney.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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