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Français>>EconomieMise à jour 10.06.2010 10h17
Les entreprises doivent s'attendre à une augmentation du coût du travail en Chine

Les entreprises, chinoises ou étrangères, peuvent s'attendre à de fortes hausses de salaires dans les années qui viennent, après la grogne sociale dans les usines de Foxconn et Honda du Delta de la Rivière des Perles, disent les experts.

« Ces conflits sont un signal clair d'une situation plus difficile, s'agissant de la main-d'œuvre disponible », a dit Cai Fang, Directeur de l'Institut d'Economie de la Population et du Travail à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales.

Pour près de 150 millions de travailleurs migrants, les salaires ont augmenté de 19% en 2008 et de 16% en 2009, d'après M. Cai, qui dit aussi que le coût du travail va continuer à augmenter.

Dimanche, Foxconn Technology Group, entreprise taïwanaise, a annoncé une deuxième hausse des salaires, qui pourrait aller jusqu'à 65%, dans ses usines de la ville de Shenzhen, dans le Sud du pays.

Un peu plus tôt, Honda avait accordé une hausse de salaires de 24% à ses ouvriers fabricant des pièces détachées pour automobiles à Foshan, dans la province du Guangdong, afin de mettre fin à une grève sans précédent.

Ailleurs, 14 provinces et Régions ont relevé cette année le niveau du salaire minimum, la plus forte augmentation ayant été de 20%.

Shenzhen, pôle industriel du Sud, où se trouve Foxconn, prévoit de relever le salaire minimum de 15,8% en moyenne à compter du mois prochain, a annoncé mercredi le gouvernement municipal.

Le salaire minimum sera donc de 1 100 Yuans, cela pour améliorer la qualité de vie des 8 millions de travailleurs migrants que compte la ville. Ce faisant, le gouvernement espère pousser les entreprises à améliorer leurs technologies et leur gestion, a dit Wang Min, Directeur du Bureau des ressources humaines et de la sécurité sociale de Shenzhen.

« Pour les entreprises qui ne sauront pas s'adapter au développement de la ville, il n'y aura qu'un seul résultat, partir », a-t-il déclaré aux journalistes.

Cette augmentation du coût du travail a déclenché des spéculations, selon lesquelles les grands fabricants de matériel électronique du monde pourraient envisager de déplacer leurs usines dans des pays voisins comme le Vietnam, l'Inde ou l'Indonésie, où les salaires sont plus bas.

Pour les experts de l'industrie, cependant, cette récente hausse des salaires dans des entreprises comme Foxconn ne prélude pas à la fin du rôle de la Chine comme « usine du monde ».

Pas plus d'ailleurs qu'ils ne s'attendent à un exode des entreprises étrangères de Chine, citant un environnement défavorable à l'investissement dans ces pays de rechange et de forts coûts de déménagement professionnel.

« En théorie, ces hausses de salaires devraient contraindre ces sociétés à déplacer leurs usines de Chine vers des régions où le coût du travail est moins élevé, mais en fait cette possibilité est très mince », dit Li Xiaogang, Directeur du Centre de Recherche sur les Investissements Etrangers à l'Académie des Sciences Sociales de Shanghai.

D'après lui, si la Chine est « l'usine du monde », ce n'est pas seulement du fait de ses coûts de travail plus faibles, mais aussi grâce à des infrastructures solides, une stabilité politique, un énorme marché intérieur et des compétences professionnelles élevées, toutes choses avec lesquelles peu de ses pays voisins peuvent rivaliser.

Bien que ces entreprises puissent faire part de leurs inquiétudes au sujet de l'augmentation du coût du travail en Chine, « Je pense que quand elles expriment leur intention de quitter la Chine, elles se livrent à une tactique de marchandage destinée à mettre la pression sur le gouvernement chinois pour obtenir certains avantages », dit M. Li.

Cependant, certaines entreprises à capitaux étrangers, et particulièrement les exportateurs de vêtements bon marché ou autres produits bas de gamme, sont déjà sur des charbons ardents.

« C'est très difficile pour nous », dit Danny Lau, Président de l'Association des Petites et Moyennes Entreprises de Hong Kong. D'après lui, ce sont quelque 2 000 à 3 000 usines sur un total estimé à 50 000 usines à capitaux hongkongais du Delta de la Rivière des Perles, pôle d'exportation, qui pourraient fermer leurs portes cette année.

Et de son côté, l'Association des Fabricants de Matériel Electrique et Electronique de Taïwan, qui représente les fabricants de matériel électronique de l'île, encourage les fabricants de matériel électronique taïwanais à construire de nouvelles installations dans d'autres pays d'Asie comme le Vietnam, l'Indonésie ou la Malaisie, où le coût de la main d'oeuvre est moins élevé, a rapporté le Wall Street Journal, citant Luo Huai Jia, le Vice-président de l'Association.

D'après l'article, des entreprises majeures comme Hong Hai, à qui appartient Foxconn, TPV et Compal Electronics, envisagent de diversifier leurs usines, qui sont concentrées sur le continent chinois.

Mais pour les experts de l'industrie, partir pourrait ne pas être une bonne idée.

Ainsi, James Lei, Directeur de recherche sur l'électronique grand public chez Instat, société de recherches, pense-t-il que, comparé avec d'autres pays, se déplacer vers des régions situées à l'intérieur de la Chine, comme le Sichuan ou la municipalité de Chongqing, pourrait être un meilleur choix.

« Je pense que les voisins de la Chine ne sont pas encore prêts à exécuter des commandes actuellement assurées par des millions de travailleurs migrants chinois », dit-il.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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